Eólicas de Euskadi
La société Eólicas de Euskadi S.A.
À propos de Eólicas de Euskadi
1. Modèle économique
Eólicas de Euskadi S.A. (CIF A48803290, domiciliée à Vitoria-Gasteiz) est la coque juridique historique de l’éolien terrestre en communauté autonome basque : production et commercialisation d’électricité d’origine renouvelable. Née en 1996 dans un contexte de coentreprise avec l’Ente Vasco de la Energía (EVE) et Iberdrola, elle a ensuite basculé vers un contrôle majoritairement privé après la cession de la part de l’EVE à Iberdrola amorcée à la fin des années 2000 (Cinco Días). Aujourd’hui, l’actionnariat détaillé et le chiffre d’affaires exact par exercice ne sont pas aisément consolidés dans les bases publiques gratuites que nous avons consultées ; selon les éléments disponibles, l’activité apparaît intégrée au périmètre Iberdrola, avec une juridique locale plutôt qu’une « pure player » cotée autonome.
Sur le segment nouveaux actifs, le modèle se décale vers Aixeindar, coentreprise entre Iberdrola et l’EVE pour accélérer le renouvelable au Pays basque (annonce 2019). Le parc Labraza (40 MW, 59 M€ d’investissement annoncés avec équipements Siemens Gamesa) illustre ce montage public-privé (communiqué Gouvernement basque / Iberdrola). Au plan macro, l’exécutif régional vise à coinvestir 80 M€ et à ajouter 450 MW de capacité renouvelable d’ici 2030 (Conseil de Gouvernement du 31 mars 2026).
2. Impact réel
Le parc historique opéré sous cette bannière reste modeste mais structurant localement : l’EVE indique environ 142,7 MW répartis entre Elgea, Urkilla, Badaia et Oiz, sans nouveau parc jusqu’à la relance portée par Aixeindar (fiche éolien EVE). Pour Labraza seul, les promoteurs annoncent 99,7 GWh/an — équivalent ~30 000 foyers — et 16 300 t de CO₂ évitées par an (autorisation administrative de construction). À l’échelle de la communauté autonome, l’éolien pèse 4,6 % de la production électrique en 2024 selon la presse économique régionale (Estrategia Empresarial), tandis que l’ensemble des renouvelables atteint 939 GWh sur l’année (+4,2 %). Il n’existe pas, dans les sources françaises type ADEME ou Connaissance des énergies, de fiche dédiée à cette entité espagnole : la lecture climatique se fait donc par calage sur les statistiques basques et sur les annonces de production/émissions évitées projet par projet.
3. Innovations / partenariats
Outre le deal turbines avec Siemens Gamesa (8 × 5 MW, hauteur de ~200 m au total selon le communiqué officiel, Euskadi.eus), Iberdrola met en avant pour Labraza des choix d’ingénierie « bas carbone chantier » (transport de pales avec Blade Lifter) et une ouverture au financement citoyen (note Iberdrola España). Côté gouvernance locale, l’accord municipal d’Oion a été une étape décisive avant le démarrage des travaux (Basquenergy), avec un volet emploi annoncé (~90 postes directs en phase construction selon la même source industrielle).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas « marketing » : il est systémique et temporel. L’EVE a perçu 58,2 M€ de dividendes de ses participations en 2024, montant qui reste tiré en grande partie du fossile (gaz, cycles combinés) selon l’analyse de presse sur ses comptes de participation (Crónica Vasca). Parallèlement, la loi basque de transition 2024 impose une sortie programmée du gaz (participations type BBG, Shesa) avant 2030, avec des valorisations de cession évoquées entre 500 et 600 M€ (Expansión) : la « transition » éolienne se finance encore, pendant quelques années, par des cash-flows fossiles que la collectivité doit désamorcer.
Sur le terrain, l’opposition citoyenne ne se limite pas aux slogans : en janvier 2026, la plateforme Araba Bizirik se mobilise devant la députation pour bloquer les travaux du parc contesté (Noticias de Álava). Plus structurant encore, le Conseil régulateur de la DOC Rioja a déposé un recours visant notamment l’impact paysager des éoliennes sur un territoire viticole protégé (Crónica Vasca). Ces deux lignes de tension — financements fossiles de l’actionnaire public et conflit judiciaire frontal — empêchent de présenter le projet comme un simple « gain climatique sans coût politique ».
5. Positionnement stratégique
Pour Iberdrola, l’éolien ibérique demeure un levier industriel — le groupe revendique des résultats élevés et une accélération terrestre en Espagne dans son rapport intégré 2024. Pour l’EVE, l’enjeu est géopolitique au sens large : montée en puissance renouvelable et réduction de la dépendance via le plan 80 M€ / +450 MW annoncé en mars 2026 (Gobierno Vasco). Eólicas de Euskadi « historique » et Aixeindar « nouveaux projets » forment une double siglée utile politiquement : la première capitalise l’actif électrifié, la seconde capte l’ambition post-2020 sans effacer les fractures territoriales.
Verdict WattsElse
Le visage juridique d’un baseload éolien local croise aujourd’hui un bras financier public encore nourri au gaz et un chantier viticole sous le feu des tribunaux — autant dire que le climat du Pays basque se joue autant dans les comptes de l’EVE que dans le relief des montagnes d’Álava.
Sources : cincodias.elpais.com · cincodias.elpais.com · iberdrola.com · euskadi.eus · euskadi.eus · eve.eus · eve.eus · estrategia.net · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · iberdrolaespana.com · basquenergycluster.com · cronicavasca.elespanol.com · expansion.com · noticiasdealava.eus · cronicavasca.elespanol.com · iberdrola.com
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