GNL Mejillones
Terminal méthanier au nord du Chili, GNL Mejillones (GNLM) relie les cargaisons mondiales de GNL aux mines et aux centrales qui synchronisent la grille dans une région où chaque mégawatt compte.
À propos de GNL Mejillones
1. Modèle économique
GNL Mejillones est une société de terminalisation et de regazéification : elle achète ou contractualise des flux de GNL, les stocke puis les vaporise pour les injecter dans les réseaux et usages industriels du nord chilien — une fonction proche des réseaux et de la distribution de gaz dans une économie dominée par le cuivre et l’électricité. L’actionnariat est clairement identifié : 63 % Engie, 37 % GNL Ameris IPM (véhicule lié à Ameris Capital), après la vente par Codelco de sa part pour 193,5 millions de dollars en 2019 (vente de participation par Codelco, présentation « Somos GNLM »). Les revenus agrégés du groupe Engie Energía Chile — dont ce terminal n’est qu’un maillon — ont atteint 1 836 M$ de chiffre d’affaires et 515 M$ d’EBITDA en 2024 (rapport consolidé décembre 2024) ; le chiffre d’affaires spécifique de GNLM n’est pas isolé dans ces publications publiques. Fin 2023, 73 collaborateurs directs sont recensés dans la démarche « Sumando Valor» (fiche entreprise 2023). La capacité opérationnelle de regazéification citée pour le terminal est d’environ 5,5 millions de m³/j avec perspectives d’extension (profil d’entreprise).
2. Impact réel
La combustion finale du gaz livré domine l’empreinte climatique systémique — hors périmètre direct du terminal — mais l’inventaire publié du périmètre opérationnel de GNLM pour 2023 annonce 30 473,55 tCO₂e (synthèse du rapport intégré). Le projet solaire Inti Nuna est mis en avant pour une baisse de 17,4 % des émissions de GES sur la première année d’exploitation, et une réduction liée au procédé de vaporisation (même source). Sur un plan comparatif européen — utile pour le lecteur français sans équivalence locale — les travaux de prospective sur les filières gaz et liquides insistent sur les arbitrages structurels pour une neutralité carbone (Transitions 2050 – filière gaz, ADEME) : Mejillones incarne le débat entre substitution au charbon et maintien d’actifs gaziers.
3. Innovations / partenariats
Le carnet de projets affiche une quatrième unité de regazéification visant 8,25 millions de m³/j (+50 % vs situation actuelle selon la présentation du projet) et un second réservoir, avec une fenêtre d’exécution d’environ deux ans après décision d’investissement finale (page projets, fiche projet BNamericas). Sur la chaîne aval, Engie Energía Chile annonce 75 M$ pour reconvertir la centrale IEM (377 MW) du charbon au gaz, avec entrée en service visée au 1ᵉʳ juillet 2026, et la déconnexion définitive des unités charbon CTM1 et CTM2 (711 MW) au 31 décembre 2025 (présentation 12 mois 2024, communiqué sortie du charbon). Les flux d’export vers l’Argentine via NorAndino sont signalés dans les profils sectoriels (profil BNamericas).
4. Greenwashing / zones grises
Le tableau SNIFA recense 114 dossiers de suivi environnemental et trois inspections majeures (dernière mise à jour consultée en mai 2025), avec aucune sanction active à cette date — ce qui n’efface pas la densité réglementaire du site (fiche unité fiscalisable). La transition « charbon → gaz » validée par la CNE via la résolution n°117 de mars 2024 (note de presse CNE) prolonge 377 MW de flexibilité fossile alors même que le terminal prévoit +50 % de capacité de regazéification (page projets) : le risque de verrouillage infrastructural gazier est tangible, au-delà du vocabulaire « net zero » du groupe. Enfin, l’adhésion à l’OGMP 2.0 en 2024 vise la transparence sur le méthane (article Region2), mais la littérature publique accessible ne détaille pas ici les flux de fuite au niveau Scope 3 : une zone grise à suivre dans les prochains inventaires.
5. Positionnement stratégique
GNLM se présente comme infrastructure critique pour sécuriser le gaz du nord chilien et accompagner la fermeture du charbon à Mejillones, tout en capitalisant sur la demande minière et les échanges transfrontaliers (profil BNamericas). La croissance des capacités de regazéification et le train supplémentaire dessinent une trajectoire d’actif long, calibrée sur la flexibilité système plutôt que sur une phase-out gaz rapide (page projets). Pour Engie, Mejillones demeure un levier de résultats : les agrégats 2024 du périmètre chilien montrent une rentabilité soutenue (rapport consolidé décembre 2024).
Verdict WattsElse
GNL Mejillones joue la carte de la fiabilité industrielle et du présent climatique crédible (baisse d’émissions sur site, méthane sous pilier international), mais son plan d’extension (+50 %) place la suite du récit sous tension : substituer le charbon sans préparer la sortie du gaz serait déjà demain un paradoxe nord-chilien.
Sources : codelco.com · gnlm.cl · engie.cl · sumandovalor.cl · bnamericas.com · region2.cl · librairie.ademe.fr · gnlm.cl · bnamericas.com · engie.cl · engie.cl · snifa.sma.gob.cl · cne.cl
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