Guangdong Datang International Leizhou Power Generation Co Ltd
À Leizhou, dans l’ouest du Guangdong, une filiale du géant Datang fait tourner l’un des blocs charbon les plus puissants de la province : ultra-supercritique, raccordé au réseau, rentable quand le charbon reste roi côté comptes du groupe.
À propos de Guangdong Datang International Leizhou Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
L’entreprise opère essentiellement comme producteur indépendant d’électricité : la centrale de Leizhou compte deux tranches de 1 000 MW en service (2019 et 2020), technologie ultra-supercritique, soit 2 000 MW nominaux exploités dans un marché provincial où le charbon pèse encore lourd dans le mix interne au périmètre Guangdong du groupe (25,7 TWh charbon pour 36,6 TWh au total en 2025, soit une part d’environ 70 % du volume déclaré dans ce tableau opérationnel provincial), selon une communication Datang sur les indicateurs du Guangdong. La structure capitalistique, telle que la recense le suivi sectoriel, associe Datang International Power Generation, Datang Huayin, China Datang Corporation et un actionnaire local minoritaire — schéma classique de SPV électrique en Chine. Les agrégats financiers récents (chiffre d’affaires consolidé 121,26 milliards de CNY en 2025, bénéfice net en forte accélération, +63,9 %, à 7,39 milliards de CNY) concernent la maison mère cotée et non une publication séparée identifiable pour la seule coentreprise de Leizhou, d’après la reprise par MarketScreener du rapport annuel 2025. Chiffre d’affaires, marge et effectifs au niveau de cette filiale précise : non isolés dans les extraits consultés publiquement.
2. Impact réel
L’impact climatique direct est celui d’une base-load charbon massive : 2 000 MW en rotation permanente injectent une électricité à forte intensité carbone dans un Guangdong où la décennie voit encore coexister fort renouvelable côtier et maintien du thermique pour la sécurité d’approvisionnement — lecture cohérente avec les synthèses françaises sur le paradoxe charbon / transition en Chine. En parallèle, un volet « bas carbone » local se matérialise par un projet photovoltaïque pêcheur-solaire de 90 MW (AC) à Tangjia_Fishery_solar_farm), encore en phase de pré-construction selon l’inventaire GEM — volume modeste face aux 2 000 MW thermiques déjà en ligne sur le même site industriel. Côté ressource en eau, la ville de Leizhou met en avant un site qui recyclerait la totalité des eaux usées industrielles et compterait sur le dessalement pour éviter la pompage d’eau douce souterraine, selon un article officiel municipal — indicateurs à contextualiser comme auto-portrait administratif, pas comme audit tiers.
3. Innovations / partenariats
Au-delà du couple charbon classique, les documents locaux valorisent une désulfuration des fumées qui intégrerait de la « boue blanche » issue de résidus papetiers, présentée comme substitut partiel à la chaux traditionnelle, toujours dans le portrait de la centrale par l’administration de Leizhou. L’écosystème Datang au globalement aligne discours et reporting ESG : le groupe publie un rapport de responsabilité sociale 2024 (17ᵉ édition) qui cadre biodiversité et transition bas carbone au niveau corporate. Aucun partenariat technologique majeur identifiable spécifiquement à la SPV Leizhou hors cette chaîne actionnariale et les projets solaires satellites répertoriés par GEM.
4. Greenwashing / zones grises
La lecture critique tient aux écarts d’échelle et aux choix d’infrastructure fossile assumés. D’une part, vanter 90 MW de solaire en pré-construction (projet Tangjia, GEM 2025_Fishery_solar_farm)) face à 2 000 MW de charbon opérationnel (fiche centrale GEM) fixe un ratio grossier de l’ordre de 4,5 % en puissance installée « renouvelable / thermique » sur le même périmètre nominal — signal typique de communication par ajout marginal de bas-carbone sans remise en cause de la stack thermique. D’autre part, l’évaluation d’impact environnemental publiée par le bureau compétent de Leizhou décrit un dragage de 851 900 m³ et un aménagement portuaire pour recevoir des charbonniers jusqu’à 100 000 tonnes — un ancrage matériel dans la filière importée du charbon, document vérifiable via l’avis EIA municipal (2024). Enfin, la Phase II (deux unités de 1 000 MW supplémentaires) reste officiellement classée « shelved » dans les bases de suivi internationales (GEM, page Leizhou, consulté 2024/état actualisé sur la fiche), ce qui traduit une trajectoire d’extension incertaine plus qu’une sortie du charbon.
5. Positionnement stratégique
La stratégie visible est double : maximiser la rentabilité du parc thermique existant dans un contexte de marges favorables (cf. comptes 2025 du groupe et annonce de résultats 2024), tout en caler des projets solaires « compatibles » avec l’occupation côtière. À l’échelle du réseau chinois, ce jeu d’ajouts renouvelables cumulés et de maintien des supertêtes charbon s’inscrit dans la tension décrite par les observateurs entre capacités nouvelles et parts relatives du charbon, synthétisée côté vulgarisation française dans les contenus Connaissance des Énergies sur la Chine. Pour Leizhou, l’incertitude porte surtout sur la Phase II plutôt que sur l’arrêt du site actuel.
Verdict WattsElse
Un pur play charbon ultra-supercritique habillé d’incrustations solaires : la physique du CO₂ reste dictée par les 2 000 MW au bord de mer, pendant que le port et le dragage scellent, littéralement, la dépendance à l’import charbon — la transition, ici, se joue en millimètres d’épaisseur photovoltaïque pour mètres cubes de chenal charbonnier.
Sources : gem.wiki · mma.prnewswire.com · uk.marketscreener.com · connaissancedesenergies.org · gem.wiki · leizhou.gov.cn · investegate.co.uk · leizhou.gov.cn · investegate.co.uk · connaissancedesenergies.org
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