GOIMEK
Coopérative d’usinage de précision et de grande dimension à Itziar (Gipuzkoa, Espagne), Goimek se revendique comme un maillon technique de l’éolien, entre aérospatial, biens d’équipement et naval.
À propos de GOIMEK
1. Modèle économique
Goimek vend du service d’usinage à forte valeur ajoutée — fraisage, enlèvement de matière sur pièces imposantes, traitements thermiques associés selon les segments — pour des donneurs d’ordre dans l’éolien, l’aéronautique, les biens d’équipement et la construction navale ; la densité technique et la certification client priment sur un produit de masse. Fin 2024, elle enregistre un chiffre d’affaires d’environ 12 M€, plus de 90 collaborateurs et une emprise bâtie d’environ 15 000 m² sur son site d’Itziar, dans le cadre du plan d’investissement Danobatgroup 2021-2024 porté à 80 M€ sur trois coopératives (Danobat, Goimek, Soraluce). Côté groupe, le record de 344 M€ de CA en 2024 (+2 % vs 2023) s’accompagne d’une activité « energy » à 7,4 % du total (communiqué mars 2025), et d’un taux d’export supérieur à 90 % — avec, pour la France, environ 5 % des exportations du groupe la même année (détail géographique du groupe). Le profil est donc celui d’un sous-traitant d’élite exposé aux cycles de commande des grands équipementiers mondiaux, tandis que la valorisation « énergies renouvelables » côté annuaire reflète surtout un levier de croissance et non l’intégralité du mix clients (secteurs éolien et grands mécanisés).
2. Impact réel
L’impact climat direct de Goimek se lit d’abord par ricochet : fiabiliser des pièces d’aérogénérateurs contribue au déploiement de capacités électriques bas-carbone, dans une filière que l’ADEME et Connaissance des Énergies documentent comme structurante pour la neutralité carbone — sans permettre d’attribuer un « CO₂ évité » propre à une coopérative de sous-traitance. À l’échelle Danobatgroup, la feuille de route publique insiste sur la décarbonation des sites : fin 2024, plus de 8 000 m² de panneaux photovoltaïques en Pays basque et une trajectoire annoncée vers jusqu’à un tiers de la consommation couverte par de l’électricité renouvelable autoproduite (synthèse AFM, juillet 2025). Pour le reste, la lecture « empreinte produit » d’un usineur d’acier reste captée surtout par le Scope 3 des donneurs d’ordre (acier, transport) ; la granularité niveau Goimek n’est pas publiée de manière isolée dans les sources consultées.
3. Innovations / partenariats
Le cycle 2021-2024 matérialise un saut d’outillage : 11,6 M€ pour moderniser machines et bâtiments, avec un ancrage politique explicite via le programme Bilakatu du gouvernement basque et la présence d’acteurs régionaux (SPRI, AFM Cluster) lors de la présentation juin 2025 à Itziar. Sur la recherche appliquée, Goimek apparaît comme partenaire du projet européen Flex4Res (résilience et pilotage de fabrication avancée). Enfin, le groupe capitalise sur l’écoconception machine : 26 modèles certifiés Ecodesign ISO 14006 fin 2024, après l’ajout de deux références cette année-là (communiqué AFM 2025).
4. Greenwashing / zones grises
La narration « vert » repose en partie sur des indicateurs de groupe qui masquent la structure du risque fournisseur d’un coupeur d’acier pour l’éolien : l’intensité carbone consolidée reste haute — 798 tCO₂e / M€ de CA en 2024 après une baisse de 10,03 % par rapport aux 887 tCO₂e / M€ de 2023 (article AFM, 9 juillet 2025), ce qui situe la performance relative loin d’un « net-zero » fournisseur sans charge assumée sur les achats métallurgiques. Par ailleurs, la fin du cycle Bilakatu (2021-2024) souligne une dépendance structurationnelle aux dispositifs régionaux de réindustrialisation (lien explicite dans le communiqué Goimek) ; tout flottement des aides ou des priorités industrielles basques pèserait sur le financement des capacités nouvelles. Enfin, la diversification aéro / capital goods / naval rappelle qu’une partie du carnet alimente des chaînes non décarbonées — écart difficile à quantifier faute de ventilation publique du CA Goimek par filière fossile vs renouvelable.
5. Positionnement stratégique
L’objectif affiché de +25 % de CA sur le prochain cycle stratégique, après 12 M€ en 2024 (même communiqué de clôture d’investissement), se lit comme un pari sur la surchauffe de commande éolienne européenne, alors que la programmation pluriannuelle de l’énergie et le déploiement éolien continental créent une demande d’équipements — mais aussi des tensions de marges quand les projets tardent et que le coût des garanties d’origine et autres postes indirects suivent des fourchettes volatiles (panorama indicatif ACI Énergies 2026). Le plan stratégique 2025 de Danobatgroup, avec double matérialité et feuille de route Net Zero de groupe, place Goimek dans une courbe d’exigence ESG / CSRD qui remontera mécaniquement vers la sous-traitance.
Verdict WattsElse
Goimek incarne la haute précision basque au service des rotors et des nacelles, mais son destin stratégique reste bicéphale : tiré par l’éolien, calé sur l’export et sur l’acier — la transition y gagne en rigueur d’atelier, pas en innocence carbone.
Sources : danobatgroup.com · danobatgroup.com · goimek.com · librairie.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · afm.es · flex4res.eu · ecologie.gouv.fr · aciebenergie.fr
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