H2B2
Filiale espagnole d’une holding américaine, H2B2 Electrolysis Technologies vend et exploite de l’électrolyse pour produire de l’hydrogène bas-carbone — avec une usine californienne mise en avant comme vitrine industrielle.
À propos de H2B2
1. Modèle économique
H2B2 se positionne comme équipementier et intégrateur d’unités d’électrolyse (PEM et voie solide oce oxyde solide / SOEC selon ses communications), avec une présence opérationnelle aux États-Unis via H2B2 Electrolysis Technologies (projets, références clients, équipe dirigeante). Le revenu repose sur la vente d’électrolyseurs et de capacités d’ingénierie-montage, et sur des projets « clefs en main » financés en partie par des subventions publiques — logique classique pour l’hydrogène naissant. La tuile, c’est la courbe comptable : selon El Conciso, le groupe aurait vu son chiffre d’affaires passer d’environ 13 millions d’euros en 2023 à environ 4 millions en 2024, avec des pertes nettes cumulées (0,9 M€ en 2024, 1,3 M€ en 2023, 1,9 M€ en 2022) et une dette totale d’environ 30,6 M€ au bilan 2024 — dont une masse importante fournisseurs. Dans ce tableau, l’effectif exact et le détail marge par segment ne sont pas stabilisés dans les sources ouvertes consultées ; en revanche, la dépendance à des financements externes ressort nettement.
2. Impact réel
Le projet SoHyCal, porté par H2B2 USA à Kerman (Californie), incarne l’impact « terrain » : hydrogène destiné aux stations de la vallée de San Joaquin et de la baie de San Francisco, dans un cadre d’aide de la California Energy Commission (contrat de subvention ARV-21-029, document d’achèvement 2025). Au-delà de l’étiquette « vert », l’intensité carbone effective dépend du bouquet énergétique réel (biogaz, solaire, réseau) et du calendrier de montée en puissance : la presse spécialisée américaine a décortiqué un arbitrage économique favorable au biogaz par rapport au PV pour cette configuration californienne dans Utility Dive. Côté Europe, les annonces récentes — par exemple un électrolyseur de 2 MW intégré en Allemagne pour le compte de GP JOULE — vont dans le sens d’une utilité climatique *si* l’électricité d’appoint est bas-carbone ; ce point relie l’entreprise aux agendas de décarbonation des mobilités et de l’industrie, sans qu’une granularité « % EnR / t CO₂ évitées auditées » soit accessible dans les dossiers publics agrégés ici.
3. Innovations / partenariats
Sur le papier, le catalogue mêle grands électrolyseurs PEM et feuille de route SOEC ; la société revendique aussi des distinctions sectorielles récentes, comme un prix « fabricant d’électrolyseurs » lors des RENMAD H2 2025. Opérationnellement, la livraison annoncée fin 2024 d’un stack de 2 MW pour HY.Kiel illustre la capacité à exporter du matériel vers des acteurs allemands en structuration de hubs hydrogène (communiqué H2B2). Enfin, la « Tecnopropia » — présentée comme volet IPCEI Hy2Tech avec dimension R-D et impression 3D de cellules — apparaît dans la communication corporate dédiée (projet IPCEI Tecnopropia) et est commentée dans des synthèses d’écosystème comme CB Insights. À l’inverse, l’entrée en Bourse via SPAC n’a pas eu lieu : l’accord avec RMG Acquisition Corp. III a été rompu en avril 2024 (annonce H2B2), fermant un accès Nasdaq anticipé.
4. Greenwashing / zones grises
La principale « zone grise » n’est pas un slogan marketing : c’est la solvabilité. Au-delà du repli du CA documenté par El Conciso (≈ 13 M€ → ≈ 4 M€ entre 2023 et 2024), la holding américaine a été relayée en 2025–2026 proposant aux créanciers des plans avec décotes très élevées — jusqu’à 90 % sur un crédit de 14,5 M€ échéant au 30 mai 2026, selon El Conciso et Diario de Sevilla : un signal de tension extrême, vérifiable, qui relativise toute communication « leader » non assortie de bilan publié. Autre friction : la dépendance aux aides — CEC en Californie, dispositifs espagnols recensés par les canaux de promotion à l’export (Team France Export), IPCEI — qui conditionne le rythme des revenus lorsque le marché privé tarde. Sur le fond « vert », l’article Utility Dive rappelle que l’optimisation économique peut privilégier le biogaz au solaire : pertinent pour le CO₂, moins « photovoltaïque pur » que l’imaginaire marketing de certaines plaquettes hydrogène.
5. Positionnement stratégique
H2B2 joue la carte « tech EU + vitrine US » : electrozers déployés en Allemagne, usine pilote californienne sous feu des autorités, prix sectoriels en conférence. Mais le secteur hydrogène est entré en phase d’épuration financière : sans SPAC, avec des créanciers invités à des quitus massifs et une filiale espagnole engagée dans des voies de restructuration judiciaire, l’entreprise illustre le décalage entre ambition d’industrialisation et capacité de financement du fonds de roulement. Dans l’horizon européen de l’électrolyse, elle reste un nom technique ; la question est de savoir si les subsides et quelques contrats export suffiront à franchir le cap de la viabilité sans dilution brutale ou cession d’actifs.
Verdict WattsElse
H2B2 célèbre l’électrolyse en vitrine ; ses tribunaux et ses bilans, eux, écrivent une autre langue — celle des créances et des échéances. L’hydrogène n’est vert que si le modèle tient debout.
Sources : h2b2.es · elconciso.es · energy.ca.gov · utilitydive.com · h2b2.es · h2b2.es · h2b2.es · cbinsights.com · h2b2.es · elconciso.es · diariodesevilla.es · teamfrance-export.fr
Données clés
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