Central Térmica Roca S.A.
Sous le soleil de la Patagonie nord, une centrale au gaz fait tourner les turbines — et la trésorerie tremble.
À propos de Central Térmica Roca S.A.
1. Modèle économique
Central Térmica Roca S.A. est une société de production électrique dont l’actif principal est une centrale à cycle combiné gaz/diesel de 190 MW à General Roca (province de Río Negro), commercialisée sous l’unité ROCATG01 depuis 2018 (fiche centrale Albanesi, fiche technique GEM). L’actionnariat est décrit comme 75 % Generación Mediterránea S.A. (GEMSA) et 25 % Tefu S.A. selon la même fiche sectorielle (structure du capital, GEM). Les revenus dépendent du marché de gros et des mécanismes régulés argentins, avec une exposition majeure à CAMMESA (administrateur du marché) et aux décisions de paiement de l’État — thème explicitement mobilisé dans la communication financière du groupe lors du non-paiement d’intérêts annoncé en lien avec les obligations 2031 (communication aux créanciers, avril–mai 2025). Au niveau du holding Albanesi, les communications consolidées citées en appui font état d’un EBITDA consolidé d’environ 182 M$ pour 2024 et d’une dette totale d’environ 1,5 Md$ au 31 décembre 2024 (résultats consolidés, mars 2025) — chiffres de groupe, non isolés à la seule CTR dans les extraits publics consultés. Le groupe indique en outre plus de 600 M$ d’investissements dans l’extension de capacités thermiques entre 2019 et 2024 (même communication 2025). Chiffre d’affaires et effectifs spécifiques à CTR : non retrouvés de façon fiable et isolée dans les sources consultées ; à manier avec prudence côté lecteur.
2. Impact réel
L’installation est exclusivement thermique : gaz naturel en base, diesel en secours/opération (mix combustible, GEM). L’empreinte climat est donc celle d’une production à flamme assurant la fiabilité du réseau, sans véritable composante renouvelable sur ce site. Mise en perspective européenne (utile pour un lecteur français sans l’ériger en norme argentine) : la PPE3 peaufine la trajectoire de réduction de la part des fossiles dans l’énergie finale (analyse PPE3) — à l’opposé d’un actif neuf centré sur le gaz. Pourcentage EnR, inventaire GES précis de la centrale, ou « CO₂ évité » : non documentés dans les extraits mobilisés ici ; en l’absence de bilan carbone site-by-site public, toute affirmation chiffrée serait spéculative.
3. Innovations / partenariats
Le principal « procédé » est le cycle combiné et la cogénération potentielle valorisée dans les fiches corporate du groupe pour ce type d’actif (page centrale). Sur le volet financement, le groupe a fait appel à des conseils (mentions de banques d’affaires dans le dossier de restructuration) dans le sillage du difficulté de trésorerie (annonce Albanesi IR 2025). Fin 2025–2026, la séquence d’offres d’échange de titres — visant notamment les 11 % Senior Secured 2031 contre de nouvelles échéances 2034/2036 — illustre un partenariat obligataire sous contrainte plutôt qu’un alliance industrielle « tech » (lancement d’échange, mai 2026). Brevets, start-up, contrats verts signés : rien de probant dans le périmètre public analysé pour CTR spécifiquement.
4. Greenwashing / zones grises
La triple tension documentée tient à la dette en dollars, au levier et à la dépendance publique. Moody’s Local, dans un rapport de notation daté février 2025, évoque un ratio dette/EBITDA estimé entre 9,0× et 10,0× pour 2024 pour CTR, ainsi qu’une couverture des intérêts projetée faible (1,0× à 2,0×) sur 2025–2027 (informe de calificación). Côté cash, l’État paie en retard : une note d’analystes/adjudication liée à CAMMESA et à la Résolution 58/2024 (modalités de paiement impliquant des titres souverains avec décote) est publiée par Banco Provincia (nota réglementaire, août 2024). Enfin, le non-paiement annoncé des intérêts sur les obligations 2031, puis l’offre d’échange de mai 2026, traduisent un risque de défaut récurrent et une recomposition de bilan aux créanciers, pas un simple « ajustement cyclique » (IR Albanesi 2025, PR Newswire 2026). Sur le volet discours RSE, le rapport de soutenabilité 2023 du groupe Albanesi permet de mettre en regard communication « ESG » et mix exclusivement fossile au niveau du site Roca (rapport RSE PDF) — l’écart narration / physique est le vrai sujet, plus que l’étiquette « greenwashing » invoquée sans preuve judiciaire.
5. Positionnement stratégique
CTR reste un levier de puissance réseau en Patagonie, là où la flexibilité gaz/diesel continue à monétiser la capacité dispatchable. Mais la stratégie financière est devenue prioritaire : allonger les maturités, étaler les coupons, sécuriser la liquidité face à des créanciers qui ont déjà vu un défaut de paiement d’intérêts en 2025 (IR 2025). Les projections d’EBITDA (le rapport de notation évoquait une cible de l’ordre de 250 M$ pour le groupe à horizon projeté dans le même document de 2025) conditionnent la marge de manœuvre (notation Moody's Local). Dans un monde où Paris serre la vis sur le thermique alors que Buenos Aires serre celle sur la trésorerie des producteurs, CTR illustre la double vulnérabilité géopolitique et climatique des actifs fossiles régulés.
Verdict WattsElse
Vous tenez une centrale au gaz qui marche — et une balance financière qui cogne : tant que l’État règlera ses factures en titre discounté et que la dette restera en dollars, l’électricité sort des câbles, mais la valeur pour l’actionnaire passe par le cabinet d’avocats plus que par le chef d’agrès.
Sources : albanesi.com.ar · gem.wiki · albanesi.com.ar · albanesi.com.ar · connaissancedesenergies.org · prnewswire.com · bancoprovincia.com.ar · bancoprovincia.com.ar · albanesi.com.ar
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