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Green of Africa

Coentreprise née en 2015 entre Akwa Group et O Capital Group, Green of Africa s’est glissée au cœur de deux symboles : le plus grand dessalement « 100 % EnR » annoncé au monde et un parc éolien de 360 MW près de Dakhla.

« L’éolien qui hydrate Casablanca accroché au fil du Sahara »

À propos de Green of Africa

1. Modèle économique

Green of Africa se présente comme développeur, financeur, constructeur et exploitant de centrales renouvelables, calé sur la trajectoire marocaine visant 52 % de capacité électrique renouvelable d’ici 2030 — objectif rappelé par O Capital. Les revenus reposent sur des actifs longs : vente d’électricité, participations dans des SPV de projet, et prises dans des consortiums d’infrastructure sous contrat public.

Le bloc le plus visible est Al Baidaa Desalination Company : selon Acciona, le consortium est structuré Acciona 50 %, Green of Africa 45 %, Afriquia Gaz 5 %, pour une usine de 300 millions de m³ par an, un investissement total d’environ 6,5 milliards de dirhams (~613 M€), en PPP sur 27 ans avec l’ONEE, et un financement type 80 % dette / 20 % fonds propres. En parallèle, O Capital annonce un parc solaire hybride d’environ 800 MW en développement et un éolien de 360 MW à Dakhla.

Chiffre d’affaires consolidé, résultat net et effectif précis de GoA : non retrouvés dans des comptes publics consolidés facilement accessibles ; la société relève de l’investissement privé au Maroc. Selon les éléments disponibles sur LinkedIn, l’ordre de grandeur d’effectif affiché par la société se situe dans une fourchette 11–50 personnes — indicateur indicatif, non substitut à un rapport annuel audité.

2. Impact réel

Sur le papier, l’impact hydrique et climatique est massif : Acciona indique 7,5 millions de personnes desservies, avec 250 Mm³/an d’eau potable et jusqu’à 50 Mm³/an pour l’agriculture régionale, et une osmose inverse alimentée par le parc de Bir Anzarane47 % de la production éolienne étant dédiée à l’usine. C’est cohérent avec la stratégie marocaine de substitution progressive aux ressources conventionnelles sous stress hydrique, dans un pays qui porte officiellement l’ambition EnR à 2030.

En termes de bilans carbone publiés au niveau GoA (émissions de scope 1–3, CO₂ évité certifié pour le groupe), aucun document CSRD, rapport RSE ou fiche ADEME dédiée à Green of Africa n’a été identifié dans la veille ouverte : l’impact « réel » est donc surtout inféré des projets annoncés et des cadres nationaux, pas d’une comptabilité carbone entity-level accessible. Pour un lecteur européen, rappel utile : le PPE3 et les exigences françaises de reporting ne s’appliquent pas directement à cette coentreprise ; la comparaison pertinente reste le mix cible du Maroc à 2030 et la performance énergétique du dessalement (gourmand en électricité), pas un tableau de bord PPE3.

3. Innovations / partenariats

Le niveau d’« innovation » est moins technologique qu’industriel et financier : montage PPP long (27 ans), project finance avec banques marocaines et agences de crédit export — Acciona cite notamment Attijariwafa Bank, BCP, Bank of Africa, Société Générale, ICO/FIEM, Caixa, COFIDES. Pour l’éolien, Médias24 détaille un financement bancaire de 3,8 Md MAD sur 4,8 Md MAD d’investissement total, avec objectif de mise en service fin 2026 pour le parc — avant la station casablancaise, calée par Acciona vers une achèvement en 2028.

Côté actionnariat projet, la filiale Green of Africa Dakhla est décrite comme détenue 70 % / 30 % entre GoA et CME (Vinci Concessions) dans Médias24 — montage qui rapproche un groupe marocain de très grande envergure d’un champion européen des concessions. TelQuel a par ailleurs couvert une augmentation de capital de la filiale Dakhla (séquence 2025), signe d’une phase d’endettement et de fonds propres sous tension de calendrier.

4. Greenwashing / zones grises

Le risque de greenwashing institutionnel est ici politique autant qu’écologique : le projet Bir Anzarane se situe dans une zone dont le statut international est contesté ; Western Sahara Resource Watch relie l’affaire à des questions de légitimité des investissements et à des tensions avec certains financeurs européens — au moment où la jurisprudence de la Cour de justice de l’UE sur les produits du Sahara occidental a durci le cadre (contexte 2024–2025 relayé par la même veille).

Deuxième zone grise : gouvernance et conflits d’intérêts apparents. La presse d’investigation et l’ONG citée associent GoA au périmètre Akwa d’Aziz Akhannouch, chef du gouvernement marocain, alors même que des contrats stratégiques passent par l’ONEE — le cadrage « régulateur / actionnaire » mérite un audit public, pas un communiqué. Troisième point : des enquêtes comme Africa Intelligence ont documenté des transferts de permis (séquence Safi → Dakhla) jugés opaques par des observateurs — ce qui nourrit le soupçon de captation de rente réglementaire plutôt que de simple « succès EnR ».

Enfin, le dessalement à cette échelle reste un pari énergétique : même « vert » via l’éolien, il impose des surcapacités, des interconnexions et des garanties de tarif ; la dépendance aux flux de capitaux et aux engagements de l’État est structurelle — ce n’est pas un modèle « léger », c’est un modèle sovereign-backed.

5. Positionnement stratégique

Green of Africa incarne la verticalisation marocaine : du vent saharien à l’eau de la métropole côtière, en passant par des partenaires ibériques et des banques du Royaume. Dans un marché où Team France Export décrit une accélération EnR et des besoins massifs d’infrastructures, GoA se positionne comme interface locale indispensable pour les géants internationaux — au prix d’une exposition médiatique et juridique accrue sur le dossier saharien.

Le signal récent le plus net reste le financial close du dessalement (mai 2025, Acciona) et le bouclage bancaire éolien (janvier 2025, Médias24) : la machine est lancée ; ce qui reste à prouver, c’est la légitimité perçue hors du Maroc et la résilience financière sur trois décennies de contrat.

Verdict WattsElse

Green of Africa n’est pas une « startup climat » : c’est une plateforme d’actifs au carrefour de l’eau, de l’électricité et de la géopolitique — puissante tant que l’État porte le risque, fragile dès que les tribunaux et les banques européennes requalifient le territoire ou la gouvernance.

Sources : fr.wikipedia.org · ocapitalgroup.ma · teamfrance-export.fr · acciona.com · linkedin.com · mtedd.gov.ma · medias24.com · mobile.telquel.ma · wsrw.org · africaintelligence.fr

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