Foil-O-Ecologie
À Bourguébus, en Normandie, une micro-société tient une techno brevetée qui joue dans la cour des grands chiffres — +250 % de productivité annoncée par rapport à deux hélices frontales — alors que son capital social affiché au greffe tient en trois chiffres.
À propos de Foil-O-Ecologie
1. Modèle économique
La société FOE Foil-o-Écologie (SIREN 899 336 028), SAS immatriculée en mai 2021 au greffe de Caen, est classée en ingénierie et études techniques (code NAF 71.12B) : pour l’instant, son métier documenté côté registre, c’est développer et porter un concept, pas livrer des MWh facturés à grande échelle. Les comptes annuels ne sont pas encore consultables sur Pappers — « aucune information financière disponible » — et l’effectif INSEE est déclaré à 0 salarié en 2026, typique d’une structure animée surtout par les fondateurs et l’intellectuel sur brevets. Le site corporate vise deux filières : hydrolien fluvial (unités de quelques kW pour collectivités ou sites industriels) et marin (fermes jusqu’à plusieurs dizaines de MW avec revente d’électricité), tel que décrit sur EuroQuity. Les revenus commerciaux récurrents ne sont pas attestés publiquement ; en revanche le financement non dilutif et la levée participative (campagnes du type WoDuGood) apparaissent comme colonnes vertébrales, aux côtés de recherches d’investisseurs privés.
2. Impact réel
Si les machines tournaient en série, l’impact « climat » serait celui de l’hydrolien en général : kilowattheures à faible émissions de gaz à effet de serre sur le cycle de vie, complémentarité avec l’éolien et le solaire grâce à une ressource plus prévisible. Le site met en avant cet ordre de grandeur en citant des bilans carbone par kWh de filières électriques (chiffres issue de Hydro-Québec, reproduits sur foil-o-ecologie.com). À ce stade, l’impact mesurable reste celui d’un prototype : l’article de presse du 18 novembre 2025 évoque un premier prototype « testé et fonctionnel », sans public produits d’une production annuelle agrégée publique. Le cadre national, lui, s’accélère : la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie ouvre une perspective d’appels d’offres hydrolien massifs — la prose médiatique parle volontiers d’un ver disque de 250 MW à horizon 2030 pour courants marins — ce qui structure l’opportunité mais ne garantit pas qu’une techno à foils oscillants sera la première servie.
3. Innovations / partenariats
Le cœur du dispositif est la marque Rythmos : foils oscillants inspirés du battement de nageoire, mécanisme et conversion sur une plateforme flottante pour simplifier la maintenance, argument détaillé sur le site officiel et popularisé dans la presse spécialisée (GreenUnivers, juin 2025). Les partenariats listés incluent le LMN de l’INSA Rouen pour la mécanique et la fiabilité, G-Met pour la simulation numérique, et un premier filet d’industrie locale (ex. MGPI Tech) pour l’usinage — toujours selon la page « partenaires » du site. Côté reconnaissance, le Coup de cœur du prix *Normandy 4 Good* 2024 (récit dans Ouest-France) et l’adhésion aux réseaux deeptech/cleantech sur EuroQuity donnent de la visibilité ; la feuille de route publique mentionne encore extension internationale du brevet, démonstrateur fluvial et campagne bi-foil 4 kW comme prochains jalons financés.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension est financière et chiffrée : fin 2025, les fondateurs esquissent soit un démonstrateur à 600 000 € (« la moitié est à trouver »), soit une version « plus ambitieuse » à 3 millions d’euros, avec une option privilégiée à 300 000 € de fonds propres pour déclencher un montage à aides publiques équivalent — et, dans le même entretien, des « promesses verbales » de 150 000 € liées à une finance participative (Ouest-France, 18/11/2025). Deuxième point sensible : sur EuroQuity, la start-up indique une propriété intellectuelle valorisée à 15 millions de dollars tout en cherchant 200–250 k€ pour finaliser un prototype bi-foil 4 kW — écart de jauge typique entre discours d’investissement et preuves industrielles. Troisième limite : la « +250 % » de rendement annoncée sur le site et dans les supports de financement est un gain théorique comparatif (deux hélices frontales vs bi-foil) : sans courbes de puissance certifiées tiers sur plusieurs cycles saisonniers, la revendication reste du domaine de l’assertion marketing ou du laboratoire, pas du contrat long terme. Aucune condamnation, recours ou contestation environnementale documentée n’a été trouvée dans les extraits Pappers disponibles (0 contentieux déclaré sur la fiche consultée en mai 2026).
5. Positionnement stratégique
Foil-o-Écologie se place comme contre-modèle aux hydroliennes à palettes : angle acceptabilité et sobriété d’empreinte paysagère, avec une feuille de route explicitement deeptech et régionale (France 2030 / Normandie cités sur EuroQuity). Le marché potentiel — dizaines de milliards d’euros pour le fluvial côtier dans les présentations investisseurs — ne supprime pas le mur du premier kW commercial : recrutement de « deux ingénieurs » annoncé dans l’article Ouest-France de 2025, veille obligatoire sur l’évolution des tarifs d’achat et des AO hydrolien dans la PPE3. Pour WattsMonde, étiqueter l’entité en « Innovation » est juste : le risque métier est encore celui du laboratoire navigant, pas celui du producteur inscrit au dispatch.
Verdict WattsElse
Tant que le kilowatt facturé ne remplace pas le kilobyte de pitch, cette hydrolienne reste un pari normand intéressant mais non amorti ; l’avenir se joue moins à l’épaule du béluga qu’au bas de page des comptes et des essais en eau vive.
Sources : pappers.fr · euroquity.com · wedogood.co · foil-o-ecologie.com · ouest-france.fr · economie.gouv.fr · greenunivers.com · ouest-france.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Eolus Vind AB
Eolus ne joue pas dans la même ligue que les grands utilities, mais ses états publiés racontent une métamorphose brutale : un bond de chiffre d’affaires qui cache d’énormes ajustements comptables sur l’éolien offshore.
Voir la ficheJaypee Ltd jccl)
Le sigle « JCCL », chez les agrégateurs d’entreprises, désigne le plus souvent Jaypee Cement Corporation — un voisin cimentier souvent évoqué en procédure collective — et non l’activité électricité.
Voir la ficheASTÜRK Enerji GES-3
L’intitulé « ASTÜRK Enerji GES-3 » ressemble à une entité unique ; en réalité vous croisez presque toujours Astürk Enerji Üretim Ticaret A.Ş., EPC solaire basé à Istanbul, et une étiquette de projet (« Güneş Enerji Santrali » numéro 3).
Voir la ficheGota Industriutveckling AB
Une raison sociale exacte peut rester hors radar des bases ouvertes : ce n’est pas un scoop, mais un signal d’analyse pour qui traque la transition industrielle nordique sans se faire piéger par l’homonymie.
Voir la ficheGasum
Ce n’est pas un simple distributeur : Gasum est une filiale à 100 % de l’État finlandais, active du gaz jusqu’aux services d’électricité renouvelable et aux stations gaziers en Scandinavie.
Voir la ficheRazavi Foundation
Le nom évoque la charité ; sous le capot, un conglomérat parastatal qui capte pétrole, gaz, mines et équipement lourd le long de l’axe Machhad–Téhéran.
Voir la ficheEUROPEAN ASSOCIATION FOR INNOVATION IN LOCAL DEVELOPMENT
L’association bruxelloise incarne une couche souvent invisible du débat climatique : celle qui fait dialoguer territoires, dossiers LIFE et règles agricoles ou de cohésion.
Voir la ficheEmpresa Binacional Yacyretá (EBY)
Derrière les turbines du Paraná, ce n’est pas seulement de l’électricité qui circule : ce sont des transferts cross-frontière, une tarification politique et une dette qui refuse de vieillir proprement.
Voir la ficheArray Technologies
Le nom prête à confusion : ce n’est pas le fabricant canadien de cartes graphiques souvent cité par homonymie, mais Array Technologies, Inc.
Voir la ficheJindal India Thermal Power Ltd
Centrale à charbon de 1 200 MW au cœur de l’Odisha, bilan financier sorti de la zone rouge, vitrine renouvelable du groupe à cinq milliers de kilomètres du bilan carbone réel : Jindal India Power Ltd — anciennement Jindal India Thermal Power Ltd — incarne le paradoxe d’une Inde qui industrialise son électricité sur le charbon tout en capitalisant…
Voir la ficheSOS Energy Express
Diesel et GNC roulant sur l’asphalte, camions 4x4, contrats d’exclusivité : en Israël, S.O.S.
Voir la ficheSavoie Process
Ingénierie française à Lyon, où le flou artistique sur l’offre rime avec conseil subtil.
Voir la ficheINA
INA ne se confond pas avec l’Institut national de l’audiovisuel : ici, il s’agit d’Industrija nafte, le groupe pétrolier intégré de Croatie, filiale stratégique du MOL Group et pilier d’importance régionale.
Voir la ficheGujarat Mineral Development Corporation Limited (GMDC)
La Gujarat Mineral Development Corporation trace une trajectoire paradoxale : panneaux et éoliennes en façade, lignite et charbon à la pelle.
Voir la ficheVoltech Solar
Fabricant indien de panneaux solaires qui promet un avenir durable, du polycristallin à la couleur du panneau, pour illuminer votre conscience écologique avec style.
Voir la ficheGE Energy Financial Services
La transition ne se décrète pas : elle se finance.
Voir la ficheINSTITUTE FOR CORPORATIVE SECURITY STUDIES LJUBLJANA
Petit bureau de recherche de Ljubljana (Slovénie), officiellement l’Institute for Corporate Security Studies (en slovène Institut za korporativne varnostne študije), ICS n’est pas un producteur d’énergie : elle vit de expertises cyber, formations et pilotage européens sur réseaux et opérateurs essentiels, au coeur pourtant du pari « autres énergies » …
Voir la ficheCemento Andino
Cemento Andino n’est pas une start-up climat : c’est une marque phare du ciment péruvien portée par UNACEM Perú, au cœur d’un groupe verticalement intégré qui compte aussi une filiale hydroélectrique (Celepsa) et un maillage de distribution (Red Progrese).
Voir la ficheGuoneng Ningdong No.2 Power Generation Co Ltd
Au cœur du bassin houiller de Ningxia, Guoneng Ningdong No.2 Power Generation incarne la Chine des « meilleures » centrales à charbon : ultra-supercritique, refroidissement sec, hydrogen pilote.
Voir la ficheStadtwerke Rostock AG
Les Stadtwerke ne sont pas une start-up climat : ce sont le bras énergétique d’une ville hanséatique, tiraillé entre promesse de neutralité sur le réseau de chaleur à l’horizon 2035 et colère des abonnés qui comparent factures « flex » et offres nouveaux clients.
Voir la ficheEmerald Energy
Filiale hydrocarbures de Sinochem née d’une OPA londonienne de 2009, Emerald Energy plc incarne le pétrole « offshore paper, ops in the forest » : siège affiché à Londres, immatriculation à l’île de Man, et cœur de clash aujourd’hui dans le bloc Ombú — là où l’économie du brut heurte frontalement une aire protégée, des cours d’eau et un État qui parle…
Voir la ficheENERGIA PACIFICO S.A.
Pendant qu’ailleurs sur le Pacifique portent le même nom des stratégies gaz et GNL, Energía Pacífico S.A.
Voir la ficheChina Power International Development Guangzhou Development Power Group
La requête mélange deux bilans incomparables.
Voir la ficheEkovind AB
La fiche sectorielle « Ekovind AB » renvoie au même groupe que la société cotée qui s’affiche désormais sous la marque Eolus, avec le site eolus.com et une implantation suédoise à Hässleholm (répertoire The Wind Power).
Voir la fiche