Elecdey Tarazona, S.A.
Le photovoltaïque et l’éolien en mer monopolisent les manchettes ; pourtant, des milliers de mégawatts « de la première heure » vieillissent en silence sur la péninsule Ibérique.
À propos de Elecdey Tarazona, S.A.
1. Modèle économique
Elecdey Tarazona S.A. est une société anonyme espagnole dont le siège est à Madrid (annonce au BORME), structurée classiquement comme véhicule de production d’électricité éolienne terrestre : revenus liés à la vente de l’énergie injectée sur le réseau et à la stabilité opérationnelle du site. Selon les agrégats consultables côté presse économique, l’entreprise affiche une baisse des ventes de 66,75 % en 2023, suivie d’une nouvelle chute de 20,79 % en 2024 (fiche Economia Digital) — séquence rarement compatible avec un simple « revenu récurrent » sans chocs tarifaires, techniques ou comptables. Le même classement signale une dégradation massive au ranking national (perte de l’ordre de 123 000 places sur la période récente, donnée publiée en 2024 sur la même fiche). L’effectif déclaré dans les bases commerciales grand public se situe dans la fourchette 1–10 salariés et le chiffre d’affaires dans une fourchette basse (ordre de 250 001–750 000 €), selon les profils du type Axesor — ordres de grandeur à manier avec prudence, mais cohérents avec une SPV d’exploitation. Le 14 mars 2024, le conseil d’administration acte un réajustement des titres représentant le capital (BOE / BORME), signal de gouvernance financière à surveiller de près.
2. Impact réel
L’actif identifiable publiquement est le parc Tarazona Sur (province de Saragosse) : 9,6 MW et douze aérogénérateurs Made AE-52 de 800 kW chacun, selon la fiche technique The Wind Power. Il s’agit d’électricité bas-carbone au sens large — production renouvelable effective — mais la contribution climatique net d’une centrale éolienne se joue aussi sur la durée de vie, le facteur de charge, et la question du repowering (remplacer ou moderniser pour éviter l’obsolescence énergétique). Dans ce cadre, l’Aragon a ouvert une procédure d’évaluation d’impact environnemental simplifiée en 2024, acte administratif qui vise à encadrer la poursuite d’activité sur le site tout en répondant aux exigences de droit environnemental — un point d’articulation direct entre « décarbonation » et « acceptabilité locale ». Aucune donnée publique consolidée (facteur de charge annualisé, GWh livrés récemment, bilan GWP certifié) n’a été trouvée pour isoler l’impact du strict périmètre Elecdey Tarazona S.A. en 2024–2025 ; l’effet climat reste donc qualitatif : éolien terrestre oui, mais avec trajectoire d’actif mature.
3. Innovations / partenariats
Au niveau de la foncière-holding historique, le groupe Elecdey SL est présenté comme développeur espagnol cumulant un pipeline substantiel (>500 MW éoliens et >200 MW solaires en Espagne, selon cette fiche agrégée de 2024) — utile pour situer l’écosystème, sans assimiler ses volumes au bilan d’Elecdey Tarazona S.A., qui est juridiquement distincte. Pour la SPV elle-même, l’« innovation » observable dans l’espace public est surtout réglementaire et technique : bascule vers un repowering et mise à jour de flotte (les AE-52 datent des années 2000). Aucune levée de fonds récente, contrat d’achat d’électricité détaillé ou partenariat industriel daté n’a été identifié dans des sources généralistes en français ou espagnol consultables rapidement ; selon les éléments disponibles, l’actualité est plus procédurale que start-up « deep tech ».
4. Greenwashing / zones grises
Ici, le risque n’est pas tant un slogan « vert » qu’un décalage entre discours technologique éolien et coûts environnementaux documentés dans la comarque. Hoy Aragón rapporte, dans un article de juin 2025, que le député Jorge Pueyo (CHA–Sumar) a porté au Congrès une exigence de paralysie de projets éoliens sur Tarazona, en s’appuyant sur une figure locale pour 2023 : 600 mortalités d’oiseaux imputées aux collisions avec aérogénérateurs dans le Campo de Borja — périmètre géographique voisin des controverses autour de la comarque de Tarazona et du massif du Moncayo. Ce chiffre est cité par la presse politique, pas par un bilan d’exploitation vérifié de la seule Elecdey Tarazona ; il alimente néanmoins un climat de défiance sur l’évaluation des impacts. Par ailleurs, l’Ayuntamiento de Tarazona a convenu de porter des allégations contre un voisinage éolien litigieux (signalement biodiversité / saturation), documenté publiquement en 2024. Enfin, le recours à une procédure « simplifiée » d’évaluation environnementale pour le repowering (dossier INAGA, 2024) nourrit la crainte — côté associations — d’un abat-feu réglementaire là où des opposants demandent un examen ordinaire plus contraignant. Dernier signal financier non « vert » mais structurant : la double contraction du chiffre d’affaires (−66,75 % puis −20,79 %) sur Economia Digital ressemble, selon les éléments disponibles, à une fin de cycle tarifaire, une perte de disponibilité, ou une consolidation comptable défavorable — autant de tensions de modèle qui précèdent souvent les opérations de refinancement ou de cession d’actifs.
5. Positionnement stratégique
À l’échelle européenne, le repowering de l’éolien terrestre année 2000 est une brique attendue de la transition (meilleure productivité par site, moins d’équipements obsolètes) — mais en Espagne, la politique d’implantation et la biodiversité deviennent des variables aussi critiques que le LCOE. Elecdey Tarazona S.A. se situe précisément sur cette faille : actif 9,6 MW encore listé sur The Wind Power, orchestration juridique depuis Madrid (BORME 2024), mais bataille locale et nationale ouverte sur la légitimité des extensions. Aucune analyse ADEME, ni fiche PPE3 française directement mobilisable, n’a été trouvée pour cette SPV ; l’ancrage politique pertinent est ibérique et régional (Aragon), pas hexagonal.
Verdict WattsElse
Elecdey Tarazona S.A. n’est pas une « success story » photogénique : c’est une rente éolienne vieillissante prise entre comptes qui s’effritent et procédures environnementales politisées ; le repowering peut être une seconde vie — ou le moment où le risque réglementaire dépasse la valeur résiduelle.
Sources : boe.es · empresas.economiadigital.es · axesor.es · thewindpower.net · gd.aragon.es · corporate.energy · hoyaragon.es · arainfo.org
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
National Energy System Operator
Le National Energy System Operator n’est ni un producteur ni un propriétaire de lignes : c’est le cerveau qui fait tenir la balance électrique à la seconde près tout en réécrivant les règles du jeu pour des files d’attente de raccordement devenues ubuesques.
Voir la ficheChangan PSA
Coentreprise française–chinoise pour la DS en Chine, Changan PSA a incarné l’illusion d’un premium européen “made in Shenzhen”.
Voir la ficheENRON WIND DE ESPANA S.L.
En Espagne, cette raison sociale sonne encore à une époque où l'éolien n'était pas un gadget médiatique mais un pari industriel.
Voir la ficheSociété Tunisienne des Industries de Raffinage (STIR)
Majeur public qui impose sa table au classement des plus grosses entreprises du pays, la Société tunisienne des industries de raffinage (STIR) concentre en même temps subventions, tension sociale et stratégie d’extension fossile peu compatible avec un “virage climatique” global.
Voir la ficheETI
On parle ici d’Electro Technique Industrielle — l’ETI** des travailleurs du courant à Écouflant, pas du sigle « entreprise de taille intermédiaire » ni d’une entrée Wikidata fantaisiste.
Voir la ficheĐiện Lực Đà Nẵng (EVNCPC)
La nouvelle Công ty Điện lực Đà Nẵng — née le 1ᵉʳ juillet 2025 de la fusion avec Quảng Nam — incarne la consolidation des distributeurs sous la Tổng công ty Điện lực miền Trung (EVNCPC), elle-même bras régional de Vietnam Electricity (EVN).
Voir la ficheAgrícola Aasa Limitada
Le Chili a fait du méthane agricole un argument de « porc vert ».
Voir la ficherisingSUD
** C’est l’agence de la Région Sud : 50 personnes, un budget d’environ 6 M€, et des volumes d’accompagnement que les rapports 2024 traduisent en centaines d’entreprises, de projets internationaux et d’hectares de feuille de route climat.
Voir la ficheUGent
Une université n’est pas un gestionnaire de réseau, mais peut en devenir la tête de pont académique quand l’Europe injecte milliards dans flexibilité, hydrogène et digitalisation du bas de tension.
Voir la ficheBharat Refinery ltd
Ce libellé ne correspond pas, dans les données d’entreprise vérifiables, à une société française ou anglo-saxonne homonyme : il renvoie, selon les éléments publics disponibles, à l’héritage de Bharat Oman Refineries Limited (BORL) et au site de Bina (Madhya Pradesh), aujourd’hui fondu dans Bharat Petroleum Corp Ltd (BPCL) après une opération approuvée puis…
Voir la ficheErnst Hotz
Le nom Ernst Hotz ne correspond à aucune major pétrolière cotée sous cette bannière dans le fichier Wick pétrole & gaz tel qu’on l’entend aujourd’hui.
Voir la ficheGeothermal Engineering Ltd.
Geothermal Engineering Ltd (GEL) n’est pas un nom générique : il désigne une société privée britannique basée en Cornouailles, qui exploite le site United Downs Deep Geothermal Power — premier projet britannique de géothermie électrique opérationnel — et se positionne sur l’électricité de base et le lithium issu de saumure.
Voir la ficheHuaihu Coal & Power Co Ltd
Sur la carte énergétique chinoise, rares sont les acteurs qui incarnent aussi littéralement la formule « mine à la bouche » que Huaihu Coal & Power Co Ltd (淮沪煤电).
Voir la ficheEREN Hellas M.SA
Une filiale grecque du groupe EREN qui promet le futur de l'énergie verte, en jonglant avec la technologie et le stockage, sans perdre de vue ni la facture ni la planète.
Voir la ficheUDUS
Face au réchauffement extrême du nord du Nigeria, l’Université Usmanu Danfodiyo de Sokoto (UDUS) s’est fait le laboratoire d’une transition par le solaire — financements multilatéraux, centre de recherche, master dédié.
Voir la fichePiet Retief Municipality
Les routes affichent encore « Piet Retief », mais sur les registres, c’est Mkhondo : une municipalité locale du Mpumalanga, coincée entre mines et lignes Eskom.
Voir la ficheCOMSENSUS D.O.O.
Pépite de la basse Slovénie, COMSENSUS, komunikacije in sensorika, d.o.o.
Voir la ficheCandelaria Solar
Le Parque Candelaria Solar, dans l’Atacama, illustre le paradoxe du grand solaire chilien : une ressource quasi gratuite côté ciel, mais un marché électricité qui rabote les prix et vide des heures entières de production.
Voir la ficheATEK Drive Solutions GmbH
ATEK Drive Solutions n’est pas un champion de l’énergie au sens strict: c’est un fabricant allemand de briques industrielles, devenu en 2024 intégrateur de chaînes d’entraînement complètes.
Voir la ficheHera
Le cache « Pétrole & gaz » tombe à côté de la plaque si l’on croit Wikipédia français sur « Héra » — déesse, pas holding de Bologne.
Voir la ficheTransCanada
** Derrière le nom historique TransCanada se cache TC Énergie — TC Energy — l’un des plus grands opérateurs d’infrastructures gazières d’Amérique du Nord.
Voir la ficheNgaanyatjarra Essential Services
Le nom sonne bureaucratique, le métier lui est vital : faire tenir bout à bout chaînes hydrauliques, compteurs pressés et lignes communautaires sur un territoire ou l’été grésille trois fois trop fort.
Voir la ficheTranselectrica
Monopole technique du transport en Roumanie, coté à Bucarest mais encore majoritairement public, Transelectrica vit une phase où la régulation, les marchés d’équilibrage et les grands projets sous-marins tirent le résultat autant que les kilomètres de lignes.
Voir la ficheHD Hyundai
Conglomérat sud-coréen où la construction navale à forte valeur ajoutée croise le raffinage et les équipements électriques, HD Hyundai incarne une stratégie « transition » très industrielle — ammoniaque en avant-plan, bilan environnemental et judiciaire plus contrastés à la pompe à essence.
Voir la fiche