EMPRESA ELECTRICA PORTEZUELO SPA.
Une SpA chilienne du groupe Besalco porte à la fois les défis du mini-hydro et l’ombre d’un dossier SMA vieux de plusieurs années — pendant que les médias et développeurs évoquent un « Portezuelo » photovoltaïque à bien plus grande échelle sous d’autres pavillons juridiques.
À propos de EMPRESA ELECTRICA PORTEZUELO SPA.
1. Modèle économique
Empresa Electrica Portezuelo SPA est une société de production électrique insérée dans la galaxie Besalco : la presse économique chilienne identifie explicitement cette SpA comme titulaire du projet hydroélectrique Los Hierros II, avec une valeur d’actifs de l’ordre de 16 068 millions de pesos chiliens représentant environ 2,8 % des actifs consolidés du groupe lors du processus de cession annoncé sur le segment « Los Hierros » (article La Tercera). Les revenus consolidés du pôle Besalco Inversiones y Energía S.A. et sa filiale — périmètre comptable dans lequel cette SpA est consolidée au niveau groupe — affichent 2 388,3 milliards de pesos d’« ingresos de actividades ordinarias » en 2024, en hausse d’environ 9,6 % par rapport à 2023 (états financiers résumés 2024) ; ce montant couvre toute l’activité de cette holding, pas uniquement Portezuelo. Le même rapport dénombre 107 salariés au total pour la holding et sa filiale (dont 102 « travailleurs indirects » liés aux investissements), sans ventilation publique par filiale de génération. Les données de base au Chili sont recoupées dans les bases professionnelles (profil EMIS). La dépendance économique est celle d’une IPP : volumes et prix du marché électrique, hydrologie, et — pour Besalco — sensibilité aux délais et coûts des permis sur les segments infra voisins.
2. Impact réel
Le dossier environnemental documenté pour Portezuelo SPA passe par la minicentrale Los Hierros (région du Maule, commune de Colbún) et les engagements de la RCA 7/2013 : la SMA décrit une compensation forestière de 9,25 hectares et 3 700 plants de *Citronella mucronata* (« Naranjillo »), ainsi qu’une exigence d’ouvrage pour le passage faunique sur le canal, cataloguée comme infraction « légère » à côté du retard sur la compensation qualifié « grave » (fiche SMA D-123-2020). Le bilan climat du hydro « net » reste celui d’une EnR, mais les externalités locales — eau, habitats, paysage — sont précisément ce que la RCA et la SMA contrôlent. À l’échelle nationale, le Chili publie une photographie de capacités où les renouvelables tirent la dynamique (rapport projets février 2025), sans substitut pour un bilan GES attribuable à Portezuelo SPA — non retrouvé dans les sources ouvertes mobilisées ici (pas d’équivalent CSRD exploitable pour cette SpA hors UE).
3. Innovations / partenariats
La base BNamericas décrit un Portezuelo PV Plant d’environ 147,7 MW crête avec 220 500 modules de 670 Wp, une durée de chantier indicative 16 mois, evacuation vers une sous-station tierce « Nueva Portezuelo », plus un bloc batteries BESS présenté comme partie intégrante du projet (fiche projet BNamericas). Cox Energy affiche au 3T 2023 une ligne « Utility Portezuelo + Storage », 200 MWp, en développement avancé avec jalons RTB 2024 (portfolio Cox Energy). Point de vigilance identité : ces volumes « Portezuelo » ne peuvent être amalgamés mécaniquement avec Empresa Electrica Portezuelo SPA ; le ministère chilien cite explicitement une Portezuelo SpA comme titulaire d’un PMGD 3 MW entré en service en février 2025 sous le nom « El Trébol » (tableau officiel février 2025), distinct du périmètre Los Hierros où la SMA rattache Portezuelo SPA (fiche SMA).
4. Greenwashing / zones grises
La tension factuelle est réglementaire et chiffrée : entre 2020 et 2026, la SMA retient pour Los Hierros un défaut « grave » sur 3 700 plants et 9,25 ha de compensation au titre de la RCA 7/2013, assorti d’un second fait « léger » sur la traversée faunistique du canal (fiche SMA D-123-2020). Le dossier se clos le 4 février 2026 avec « Terminado – PDC Satisfactorio », alors que le tableau « Sanctions » indique « No se registran sanciones » — distinction utile entre absence de multe publiée et absence de manquement avéré pendant des années. Pour une lecture anti-greenwashing, l’écart entre catalogues développeurs très « verts » (Cox Energy) et traçabilité SMA sur une SpA Besalco impose de dissocier nom commercial et titulaire légal.
5. Positionnement stratégique
Le repositionnement du groupe Besalco sur Los Hierros — avec valorisation patrimoniale chiffrée pour II sous Portezuelo — date au moins du cycle de vente commenté par La Tercera en 2014 (article La Tercera), dans une logique de liquidités pour nouveaux investissements ; au niveau pays, la pile solaire/BESS continue de grossir dans les statistiques ministérielles (rapport février 2025). Pour Portezuelo SPA, le signal récent est juridique : fin de procédure SMA après programme de conformité, pas communiqué RSE grand public. Les références françaises type ADEME ou PPE restent hors sujet direct pour cette filiale chilienne ; le levier reste la compliance locale et les agrégats Besalco (états 2024).
Verdict WattsElse
Portezuelo SPA illustre la nuance indispensable au métier « renouvelable » : la couleur du bilan énergétique ne dilue pas cinq ans de friction SMA sur compensation et ouvrages. À Los Hierros, la rivière et le registre environnemental parlent aussi fort que le gigawatt-heure.
Sources : latercera.com · besalco.cl · emis.com · snifa.sma.gob.cl · energia.gob.cl · bnamericas.com · coxenergy.com
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