Pertamina Geothermal Energy
Pertamina Geothermal Energy (PGE) capitalise sur un des gisements volcaniques du monde, mais c’est une filiale cotée : son histoire, celle de contrats d’achat, de dette verte et, en arrière-plan, d’un groupe pétrolier d’État secoué par la gouvernance.
À propos de Pertamina Geothermal Energy
1. Modèle économique
Filiale de Pertamina dédiée à l’exploitation de la chaleur du sous-sol, PGE vend — via des contrats avec l’acheteur historique d’électricité — vapeur et production électrique essentiellement en Indonésie, sans diversification géographique à ce stade. Le résultat annuel 2024 fait état d’un chiffre d’affaires de 407,12 millions de dollars (+0,2 % sur 2023), d’un bénéfice net de 160,30 millions et d’un Ebitda de 324,06 millions ; l’exercice a vu un bond du capex organique à 179,54 millions (+15,8 %), avec une partie du budget d’investissement non exécutée faute d’opérations de fusion-acquisition conclues selon le même document. Sur les neuf mois clos au 30 septembre 2025, PGE communique un chiffre d’affaires de 318,86 millions de dollars, une trésorerie indiquée à 628,12 millions et une capacité portée à 727 MW après la mise en service de Lumut Balai Unit 2. L’espace investisseurs et les communiqués 2024 n’exposent pas, dans le matériel public synthétisé ici, un effectif consolidé fiable : à ce stade, l’effectif exact n’est pas retenu faute de ligne consolidée vérifiée dans les extraits accessibles.
2. Impact réel
La production d’électricité 2024 est donnée à 4 827,22 GWh par le bilan 2024 ; l’émission d’environ 4,05 millions de tonnes d’équivalent CO₂ évitées y est associée, avec un taux de disponibilité des centrales de 98,91 % selon le détail 2024. Quelque 2,24 millions de dollars de revenus de crédits carbone (exercice 2023-2024) apparaissent au même endroit, ce qui ancre l’exposition aux mécanismes de valorisation carbone, modeste au regard du compte d’exploitation. L’Indonésie, « terre d’éruption pour la géothermie » — le pays dispose d’un potentiel immense mais une transition électrique encore dominée par le charbon, comme le rappelle Connaissance des Énergies — : l’intérêt de PGE pour le mix national est réel, mais non recoupé par les indicateurs PPE3 ou les trajectoires ADEME, qui ciblent le territoire français (la PPE3 et les fiches de l’ADEME servent plutôt d’ordre de grandeur méthodologique en Europe, pas d’ancrage réglementaire direct pour PGE). La stratégie AFD Indonésie 2022-2026 insiste sur le rôle d’infrastructures d’énergie bas carbone, dont la géothermie au Sud-Est asiatique s’inscrit dans l’enjeu plus large d’inclusion de masse d’électricité propre.
3. Innovations / partenariats
Le palier 727 MW en 2025 repose notamment sur la mise en service (juin 2025) de Lumut Balai Unit 2 (55 MW). Le même fil d’actualité mentionne un pilote d’hydrogène vert à Ulubelu (septembre 2025), dans la lignée d’objectifs de gamme « au-delà de l’électricité » qu’exhibe la communication financière. Le rapport annuel 2024 explicite un cap d’environ 1 GW de capacité propre d’ici deux à trois ans puis 1,8 GW d’ici 2033 via leviers « quick win » et co-génération, avec des projets sur la durée. La dette verte est structurée : rapport obligations vertes 2024 de 400 millions de dollars (coupon 5,15 %, maturité 2028). Côté labellisation ESG, PGE se réfère à Sustainalytics (score 8,4 en 2024, risque perçu comme « faible » dans le classement de l’opérateur) — outil d’opinion, pas d’exemption de controverse de groupe.
4. Greenwashing / zones grises
Le schéma « verte » de PGE bute sur l’affaire de corruption 2025 touchant la maison-mère : les pertes d’État mises en avant par l’enquête concernent l’orbe fossile, mais le reputation drag s’impose de facto à toute l’équipe-étendue Pertamina, y compris l’enclave géothermique. L’historique de tension tarifaire avec PLN (2016) rappelle la dépendance structurelle à l’acheteur unique et le risque de retraits de marge en renégociation. La sous-exécution d’une partie du capex 2024 faute d’M&A, signalée par PGE, questionne l’adéquation vitesse d’objectifs et capacité transactionnelle. Enfin, la géothermie indonésienne n’est pas abstraite des conflits d’usage des sols et des redevabilités sociales sur le terrain — thème récurrent de la presse d’enquête sur les aménagements, distinct du « vert » marketing.
5. Positionnement stratégique
PGE se présente comme le bras armé d’un État voulant accélérer l’industrie bas carbone tout en rappatriquant la valeur boursière (symbole PGEO à Jakarta). L’Usine nouvelle et les analyses francophones soulignent depuis longtemps l’injonction internationale de faire forer les pétroliers autrement — PGE en est la variante exécution nette côté Indonésie. Avec 727 MW et une escalade cible 1,8 GW, le plafond d’adresse d’infrastructure reste haut, mais l’incertitude de coût du capital et la météo politique du groupe bourse conditionnent le récit autant que le potentiel MWe.
Verdict WattsElse
PGE n’est ni une start-up proprement « verte » ni un pure player dépolitisé : c’est l’outil géothermique d’un empire fossile d’État qui affiche, chiffres à l’appui, de la marge, du rendement, et du CO₂ évité sur la facture — la transition y est comptable autant qu’alpiniste.
Sources : pertamina.com · pge.pertamina.com · pge.pertamina.com · pge.pertamina.com · pge.pertamina.com · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · afd.fr · pge.pertamina.com · pge.pertamina.com · thejakartapost.com · thejakartapost.com · usinenouvelle.com
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