TIRME
Sur Majorque, TIRME concentre déchets, électricité et politique publique dans un même creuset : un parc technologique centré sur l’incinération de Son Reus, des centaines de milliers de tonnes traitées chaque année, et des flux de fonds publics qui structurent le tarif d’élimination.
À propos de TIRME
1. Modèle économique
TIRME est le pivot opérationnel de la gestion des déchets urbains à Majorque, avec une chaîne industrielle où l’incinération avec valorisation énergétique (UVE) est un relais financier majeur via la vente d’électricité. Dans sa mémoire de durabilité 2023, l’entreprise publie un chiffre d’affaires de 122 364 679 € et un EBITDA de 52 005 798 € pour 2023, avec 289 salariés et 329 810 MWh d’énergie produite en lien avec l’incinérateur (les séries et périmètre exacts figurent dans le document). La presse locale évoque 38 MW de puissance nominale en UVE et 650 000 t/an de déchets traités à Son Reus (visite chez TIRME). Le cadre contractuel est celui d’une concession longue : le profil Bloomberg mentionne une exclusivité sur Majorque jusqu’en 2041, ce qui cristallise la dépendance institutionnelle réciproque (île, communes, insulaire). Les recettes ne sont pas « purement marchandes » : le Consell a débloqué des enveloppes massives pour éviter une brutale remontée du tarif d’incinération — la presse relève 43 M€ de soutien public pour figer une trajectoire tarifaire qui aurait pu doubler (subvention de 43 millions), et une modification de crédit d’environ 19 M€ fin 2024 pour caler la facture résidus (dont une ligne tarifaire organique).
2. Impact réel
L’activité évite mécaniquement l’envoi à l’enfouissement d’une grande partie du flux urbain lorsque tout est dirigé vers des filières thermiques ou matières : dans la communication groupe, « zéro décharge » désigne une ambition de traitement systématique matière ou énergie (politiques RSE groupe). Côté atmosphère, pour 2024, la déclaration de conformité de la Communauté autonome ne relève aucun dépassement réglementaire des seuils suivis (NOx, SO₂, CO, etc.), avec 63 inspections administratives positives synthétisées dans le dossier officiel (déclaration atmospheric Son Reus 2024). Sur le fond climatique, ce n’est pas une production « verte » au sens biocarbone pur : selon les éléments publics disponibles pour ce site précis (pas publiés en détail sous forme bilan GES complet dans les extraits consultés pour cette fiche), l’empreinte résiduelle passe par les émissions d’installation, la qualité du flux entrants (plastiques, mouillage) et, demain, l’articulation européenne autour du suivi fossile/non fossile dans les UVE. Pour cadrage sectoriel, l’ADEME rappelle que l’incinération peut coupler traitement sanitaire et récupération d’énergie, sous contraintes techniques et réglementaires (fiche méthodo incinération), tandis que l’architecture européenne pousse encore le filet réglementaire sur les grosses combustion/déchets (synthèse EUR-Lex).
3. Innovations / partenariats
TIRME accélère aussi sur la digestion : la Phase III à Marratxí est présentée avec 6,7 M€ cofinancés par les fonds européens Next Generation EU, capacité étendue jusqu’à 94 000 t/an de biodéchefs selon les barèmes projet annoncés sur le corporate (phase III métanisation). Sur l’efficacité de site, un volet d’éclairage LED à la centrale de valorisation est documenté avec objectifs d’économies d’énergie sur le corporate (éclairage LED Son Reus). Ce n’est pas une « licorne greentech », mais un renforcement d’actifs existants — digesteur, captage de biogaz, travaux d’enveloppe — pour coller à la collecte sélective et aux objectifs d’économie circulaire affichés par la politique insulaire.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de discours « trop propre » est structurel : quand 43 M€ de soutien public deviennent la condition pour ne pas exploser le tarif résidus, un opérateur peut présenter un bilan opérationnel solide alors que son équilibre tient aussi à une manne budgétaire — la démonstration est dans la même séquence médiatico-politique que les critiques parlementaires de la transparence de la négo avec le Consell (Europa Press PSIB–subvention). Deuxième zone grise, plus terrain : fin janvier 2025 le syndicat CCOO porte plainte sur des fuites de cendres et un sous-maintenance présumée à Son Reus, avec réponse très ferme du groupe qui conteste (« fausses » allégations) et met en avant des milliers d’ordres de maintenance annuels (article d’investigation DM, contre‑argument TIRME). Troisième tension documentée avec un angle chiffré : contre l’importation de déchets d’Ibiza pour alimenter Son Reus, le GOB estime que l’excédent de mise en décharge « scories/cendres cimentées » aurait horizon 2034 si l’île augmente encore l’incinération hors besoin local majorkin, et cite l’ordre de grandeur « ~30 % » du tonnage incinéré sous formes résiduelles à stocker (contre l’importation, écho DM).
5. Positionnement stratégique
À l’échelle européenne, les UVE de déchets se rapprochent encore du microscope carbone : suivis d’émissions fossiles, trajectoire possible vers les marchés quotas selon analyses spécialisées (note AMORCE sur ETS UVE). Pour TIRME, l’« avantage positionnel » réside dans l’enchâssement géographico-contractuel : infrastructures amorties‑en‑construction, concession longue jusqu’aux années 2040 (Bloomberg), diversification digestère/organique contre un modèle encore trop « brûler pour tenir ». Le jeu politique avec les mairies reste cependant sous tension : la presse allemande‑locale sur place évoque des 70 M€ d’arriérés municipaux cumulés fin 2024 dont une part très lourde pour Palma, ce qui rattache encore la santé financière du service à une bonne discipline de recouvrement local (Mallorca Magazin corporate).
Verdict WattsElse
À Majorque, TIRME n’est pas seulement un producteur d’électricité : c’est un opérateur de réseau urbain où le prix des déchets et le prix du courant sont cousus ensemble — et où la parole « sans dérive réglementaire sur les cheminées » coexiste avec des alertes syndicales sur les poussières et avec des ONG qui comptent déjà jusqu’à la date de fermeture de la géologie des cendres.
Sources : tirme.com · mallorcamagazin.com · bloomberg.com · 2024.emallorcaexperience.ultimahora.es · arabalears.cat · caib.es · prod-basecarbonesolo.ademe-dri.fr · europa.eu · tirme.com · tirme.com · europapress.es · diariodemallorca.es · diariodemallorca.es · gobmallorca.com · diariodemallorca.es · amorce.asso.fr
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q1049312
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Parque Solar Jotabeche SpA
Le parc photovoltaïque Jotabeche illustre le paradoxe des EnR au Chili : une centrale en service dans l’un des meilleurs gisements solaires de la planète, accrochée à un régime (Petits moyens de génération distribuée, PMGD) précieux — mais tenu par une coquille juridique happée, en 2025, par la crise financière de sa maison mère tchèque.
Voir la ficheBoostherm
Une PME juridiquement française, ancrée en Bourgogne, s’est taillée la niche où le froid commercial devient gratuitement une source d’eau chaude ; les comptes 2024 la montrent résiliente, mais elle navigue sous un quasi-homonyme boursier et sous le parasol réglementaire des CEE — sans qu’« Alger » trouve aucun pied d’egalité dans les documents retrouvés.
Voir la ficheJSC Ekibastuzskaya GRES
Le nom JSC Ekibastuzskaya GRES renvoie, dans les sources industrielles et financières kazakhes, au complexe thermique d’Ekibastuz (région de Pavlodar), structuré surtout autour de GRES-1 (filiale de Samruk-Energy) et de GRES-2 (coentreprise étatique).
Voir la ficheBitumount
Avant Syncrude et le skystrip minier, il y a eu le hangar, la fosse chaude, la rivière.
Voir la ficheUlster
Ici, « Ulster » n’est ni une filiale cotée ni une holding unique : dans le secteur cache « Autres énergies », le nom recouvre surtout une constellation nord-irlandaise — mega-vallée hydrogène B9 / stockage Islandmagee, biométhane et finance verte, recherche (Ulster University) — qui promet des chiffres à neuf zéros tout en butant sur le droit maritime, la…
Voir la ficheShaanxi Guohua Jinjie Energy Corp
Centrale charbon titanesque sur la bordure désertique du Shaanxi, Shaanxi Guohua Jinjie Energy Corp.
Voir la fichePt Newmont Nusa Tenggara
Le référentiel WattsMonde vous classe en « production électrique » : en réalité, PT Newmont Nusa Tenggara est d’abord une légende d’exploitant minier indonésien — aujourd’hui PT Amman Mineral Nusa Tenggara (AMNT) sur Wikidata comme sur le terrain — dont la « transition » se lit MW par MW : charbon en retrait, 450 MW au gaz en construction, 26,8 MW de…
Voir la ficheSonatrel
La Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel) est le réseau qui doit faire circuler au Cameroun le « gros morceau » hydro du moment : le 420 MW de Nachtigal.
Voir la ficheEnerjisa Elektrik
Dans vos bases, l’entrée « Energisa Elektrik » apparaît côté Pétrole & Gaz, pays non précisé : après recoupement des sources ouvertes, il s’agit quasi sûrement d’ Enerjisa Enerji A.Ş.
Voir la ficheTrollenäs Lantmannaaffär AB
Succursale agricole de la Scanie, Trollenäs Lantmannaaffär AB vend certes pellets et HVO, mais demeure surtout un comptoir d’intrants et de carburants où le fossile tient encore le haut du panier.
Voir la ficheOOO NOVO-RJaZANSKAYA TEZ
La Novo-Ryazanskaya TETS n’est pas une « boîte à pétrole » au sens strict : c’est une TCH (générateur vapeur) qui tient une part décisive du chauffage urbain et de l’électricité locales, tout en servant d’épine dorsale industrielle à la raffinerie voisine.
Voir la ficheALCO Controls
La marque ALCO Controls ne vit plus en start-up agitée : elle est une ligne de catalogue au sein de Copeland, maison rachetée par Blackstone après le démantèlement total du lien avec Emerson.
Voir la ficheChacabuco Solar SpA
Le nom évoque un véhicule chilien classique des photovoltaïques — la SpA (sociedad por acciones) — et une géographie densément peuplée de projets autour de Chacabuco et de la région métropolitaine de Santiago.
Voir la ficheJoule Power
Le nom « Joule Power » sonne universel — mais il recèle deux réalités géographiques distinctes.
Voir la ficheIsiegården Vind AB
Isiegården n’apparaît pas comme une « success story » racontable en conférence : une seule turbine ancienne, un nom quasi introuvable dans les bases « corporate », et autour, un pays déjà en pleine mue technologique.
Voir la ficheChangzhou Zhongtian Iron&Steel Co
Le nom « Zhongtian » renvoie à une filiale sidérurgique de Changzhou intégrée au géant Zenith Steel (Zhongtian).
Voir la ficheEnergaas Renovables del Bierzo
Le nom anglicisé Energaas sur les bases éoliennes recouvre en réalité Energías Renovables del Bierzo (ERBI), une pièce du puzzle Erbienergía / Lamelas Viloria, ancré à Ponferrada.php).
Voir la ficheEnergy Developments LFG (Qld) Pty Ltd
Sur le papier, c’est une ligne du tableau énergies renouvelables ; sur le terrain australien, c’est souvent une plaque juridique : la filiale LFG du Queensland qui capte le méthane des décharges pour des centrales distribuées, puis le rattache à un groupe qui parie massivement sur l’hybride — EnR assorti de moteurs gaz/diesel et de gaz de mine.
Voir la ficheAlianza Petrolera Argentina S.A.
Opérateur indépendant argentin dont le nom officiel cadre avec le fichier Alianza Petrolera Argentina S.A.
Voir la ficheUNIVERSIDAD DE ALICANTE
L’université publique de la Communauté valencienne joue sur deux temporalités : déployer du photovoltaïque à la hauteur d’une petite ville, tout en publiant une courbe d’émissions organisationnelles qui fait taire les Scope les plus bruyants — mobilités et achats.
Voir la ficheShell Czech Republic
La filiale tchèque de Shell ne vend pas du « pétrole propre » : elle tient un réseau d’avitaillement où diesel, essence et lubrifiants financent encore l’essentiel du compte, tout en empilant les offres bas-carbone pour le fret et l’électrique.
Voir la ficheAstonfield Management Limited
Le nom Astonfield Management Limited circule comme porte-drapeau financier-transfrontalier du groupe Astonfield dans les renewables, distinct d’homonymes type « Aston Fields Management » au Royaume-Uni.
Voir la ficheIritaly Trading Company
Une SRL romaine créée en 2016 coordonne une arène scientifique européenne autour du CO₂ et du solaire chimique, jusqu’à figurer dans une publication Nature Energy en tout début 2026.
Voir la ficheMagnolia Petroleum Company
Le nom Magnolia Petroleum Company renvoie à une grande maison américaine disparue depuis 1959 — alors que tous les graphes financiers qui circulent aujourd’hui sous le titre « Magnolia » concernent Magnolia Oil & Gas (NYSE : MGY), un producteur américain très actif.
Voir la fiche