FOUNDATION FOR RESEARCH AND TECHNOLOGYHELLAS
Ce n’est pas une « scale-up » de plus : le Foundation for Research and Technology – Hellas, plus grand centre de recherche grec, pilote des centaines de projets européens sur l’hydrogène, les batteries ou la chimie avancée — tout en restant pris en étau entre ambition scientifique et blocages administratifs nationaux.
À propos de FOUNDATION FOR RESEARCH AND TECHNOLOGYHELLAS
1. Modèle économique
FORTH est une organisme public de recherche (pas une entreprise cotée) : ses ressources viennent du financement gouvernemental et de l’appel à projets compétitifs (programmes nationaux, Horizon Europe, mécanismes structurels européens). Selon les chiffres portés par l’institution, il compte dix instituts, 456 projets de recherche actifs et 1 679 personnes au 31 décembre 2025, dont la très grande majorité est scientifique ou technique (Facts & Figures FORTH). Sur la décennie 2016-2025, FORTH indique avoir capté plus de 450 M€ de financements cumulés pour ses activités de projets (vue d’ensemble projets FORTH). Aucun compte annuel « CA consolidé » de type industriel n’est, quant à lui, ressuscité dans les éléments consultés — ce qui est cohérent avec un modèle de gouvernance académique plutôt qu’industriel.
2. Impact réel
L’impact climat de FORTH est surtout indirect : il passe par des résultats de labo, des démonstrateurs et des livrables inscrits dans des objectifs européens (efficacité énergétique, électrification, hydrogène, etc.). Exemple : le projet EEETHOS, coordonné par l’Institute of Computer Science (ICS) de FORTH, vise des gains d’efficacité très élevés sur des fours industriels (acier, céramique, verre) dans une enveloppe de 18,44 M€ sur Horizon Europe (fiche EEETHOS). D’autres axes prolongent cette trajectoire — OPV sur substrats flexibles ou batteries — mais aucun agrégat public de tonnes de CO₂ évitées au niveau « groupe FORTH » n’a été trouvé : les ordres de grandeur carbone restent au niveau des filières et des sites pilotes, pas d’un bilan consolidé institutionnel publié.
3. Innovations / partenariats
Le spectre « autres énergies » se lit dans les instituts : à ICE-HT, on trouve des volets électrolyse SOE/hydrogène, combustibles de synthèse et matériaux pour batteries, par exemple NOAH2 (2,65 M€, jusqu’en 2026) (NOAH2), METHCESFUEL (3,99 M€, 2026-2029) et GReenBatt (0,28 M€, 2025-2028) listés avec d’autres projets (projets ICE-HT). Côté photovoltaïque organique, Flex2Energy vise une ligne automatisée jusqu’à fin 2026 (Flex2Energy). Pour le transport maritime et l’efficacité, FLEETFOR55 (0,82 M€, démarrage janvier 2025) associe notamment FORTH et la NTUA (FLEETFOR55). Enfin, CleanCloud (6,81 M€ au total de consortium, 2024-2027) illustre aussi le volet « climat système » au-delà de l’énergie (CleanCloud).
4. Greenwashing / zones grises
Ligne de fracture nationale : en 2025, la presse grecque documente une dérive autour d’enveloppes R&R de l’ordre de 300 M€ destinées à des programmes universitaires et de recherche, entre retards, évaluations contestées et menaces de recours — un signal direct sur la solvabilité d’exécution des grands dispositifs sur lesquels reposent aussi des partenaires comme FORTH (To Vima, 300 M€). Le blocage d’un programme (Trust in Our Stars, environ 80 M€) illustré par *Kathimerini* — aucun fonds décaissé neuf mois après des résultats provisoires et 203 recours en suspens — montre la fragilité procédurale des flux publics (programme ~80 M€ bloqué). Côté « exposition fossile », ce n’est pas une condamnation judiciaire mais un choix scientifique assumé : l’Institut de géoénergie de FORTH, héritier de l’ancien institut pétrolier, conserve explicitement un pôle « fossil fuels and carbon management » aux côtés de géothermie, hydrogène ou stockage — ce qui nuance toute lecture « 100 % sortie des hydrocarbures » du périmètre FORTH.
5. Positionnement stratégique
FORTH occupe une niche stratégique rare : hub multi-instituts capable de coordonner des grands projets européens (industrie lourde, mobilité, matériaux) tout en bénéficiant d’un reconnaissance d’État (fiche GSRI). La transition présidentielle en 2025 (succession évoquée dans les synthèses de gestion — Vassilis Charmandaris après Nektarios Tavernarakis) s’inscrit dans un moment où la guerre des procédures et la pression sur les fonds europea peuvent soit verrouiller soit accélérer les déploiements. Dans les sources françaises « classiques » type ADEME ou guides Connaissance des Énergies, aucune analyse dédiée à FORTH n’a été repérée : le positionnement se lit surtout à travers Bruxelles, les sites d’instituts et la presse gréco-anglophone.
Verdict WattsElse
FORTH est le sas européen par lequel la Grèce injecte de la technologie climat dans l’industrie — mais ses meilleurs projets Horizon Europe peuvent se retouver en sursis si l’État hellénique ne sécurise pas le flux du cash public.
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Sources : research-and-innovation.ec.europa.eu · forth.gr · main.admin.forth.gr · iti.gr · iceht.forth.gr · iceht.forth.gr · ltfn.gr · elke.ntua.gr · projects.au.dk · tovima.com · ekathimerini.com · ig.forth.gr · gsri.gov.gr · ademe.fr · connaissancedesenergies.org
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