GMV
Le siège est à Tres Cantos (région de Madrid) : c’est bien le groupe technologique espagnol GMV de Q1550912, capital privé depuis 1984, et non un homonyme industriel.
À propos de GMV
1. Modèle économique
GMV est un groupe de services et de produits à haute intensité de R&D, structuré autour du spatial, de la défense, des systèmes critiques et du numérique industriel, avec une internationalisation marquée : la communication corporate indique environ 75 % de revenus à l’international et près de 4 000 professionnels (présentation du groupe). Pour 2024, la même source publie un revenu total de 454,50 M€ et un EBITDA de 30,94 M€ (présentation du groupe). En 2023, le rapport annuel PDF rapportait un chiffre d’affaires supérieur à 384 M€, une marge opérationnelle en nette progression et un carnet de commandes structurellement gonflé (voir section 4). La dépendance aux grands donneurs d’ordre européens — ESA, EUSPA, programmes Copernicus et Galileo — est au cœur du modèle : le site « Space » positionne explicitement GMV après Airbus, Thales Alenia Space, Ariane, Leonardo et OHB dans le classement industriel européen du secteur spatial (secteur Spatial), ce qui résume à la fois la solidité technologique et la sensibilité aux cycles budgétaires de l’UE.
2. Impact réel
Sur le plan climat, l’impact direct de GMV n’est pas celui d’un opérateur électrique : il se lit dans la fourniture de données et de services d’observation de la Terre utiles au suivi environnemental et au pilotage des politiques publiques, dans la lignée des usages documentés autour de Copernicus (observation de la Terre). CôtSite, le groupe met en avant une vérification des émissions de GES selon UNE-ISO 14064-1:2006 et le fait que ses installations en Espagne sont alimentées en électricité d’origine renouvelable (RSE – environnement), complété par des certifications ISO 14001 et ISO 50001 sur la page durabilité (durabilité). Dans les rapports 2023, l’entreprise indique par ailleurs consacrer 10 % de son chiffre d’affaires à la R&D (rapport annuel PDF 2023). Pour la France, aucune fiche ADEME ou article de type Connaissance des Énergies centré sur GMV n’a été repéré dans la veille réalisée ici : l’articulation avec le PPE 2026–2035 reste indirecte, via la souveraineté des données climatiques et la modernisation des réseaux, plutôt que via des actifs de production français.
3. Innovations / partenariats
Le catalogue public insiste sur le segment sol « numéro 1 européen » et sur des rôles de sous-traitant principal pour Galileo et des centres de services GNSS (secteur Spatial). Sur Copernicus, GMV annonce un mandat de développement et de maintenance des fonctions de planification de mission pour les futures missions d’extension CRISTAL et ROSE-L (communiqué Copernicus). Le quarantième anniversaire a été l’occasion de mettre en scène plus de 3 000 employés réunis à Madrid autour d’une narration « innovation » (40 ans). Attention à ne pas confondre avec la filiale GreenPowerMonitor parfois citée dans l’écosystème EnR : les annonces sur Equinor et GPM Horizon concernent un autre périmètre (actualité GPM) et ne doivent pas être fusionnées avec les comptes du groupe mère traité ici.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier écart tient au pléonasme « vert » des sites : la communication met en avant l’électricité renouvelable en Espagne et les ISO, ce qui parle des scopes opérationnels des bâtiments, pas de l’empreinte induite par l’ensemble des chaînes d’approvisionnement et des usages clients (Scope 3), sur lesquels les PDF publics vus ici restent moins opérants pour le lecteur non expert. Deux chiffres du rapport annuel PDF 2023 recadrent le discours « pépinière durable » : d’une part, un carnet de commandes équivalant à 1,72 fois le chiffre d’affaires, soit plus de 662 M€ engagés, ce qui magnifie la visibilité mais amplifie le risque d’exposition aux retards, déscopes budgétaires ou retournements politiques des programmes publics européens ; d’autre part, un taux de rotation du personnel de 10,13 % en 2023, signal social plus prosaïque que les tableaux de bord carbone. Enfin, GMV commercialise explicitement des applications d’observation satellite pour le secteur pétrolier et gazier (veille pétrole & gaz) : la transition peut être « assistée par la donnée », mais le compte d’exploitation ne publie pas, dans les sources consultées, une ventilation du chiffre d’affaires « fossile » versus « climat ».
5. Positionnement stratégique
GMV capitalise sur la reconquête industrielle spatiale de l’UE et sur la demande de souveraineté numérique : les budgets Copernicus et Galileo, ainsi que les volets défense, structurent une trajectoire de croissance compatible avec celle observée entre le palier 2023 (~384 M€) et le revenu total 2024 (454,50 M€) (rapport annuel PDF 2023, présentation du groupe). La stratégie consiste à monter en gamme sur les segments à forte valeur (mission planning, sol spatial, cybersécurité) tout en conservant une image RSE crédible sur le périmètre des sites. Pour un média énergie-climat, la question n’est pas de « greenwasher ou pas » au sens juridique, mais de savoir si la classification sectorielle reflète le cœur du risque : ici, le risque est macro-budgétaire et géopolitique autant que carbone.
Verdict WattsElse
GMV est un baromètre du spatial européen plus qu’un acteur de la transition électrique : il rend le climat observable, pas décarbonable à lui seul. La formule qui résume l’écart : « satellite vert, modèle gris » — vert sur le Scope 1–2 des bureaux ibériques, gris sur la profondeur du Scope 3 et sur la part des revenus liés aux infrastructures fossiles que les rapports ne isolent pas.
Sources : wikidata.org · gmv.com · gmv.com · gmv.com · gmv.com · gmv.com · gmv.com · info.gouv.fr · gmv.com · gmv.com · greenpowermonitor.com · gmv.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Aban Offshore
Multinationale indienne du forage offshore, Aban Offshore incarne le contre-pied d’une « transition » narrée : ses revenus tiennent à la location de plates-formes pour des majors et surtout pour l’étatique ONGC, pendant qu’une procédure d’insolvabilité (CIRP) et des créances bancaires colossales tordent le cou à toute légende de stabilité.
Voir la fichePetrolina
Le distributeur cypriote s’est offert l’ex-réseau ExxonMobil sur l’île pour 45,1 M€ en janvier 2026, au terme d’un feuilleton concurrentiel.
Voir la ficheFezero
Aucune société « Fezero » n’émerge clairement des registres ou de la presse spécialisée — sous cette graphie exacte — dans les énergies renouvelables sur 2024-2026.
Voir la ficheEDF Renewables
Filiale à 100 % du groupe EDF, ancrée à La Défense et née en 1990 au tournant des premiers grands projets éoliens, EDF Renewables — aussi présentée comme EDF Renouvelables ou EDF Power Solutions sur le marché des services — incarne le bras armé marchand des renouvelables du groupe nationalisé.
Voir la ficheZhejiang Zheneng Taizhou No.2 Power Generation Co Ltd
À Sanmen, la filiale de production d’Zhejiang Zheneng Electric Power boucle l’ère des deux tranches d’1 GW en ultra-supercritique à double réchauffage : l’investissement se justifie par la sécurité d’approvisionnement de la province, mais le bilan carbone reste celui d’un actif charbon massif, décoré d’EnR et de stockage à l’échelle du site.
Voir la ficheSinloc SpA
Pilier peu médiatisé hors d’Italie, Sinloc SpA (raison sociale Sistema iniziative locali) conjugue conseil financier aux territoires, structuration PPP et participations directs via sa filiale Sinloc Investimenti SGR — un modèle où le « vert » passe autant par l’investissement foncier en photovoltaïque que par les communautés énergétiques et les appels…
Voir la ficheCI-ENERGIES (Côte d'Ivoire Energies)
Gardienne du courant ivoirien, pilotant l’ombre électrique du pays avec un sens certain du timing hydraulique – et un brin de bureaucratie nationale.
Voir la ficheLikewatt
Deeptech française qui joue aux experts du solaire pour booster l'autoconsommation, avec un logiciel qui calcule mieux que votre calculette.
Voir la ficheGlimminge Vindsamfällighetsförening
Quand la coopérative Glimminge Vindsamfällighetsförening naît dans le registre du sud de la Suède, l’Europe apprivoise encore lentement ses premiers MW d’éolien terrestre.
Voir la ficheMcGill University
Créée en 1821, l’Université McGill incarne au centre-ville de Montréal (Québec, Canada) une institution de recherche-masse dont le siège géographique classe mal l’endettement climat dans les manuels industriels : elle le vit surtout par ses bâtiments, ses déplacements et surtout les choix du McGill Investment Pool (MIP).
Voir la ficheDomosolaris
Spécialiste français des maisons autonomes en énergie, Domosolaris transforme les toits en mini centrales solaires, histoire de vous faire oublier EDF… ou presque.
Voir la ficheAmerican Public Power Association
L’American Public Power Association (APPA) est la voix organisée des distributeurs et producteurs électriques à but non lucratif détenus par les communautés aux États-Unis — pas un opérateur unique, mais le hub qui structure défense des intérêts fédéraux, données sectorielles et standards pour quelque deux mille services et plus de cinquante millions de…
Voir la ficheKoç Holding Enerji Grubu
Le pôle énergie du groupe Koç n’est pas une « pure player » des renouvelables : c’est un empire turc du pétrole raffiné, du GPL et des stations-service, qui injecte des milliards dans l’électricité bas-carbone via Entek.
Voir la ficheXekaman 3 Power Company Limited
Le barrage hydroélectrique Xekaman 3 (Laos), porté juridiquement par Xekaman 3 Power Company Limited, a refait passer du courant côté viêtnamien après une panne géante sur la conduite forcée.
Voir la ficheParque Fotovoltaico Chépica
Ce n’est ni une licorne ni un slogan : un petit parc solaire au cœur du Libertador General Bernardo O’Higgins, calibré pour le segment PMGD, avec une fiche technique précise et un suivi environnemental public.
Voir la ficheBarrick Gold
De « Barrick Gold » à Barrick Mining Corporation (avril 2025), le groupe canadien bascule le récit : moins d’or pur sur la plaque, plus de cuivre et d’électricité « propre » sur les sites.
Voir la ficheCLPU
À Salamanque, le Consorcio del Centro de Láseres Pulsados (CLPU) incarne une infrastructure scientifique à l’intersection de la physique extrême, de la fusion par laser et, de plus en plus, des programmes européens de défense.
Voir la ficheSiirt Çimento
Usine cimentière ancrée à Kurtalan, face au sud-est anatolien, « Siirt Çimento » porte aujourd’hui le pavillon Limak : même site, autre signal — un parc photovoltaïque qu’on grossit pour absorber la facture électrique et l’empreinte, pendant qu’à l’échelle du groupe, le charbon et la controverse Akbelen rappellent le prix politique et réputationnel de la…
Voir la ficheHELLENIC PASSIVE HOUSE INSTITUTE
** Loin du fantasme de la « smart city » vide, l’Hellenic Passive House Institute (ΕΙΠΑΚ) ancre la transition dans l’enveloppe des bâtiments : rénovations profondes, certification PHI, projets européens et pilotes à Athlènes où la technique rencontre la précarité énergétique record.
Voir la ficheDow Chemical
L’entreprise que vous voyez passer comme « industrielle », c’est en réalité un arbitre géant entre charbonnieres fédérales, marchés mondial du gaz et usages en plastique.
Voir la ficheENERGIAS RENOVABLES DE IXION, SL.
Une SL madrilène au nom mythologique, enregistrée comme productrice d’électricité, mais presque absente des radars : pas de vitrine web identifiée, peu de traces médiatiques, et des agrégats comptables qui dessinent une trajectoire commerciale sous tension.
Voir la ficheVattenfall Europe New Energy Ecopower GmbH
Une GmbH allemande au nom long de prospectus n’est plus un sujet de bilans séparés : Vattenfall Europe New Energy Ecopower s’inscrit dans l’histoire d’un holding « new energy » à Hambourg, puis dans la consolidation des filiales Renewables du groupe suédois.
Voir la ficheFerndale Refinery
Installée depuis 1954 sur la zone industrielle de Cherry Point à Ferndale (État de Washington), la Ferndale Refinery de Phillips 66 est un carrefour gazole–essence du Nord‑Ouest pacifique américain : quelque 105 000 barils par jour de tout venant brut, un indice Nelson de 7,7 et une déclinaison d’installations complexes (distillation craquage FCC…
Voir la fiche