Énergies renouvelables

Gangakhed Energy ltd

Pays réel : Inde (Maharashtra).

« Bagasse certifiée par l’ingénierie douteuse par la justice. »

À propos de Gangakhed Energy ltd

1. Modèle économique

Le cœur du modèle est un complexe canne–sucre–alcool–vapeur : l’apport énergétique au réseau repose sur la cogénération bagasse (biomasse solide issue du broyage de canne), calée sur la saison de broyage et sur la taille de l’outil sucrier. Selon la fiche projet consultée, l’usine vise une capacité de 6 000 TCD (tonnes de canne par jour) et une distillerie d’environ 60 KLPD, en parallèle d’une unité de 30 MW électriques. Les revenus combinent donc matières sucrières et spiritueux, recettes d’électricité et, selon les cas, mécanismes de marché carbone historiques (le dossier a aussi circulé dans le circuit CDM de l’ONU). Côté chiffres « corporate », les bases agrégées estiment un chiffre d’affaires de l’ordre de 377 crores ₹ pour FY25 et un capital social massif en roupies ; ces montants restent des estimations de plateforme, pas des comptes certifiés téléchargeables ici. L’effectif est généralement rangé dans la fourchette 501–1 000 personnes sur le site intégré, cohérente avec la taille d’un ICPP complet.

2. Impact réel

La cogénération à la bagasse déplace du charbon ou du gaz en bout de réseau lorsqu’elle exporte : GlobalData/Power Technology cite, pour l’actif, une production de 120 684 MWh/an et 150 029 tCO₂ « évitées » — chiffres issus du marketing de l’infrastructure, à lire comme ordres de grandeur de comptabilité carbone projet, pas comme audit indépendant. Techniquement, la fiche usine mentionne une chaudière haute pression (150 TPH, 540 °C, ~111 bar), signature d’un cycle thermique sérieux pour une unité sucrière. Pour le lecteur européen, l’enjeu méthodologique est le même que celui posé par l’ADEME sur les ressources biomasse limitées et hiérarchisées (synthèse « ressources et usages ») : ici la bagasse est un résidu captif de la canne, ce qui limite certains risques d’ubérisation des forêts vues en Europe, pas la question de gouvernance financière. Le contexte pays est, lui, celui d’une Inde qui peaufine ses engagements climat à l’horizon 2035, suivis par la correspondance AFP via Connaissance des énergies — où le rôle de l’électricité « non-fossile » reste dominé par le solaire, l’éolien et le basculement lent du charbon, pas par la biomasse sucrière isolément.

*(Correction: I typo'd the Power Technology URL - "gangakhess" should be "gangakhed". Fix it.)*

3. Innovations / partenariats

Le parcours « innovation » est surtout intégration industrielle : turboalternateur alimenté par la vapeur bagasse, contrat long pour l’écoulement du surplus. La même fiche centrale indique un PPA de 20 ans avec Reliance Energy Trading pour l’export hors autoconsommation — ancrage commercial décisif pour amortir la chaudière et le turbo. Côté réseau public, les listes maharastraises de cogénération bagasse avec la distribution MSEDCL confirment la logique « bioélectricité encadrée par tarif/EPA » propre à l’État. Aucune levée de fonds « VC » ni catalogue de brevets n’a été identifié dans les sources ouvertes ; la « tech » reste celle du groupe cogen sucrier éprouvé, pas celle de la batterie ou de l’hydrogène.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque n’est pas tant un slogan « net-zero » mal calibré qu’une cassure entre discours bas-carbone et intégrité financière. L’Economic Times rapporte qu’en décembre 2025, la Haute Cour de Nagpur a assorti une instance des 400 crores ₹ liés à une plainte CBI de prêt frauduleux contre le député Ratnakar Gutte — décision de procédure, pas acquittement au fond, mais signal lourd pour les banques créanciers. Par ailleurs, The Hindu Business Line documente l’accusation, côté ED, de 328 crores ₹ détournés via des prêts agricoles bidons au nom d’agriculteurs, dont certains décédés — mécanique de « blanchiment agricole » incompatible avec une transition « juste ». NDTV complète le tableau côté fraude bancaire (plainte CBI, ordres de grandeur 409 crores ₹). Enfin, la biomasse n’est pas un blason moral : même « propre » sur la flamme, elle peut masquer une captation de rente politique et une dépendance aux subventions céréalières/agricoles si les flux de crédit sont detournés — exactement le périmètre des enquêtes citées.

5. Positionnement stratégique

Gangakhed Sugar & Energy Limited joue un rôle de pilier régional dans le sucre maharastrien : éthanol (politique nationale d’adjuvant carburant), électricité d’appoint, emplois massifs. Stratégiquement, la valeur résiduelle tient au PPA long et à l’intégration verticale ; la fragilité, aux lignes de crédit et aux saisines judiciaires ED/CBI qui peuvent geler investissements ou refinancement. Regard français : la PPE 3 fixe nos arbitrages sur les EnR et le pilotage du mix ; elle ne régit évidemment pas Parbhani, mais rappelle que, côté lecteur européen, on juge une biomasse autant sur la durabilité physique que sur la transparence des flux financiers — second critère précisément mis en difficulté ici.

Verdict WattsElse

Treize ans après l’ère CDM, Gangakhed vend encore du courant « vert » à partir de la canne ; sauf que, en 2025, le signal de prix le plus lisible n’est pas le MWh, c’est le greffe — et là, les zéros comptent autant que les zéros carbone.

Sources : economictimes.indiatimes.com · infisolutions.org · cdm.unfccc.int · mycorporateinfo.com · indiamart.com · power-technology.com · power-technology.com · ademe.fr · connaissancedesenergies.org · mahadiscom.in · thehindubusinessline.com · ndtv.com · info.gouv.fr

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