Glötesvålen Vind AB
Glötesvålen Vind AB n’est pas une start-up scandinave anonyme : c’est la coque juridique, en Suède, d’un parc éolien de 90 MW qui alimente la comptabilité « vert » d’Ingka tout en nourrissant un bras de fer durable avec une sameby.
À propos de Glötesvålen Vind AB
1. Modèle économique
La société est une filiale dédiée à la production et à la vente d’électricité éolienne, dans le prolongement logique du géociblage Ingka (retail IKEA) vers les actifs EnR. Selon les agrégats comptables consultables sur Allabolag, Ingka AB détient 100 % du capital ; le siège social est rattaché au groupe Ingka à Stockholm, avec une activité explicitement tournée vers l’exploitation d’équipements éoliens. Le chiffre d’affaires 2024 s’établit à 164,5 MSEK (ordre de 15 M€ au change récent, sans valeur comptable officielle « maison mère » transposable ici). La marge opérationnelle brute reste soutenue : EBITDA ~35,6 MSEK, mais le résultat net après éléments financiers retombe à –24,5 MSEK — signe d’un levier financier ou de charges non opérationnelles qui mord sur un actif pourtant opérationnel depuis 2014 selon la fiche technique Global Energy Monitor. L’actif bilan avoisine 1,15 MdSEK, ce qui positionne Glötesvålen comme véhicule d’actifs immobilisés plutôt que PME agile ; la dépendance est celle du groupe Ingka (stratégie EnR, politique de dividende/intra-groupe, refinancement).
2. Impact réel
Le parc compte 30 turbines onshore pour 90 MW installés en Jämtland/Härjedalen (Global Energy Monitor) : en termes de MWh bas-carbone injectés sur le réseau suédois, l’impact climatique « classique » est réel et mesurable à l’échelle locale, même si un bilan carbone complet dépend du mix de référence et des données de production annuelle — non isolées publiquement pour cette SPV dans l’exercice qui précède cette fiche. Côté périmètre corporate Ingka, le rapport FY25 annonce 94,8 % d’électricité d’origine renouvelable pour la consommation du groupe et une réduction de ~70,6 % des scopes 1 & 2 par rapport à 2016 (rapport annuel FY25) ; ces ordres de grandeur situent Glötesvålen comme brique d’un portefeuille annoncé à 4,3 Md€ « investis ou engagés » fin mars 2026 dans les EnR (investissements EnR Ingka). Dans le cadre européen, la pression de déploiement des EnR reste structurelle : objectifs UE 2030 sur la part des renouvelables (objectifs 2030 Commission européenne) ; en parallèle, les frictions d’acceptabilité documentées par l’ADEME sur l’éolien terrestre rappellent que « vert » sur le papier réglementaire n’efface pas contraintes locales et paysagères — ce que la Suède traite aussi politiquement, avec des mécanismes d’incitation communale récents évoqués par Connaissance des énergies.
3. Innovations / partenariats
Il ne s’agit pas d’une fiche « deep tech » : l’innovation est financière et portefeuille. Ingka scale une pipeline EnR avec, côté communication 2025–2026, un cap 7,5 Md€ d’investissements pour viser 15 TWh de production renouvelable d’ici 2030 (communiqué stratégique 2025) — Glötesvålen fonctionne comme actif historique dans ce livre d’ordre. Côté opérationnel retail, l’objectif affiché de 60,1 % de livraisons domicile en véhicules zéro émission fin 2025 relie indirectement l’électricité « propre » aux chaînes logistiques du même groupe (même communiqué) ; la liste détaillée de partenariats spécifiques à la SPV n’est pas retracée dans les sources ouvertes au-delà du cadre Ingka.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le deni climatique, mais la ligne de crédibilité reporting : en 2025, l’analyse de presse spécialisée souligne qu’Ingka a retiré l’essentiel du détail Scope 3 de son rapport FY25 — catégorie qui représentait ≈98 % des émissions en 2024 — au motif d’un chantier CSRD (analyse Trellis) : à ce stade, le tableau carbone « complet » du retail IKEA côté consommation produits est plus difficile à auditer pour un lecteur extérieur. Sur Glötesvålen précisément, le terrain se joue au permis et aux droits des Sámi : la presse régionale rapporte qu’une étude de l’Université suédoise des sciences agricoles (SLU) conclut à des impacts négatifs sur une sameby voisine, avec une révision possible du titre autorisation selon un juriste environnemental cité (Tidningen Härjedalen) ; par ailleurs, Sveriges Radio documente des questions d’indépendance sur l’étude d’impact initiale liée à des liens financiers non déclarés de consultants (enquête radio). Enfin, la comptabilité de la SPV mêle rentabilité apparente opérationnelle et perte nette en 2024 (Allabolag) — utile à ne pas confondre avec « cash-flow vert » simpliste dans un débat public.
5. Positionnement stratégique
Glötesvålen incarne la tension caractéristique du nord européen : accélérer l’éolien dans un pays déjà dense en puissance au compteur habitant, tout en gérant conflits fonciers et autochtones. Pour Ingka, l’actif est pérenne dans le discours — portefeuille EnR massif, cibles 2030 publiées (communiqué stratégique) — mais juridiquement vivant si les autorités rouvrent la robustesse des autorisations. Dans un marché européen sous pression d’objectifs (Commission européenne) et d’acceptabilité (ADEME), le signal fort n’est pas un gadget tech : c’est la capacité d’un grand distributeur à tenir ses actifs « verts » sans perdre la bataille de la transparence Scope 3.
Verdict WattsElse
Glötesvålen, c’est le prototype de l’éolien « corporate » qui électrifie un bilan retail tout en exposant le groupe au risque réglementaire et réputationnel là où l’énergie renouvelable croise les droits ancestraux — et où une pause Scope 3 rappelle que le tableau carbone d’IKEA se lit encore au stylo bille de la maison mère.
Sources : allabolag.se · gem.wiki · ingka.com · ingka.com · commission.europa.eu · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · ingka.com · trellis.net · tidningenharjedalen.se · sverigesradio.se
Données clés
- Forme
- aktiebolag
Identifiants publics
- Wikidata
- Q113465939
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Petrolis Independents
Petrolis Independents n’est ni une start-up climat ni une major intégrée : c’est une chaîne catalane de stations « sous marque », née dans le sillage du procès et aujourd’hui coincée entre prix du brut, marge à la pompe et capital sympathie client.
Voir la ficheStora Enso Oyj Oulun tehdas
Oulun tehdas, c’est la grande usine finlandaise de Stora Enso Oyj sur la baie d’Oulu — pas un opérateur « électrique » au sens strict, mais un site où la décarbonation massive, la bioénergie et l’ambition éolienne du groupe font du mix bas-carbone une composante centrale de la rentabilité.
Voir la ficheImerys (Austria)
Imerys en Autriche n’extrait aucune vapeur géothermale ni ne couple sa production à un doublet géologique : Villach‑Landskron, héritage Treibacher, demeure un site d’abrasifs et de réfractaires à très haute température pour filières acier mondiales.
Voir la ficheSojitz Corporation;ENEOS Australia Pty Ltd
Deux géants japonais plantent leur drapeau EnR dans le Queensland : une centrale solaire géante en coentreprise, un pilote d’hydrogène vert banké sur Tokyo.
Voir la ficheAfrican Petroleum SA Group
Un distributeur de carburants africain qui carbure au diesel... littéralement.
Voir la ficheSolar Philippines Calatagan Cororation
Sur la côte de Batangas, une centrale photovoltaïque tourne depuis près d’une décennie.
Voir la ficheSapphire Wind Power Company Limited
Pas de mystère à résoudre : Sapphire Wind Power Company Limited (SWPCL), implantée dans la province du Sind au Pakistan, incarne cet énergéticien indépendant (IPP) qu’on retrouve partout où l’Europe veut faire entrer ses dollars « verts » alors que les recettes reposent encore sur une machine publique chaque année sous respirateur artificiel — et où la…
Voir la ficheTomás Hnos.
À « pays non précisé », mieux vaut préciser vite : nous parlons bien de Tomás Hermanos y Cía.
Voir la ficheOrient Power ltd
Identité : la raison sociale exacte « Orient Power Ltd » ne ressort pas comme dénomination cotée documentée dans les bases consultées ; le risque d’homonymie est réel (autres marques « Orient » dans l’énergie en Asie).
Voir la ficheLMS Energy Generation Pty Ltd
L’Australie continue d’installer des mégawatts sur des sites que personne ne veut voir sur une carte postale : les décharges.
Voir la ficheWekiwi
La filiale française du groupe italien Tremagi affiche en 2024 un redressement opérationnel rare sur un marché de l’électricité et du gaz sous pression — EBITDA positif, résultat net encore dans le rouge — tout en cumulant les signaux d’alerte des autorités : troisième « carton rouge » du Médiateur national de l’énergie pour le démarchage, amendes et taux…
Voir la ficheRed Eléctrica del Norte 2 S.A.
Filiale d’infrastructure née du rachat d’actifs miniers, REDENOR 2 fait circuler l’électricité du Nord chilien — là même où, en 2025, des volumes massifs d’énergies renouvelables sont « jetés » faute de réseau.
Voir la ficheHS Orka
Troisième producteur électrique d’Islande, HS Orka capitalise sur un mix 100 % hydro-géothermique et une grille dense d’entreprises dans son « Resource Park ».
Voir la ficheFVE Semanín Czech Republic
À Žďár nad Sázavou ou dans les médias français, on ne la croise presque pas — pourtant FVE Semanín Czech Republic incarne à elle seule une tranche d’histoire industrielle : la vague des projets photovoltaïques créés au creux de la crise financière, sous juridiction république tchèque (répertoire des sociétés).
Voir la ficheEDP
EDP n’est pas une start-up verte : c’est une majore électrique ibérique qui a parié sur l’éolien offshore (via Ocean Winds), les réseaux et l’hydrogène pour refermer une ère du charbon annoncée pour fin 2025 — tout en portant une dette nette d’environ 16 milliards d’euros et un redressement fiscal de 335 millions sur la vente de barrages.
Voir la ficheCarnegie EMC
Carnegie Clean Energy et sa filiale EMC vendent du renouvelable « bout en bout », mais la rentabilité reste une ligne presque invisible dans les comptes.
Voir la ficheSeplat Petroleum Development Company
** En un an, Seplat Energy est passée du statut d’indépendante ambitieuse à celui de géant domestique : intégration des actifs Exxon (MPNU), production qui flambe, dividende gonflé.
Voir la ficheCIIDG Erdos Hongjun Electric Power Co.
Elle porte un nom de holding et vit au rythme des torchères du littoral cambodgien.
Voir la ficheKeropetrol
Distributeur historique lombard, Keropetrol a bâti sa croissance 2023-2024 sur un empilement de réseaux (Butangas, AVIA) et sur la revente de produits pétroliers, tout en saupoudrant d’électricité, de GPL et de toitures solaires.
Voir la ficheNeste Oil Oy
Originaire du raffinage fossile à Porvoo, la Neste Oyj — l’ancienne Neste Oil — incarne à Espoo une trajectoire à deux vitesses : le marché la rêve en pure player des carburants d’aviation durables, les comptes confirment encore une part massive de produits pétroliers et de marges de raffinage, quand des enquêtes journalistiques pointent des incohérences…
Voir la ficheSISTEMAS ENERGETICOS VALLE DE SEDANO S.A.U.
Filiale espagnole du périmètre d’Acciona Energía, Sistemas Energéticos Valle de Sedano S.A.U.
Voir la ficheChina General Nuclear Power Group
Le China General Nuclear Power Group incarne l’industrie nucléaire d’État chinoise : un géant de Shenzhen, sous la tutelle de la SASAC, à la pointe d’un des plus grands parcs mondiaux, mais pris en étau entre baisse des prix de l’électricité, assise renouvelable massive et verrou occidental sur l’avionique stratégique.
Voir la fiche