Doral
Doral s’est taillé une place dans le grand jeu du photovoltaïque et du stockage, surtout outre-Atlantique, avec des chiffres d’activité qui font le spectacle en Bourse — et des comptes 2025 qui sonnent l’alerte rouge sur la rentabilité.
À propos de Doral
1. Modèle économique
La maison mère, Doral Group Renewable Energy Resources Ltd (côtée à Tel-Aviv sous le code DORL), pilote le développement, la construction et l’exploitation de parcs solaires, de batteries et d’infrastructures connexes, avec une forte empreinte États-Unis via la filiale Doral Renewables LLC. Le groupe revendique un portefeuille « mature » de 4,6 GWp photovoltaïque et 3,9 GWh de stockage, ainsi que 565 GWh produits en 2024, selon son site corporate Doral Energy. Sur le marché, les chiffres publiés pour 2025 dressent un contraste saisissant : un chiffre d’affaires d’environ 503,1 millions ILS (+62% par rapport à 2024), mais une perte nette d’environ 390,6 millions ILS après un petit bénéfice net en 2024 — lecture disponible via la synthèse résultats annuels 2025. Le financement repose sur des montages bancaires complexes et l’apport d’investisseurs institutionnels : en juin 2024, le fonds de pension néerlandais APG annonçait 400 M$ dans la branche américaine. Les fiches agrégées du marché situent l’effectif du groupe autour de 212 personnes — à rapprocher des publications réglementaires — par exemple via le profil FT. En 2025\-2026, le groupe resserre encore son lien avec les actifs US : annonce de consolidation d’une participation supplémentaire de 10 % dans la filiale américaine pour 67 M$, portant la détention à 36 %.
2. Impact réel
Côté « décoration carbone », le modèle est lisible : électricité solaire à grande échelle, couplée à du stockage, avec des projets unitaires de plusieurs centaines de MW — par exemple Cold Creek (430 MW solaires et 340 MWh de batteries annoncés dans le communiqué de financement, mars 2026), ou la mise en service de Mammoth North (400 MW) en octobre 2024, selon la communication de Doral LLC. L’ agrivoltaïsme de proximité (troupeaux pour l’entretien des lamecs) apparaît aussi comme un argument de « compatibilité campagne » autour des méga-parcs. Pour un lecteur français, l’angle « PPE » est indirect : Doral n’est pas un opérateur structurant du déploiement national au sens où l’entendent la PPE ou les fiches pédagogiques publiques ; l’effet climat se joue plutôt à l’export de la production renouvelable sur les réseaux nord‑américains (et, dans une moindre mesure en volume publié ici, européens). Aucune fiche spécifique « Doral » n’a été repérée sur les portails génériques type ADEME ou Connaissance des Énergies lors de la dernière passe de veille ciblée.
3. Innovations / partenariats
En mars 2026, H2Pro et Doral Hydrogen annoncent un accord pour un projet solaire hors réseau alimentant de l’hydrogène destiné, dans un premier temps, à être injecté dans le réseau gaz espagnol (phases annoncées jusqu’à 50 MW d’électrolyse et 80 MWp solaires). Sur les méga-financings américains, le groupe clôt courant 2026 le package Great Bend Solar (Ohio) avec des banques de premier plan. Côté valorisation boursière, la presse économique israélienne évoquait au printemps 2025 une capitalisation historique autour de 5,5 milliards ILS pour le titre, dans une analyse Globes qui décrit aussi la tension spéculative sur l’action.
4. Greenwashing / zones grises
La « verticalité verte » ne va pas sans concentration de risques. Le deal Cold Creek illustre une dépendance structurelle au millefeuille fiscal américain : le projet annonce la monétisation de 360 M$ de Production Tax Credits (PTC) sur dix ans via un accord de transfert de crédits, dans le même communiqué qui détaille le financement global proche de 900 M$ — or tout virage législatif sur l’Inflation Reduction Act ou sur l’éligibilité des PTC peut rejouer la table des revenus. Parallèlement, les comptes 2025 montrent une perte nette de 390,6 M ILS malgré un CA en forte hausse à 503,1 M ILS : le discours de croissance bute sur le coût du levier et des investissements — voir encore la synthèse MarketScreener. Sur le terrain, le modèle Mammoth attire les conflits d’usage : en février 2025, le conseil du comté de Pulaski (Indiana) rejette des résolutions fiscales préliminaires liées à des projets Doral, sous pression des catégories riveraines ; en juillet 2025, ABC57 relate appels et recours contre des extensions, avec débat sur un moratoire batteries. Ce n’est pas du « greenwashing comptable », mais un signal : la acceptabilité locale peut bloquer ce que les slides de roadshow promettent en GW.
5. Positionnement stratégique
Doral joue la consolidation transatlantique : en janvier 2026, le groupe signe une lettre d’intention sur Zephyrus Wing Energies (gros portefeuille éolien en Pologne côté presse spécialisée), visant à muscleter la jambe européenne tout en gardant le moteur américain sur un pipeline communiqué à 18 GW. Dans un secteur où la guerre des prix du PV et la rareté des sites « bankable » structurent les marges, la stratégie paraît claire : empiler les gigawatts et verrouiller les flux fiscaux avant que le cycle politique ne les referme. Le pari, côté marché, reste que la valorisation boursière tient la route malgré les saignements de résultat — la chronique Globes en fait déjà le récit, entre optimisme des investisseurs et volatilité sous-jacente.
Verdict WattsElse
Doral incarne le renouvelable à l’échelle industrielle quand il s’endette et s’industrialise plus vite que la société n’accepte les méga-parcs : des GW sur le papier, des recours dans l’Indiana, et une note en bas de page qui vaut 390 millions de shekels de perte pour 2025.
Sources : doral-llc.com · doral-energy.com · marketscreener.com · assetmanagement.apg.nl · markets.ft.com · marketscreener.com · prnewswire.com · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · h2pro.co · prnewswire.com · globes.co.il · wkvi.com · abc57.com · marketscreener.com
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