Halliburton
Halliburton n’est ni une start-up climat ni un opérateur coté en Bourse à Houston par hasard : c’est l’un des plus gros intégrateurs de services pétroliers et gaziers au monde, avec une partie du discours tournée vers la « transition » et une part du chiffre d’affaires toujours accrochée aux complets et à la stimulation de puits.
À propos de Halliburton
1. Modèle économique
L’entité traitée est Halliburton société cotée NYSE (HAL), parapétrolière mondiale dont le siège est à Houston, cohérente avec le volet « Autres énergies » (services et technologie pour la chaîne fossile et adjacences), sans confusion avec une homonymie locale. Le modèle repose sur la vente de technologies, d’ingénierie et de services sur tout le cycle du puits — forage, complétion, stimulation, cimentation, intervention — essentiellement rémunérés par les grands opérateurs et indépendants pétroliers et gaziers. En 2025, le chiffre d’affaires annuel atteint 22,2 Md$, en retrait de 3 % par rapport aux 22,9 Md$ de 2024, avec un résultat opérationnel de 2,3 Md$ après une année marquée par des postes de charges et dépréciations (le groupe publie aussi des agrégats « ajustés » plus élevés), selon le communiqué sur les résultats 2025. Au quatrième trimestre, 5,7 Md$ de revenus et 875 M$ de free cash flow illustrent une rentabilité sérieuse malgré une Amérique du Nord plus morose, tandis que l’international compense en partie la décélération — thème déjà souligné par la presse spécialisée française comme Connaissance des énergies (AFP) sur les contrastes géographiques. La composition trimestrière reste un miroir fidèle de la dépendance structurelle : le segment Completion and Production affiche 3,3 Md$ sur 5,7 Md$ au T4 2025, soit environ 58 % du trimestre, autant de barèmes liés au cœur « shale » et international de l’activité. Le retour aux actionnaires est piloté au quart de tour — 1 Md$ de rachats sur l’exercice et 85 % du free cash-flow redistribué, chiffres figurant dans le même document officiel.
2. Impact réel
Sur le plan climat, Halliburton ne peut pas escamoter l’addition Scope 1 et 2 : le rapport de durabilité 2025 indique une hausse de 4 % de ces émissions par rapport à la ligne de base 2018, dans un contexte où l’activité de fracturation a fortement augmenté — l’entreprise relie explicitement ce résultat aux contraintes d’accès au réseau électrique et à la dynamique commerciale, ce qui pose la question de la décarbonation opérationnelle là où les machines tournent encore majoritairement au dispatchable fossile. En parallèle, le groupe revendique une baisse d’intensité des émissions de fracturation en Amérique du Nord depuis 2018, cohérente avec l’électrification partielle des flottes. Les objectifs publics restent des –40 % de Scope 1 et une ambition équivalente sur le Scope 2 d’ici 2035 par rapport à 2018, détaillés sur la page « Climate Change ». Au regard des trajectoires européennes de réduction de la demande pétrolière portées par la planification énergétique — référence structurante dans l’économie française même sans citer nominativement Halliburton — le cadre de la programmation pluriannuelle (PPE) rappelle que « nettoyer » des opérations de service ne supprime pas l’exposition macro au pic puis au déclin structurel de la demande combustible.
3. Innovations / partenariats
Le pari le plus visible côté « nouvelle demande d’électricité » est l’alliance avec VoltaGrid : 400 MW de centrales gaz modulaires sécurisées en fabrication pour une livraison ciblée 2028, orientées data centers de l’hémisphère Est, avec un argumentaire de moindre empreinte comparé au diesel, expliqué dans le communiqué du 11 décembre 2025. Sur le cœur historique, la flotte Zeus d’électrification de la fracturation atteint 50 % du parc nord-américain en 2025, selon le même rapport RSE 2025. Côté contrat « terrain », le groupe annonce un accord intégré avec Shell Nigeria pour le développement gazier HI alimentant NLNG Train 7, listé dans le bilan T4 2025. Enfin, l’analyse de scénarios climat TCFD et le catalogue d’opportunités (CCUS, géothermie, hydrogène) sont posés dans l’analyse de risques climatiques, sans transformer pour autant le bilan en pure player bas-carbone.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de décalage discours / réalité est documenté par les chiffres plutôt qu’au slogan : +4 % Scope 1 & 2 vs 2018 dans le rapport de durabilité 2025, parallèle aux objectifs –40 % d’ici 2035 affichés sur la page climat — l’écart temporalise une promesse exigeante tant que l’activité gazière et pétrolière croît en volume. La colocation gaz–IA avec VoltaGrid pose la question du verrouillage infrastructur : présenter le gaz comme « solution durable » pour hyperscalers peut masquer un renforcement du lock-in fossile à l’échelle des réseaux, au-delà du gain relatif vs diesel (communiqué VoltaGrid). Sur la finance et la gouvernance de partenariats, une filiale de Linde a ouvert en 2025 une action en justice contre Halliburton, avec des accusations d’« incendie financier » et de tactiques visant la joint-venture Wellnite, relatées par Bloomberg Law. Côté techno-propriété intellectuelle, la validité des revendications sur une pompe de fracturation électrique a été invalidée par le PTAB en octobre 2024, selon Law360, fragilisant le « fossé compétitif » autour de l’offre électrifiée. Enfin, des synthèses d’analystes — à prendre comme littérature financière de marché plutôt que comme comptes certifiés — évoquent ~1,3 Md$ de capex 2025 et des effets tarifaires nouveaux à la dizaine de millions de dollars, éléments de marge discutés dans une note Longbridge.
5. Positionnement stratégique
Halliburton joue cartes sur table : maximiser la valeur actionnariale dans un marché du pétrole et du gaz volatil, tout en positionnant ses équipements sur les niches à forte croissance de puissance (IA, data centers) et en électrifiant le fracking là où le réseau et l’économie du kilowatt-heure suivent. Le signal récent est double : international résilient et package technologique (ROCS avec Shell, contrat nigérian gazier) contre une Amérique du Nord qui tire la ligne de profitabilité vers le bas — lecture alignée avec les unes de la presse énergie française (Connaissance des énergies / AFP). Dans ce paysage, Halliburton n’est pas un acteur marginal du PPE3 ou de la stratégie nationale bas-carbone : il en subit les impacts indirects via ses clients européens, tout en continuant d’alimenter la courbe d’offre fossile mondiale.
Verdict WattsElse
Halliburton sait faire parler la machine — Zeus, modules gaz, contrats gaziers — mais son bilan carbone résiste encore à la courbe de l’ambition 2035 : c’est le décalage mesurable, pas le storytelling, qui tranche entre optimisation et transition. L’ironie industrielle, c’est de brancher l’avenir numérique sur du gaz en invoquant la durabilité, pendant que les Scopes patinent sur la ligne de base.
Sources : halliburton.com · connaissancedesenergies.org · ir.halliburton.com · halliburton.com · ecologie.gouv.fr · halliburton.com · halliburton.com · news.bloomberglaw.com · law360.com · longbridge.com · connaissancedesenergies.org
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q656165
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Zhenfa Pakistan New Energy Company (Pvt.) Ltd
Zhenfa au cartouche, Atlas au compteur : la centrale de Layyah incarne le photovoltaïque « à l’échelle réseau » au Pakistan.
Voir la ficheSiemens Energy
Scissionné de Siemens AG depuis la décennie 2020, Siemens Energy incarne l’équipementier « full spectrum » : turbines gaz et vapeur, réseaux et transformateurs, éolien via Siemens Gamesa, hydrogène et services.
Voir la ficheFinnova
La Finnova Foundation n’est pas une « tech » qui produit des watts : c’est une plaque tournante belgo‑européenne de projets d’innovation pilotés par les programmes LIFE, Horizon Europe et autres instruments de la Commission.
Voir la fichePV Doñihue
Ce n’est ni une start-up parisienne ni un fonds international : PV Doñihue désigne, selon les dossiers publics d’évaluation environnementale du Chili, la « Planta Fotovoltaica Doñihue » — un actif PV de 7,5 MW nominal situé administrativement dans la commune de Coinco (province de Cachapoal, région d’O’Higgins).
Voir la ficheSouthern Natural Pipeline
Le plus grand chantier pipeline de la décennie sur le réseau Southern Natural Gas (SNG) s’appelle SSE4 : 3,5 milliards de dollars, 1,3 Bcf/j de capacité en plus, et une décision régulatrice attendue à l’été 2026.
Voir la ficheUPF
Dans les bases de données éditoriales, trois lettres suffisent parfois à fabriquer une fausse piste : ici, UPF ne désigne pas une structure de placement sur des actifs « transition », mais l’Universitat Pompeu Fabra, université publique catalane fondée en 1990 et ancrée à Barcelone.
Voir la ficheCREAF - CERCA
Le CREAF n’est ni un producteur d’électricité ni un opérateur d’infrastructures : c’est une usine à preuves sur les sols, la végétation et le climat, de plus en plus prise dans les stratégies européennes de données et de diplomatie énergétique.
Voir la ficheFARAPI
Le nom Farapi prête à confusion avec un district turkmène — sans aucun rapport avec l’énergie.
Voir la ficheGOODHEAT
Spécialiste des pompes à chaleur air-eau, GOODHEAT réchauffe l'avenir… et vos piscines, avec une efficacité chinoise implacable.
Voir la ficheDubai Water and Electricity Authority
Cotée à Dubaï, la DEWA affiche en 2025 des comptes historiques et une production d’électricité « propre » qui dépasse pour la première fois 10 TWh.
Voir la ficheCementos Portland
** Après un siècle d’industrie lourde, Cementos Portland Valderrivas ne joue plus la même partition : électricité éolien en long terme, fours encore très thermiques, et une « valorisation » des déchets qui fait exploser le contentieux.
Voir la ficheBlack & Bush Projekt 2
Black & Bush Projekt 2 n’est pas une « marque floue » : c’est l’ancienne dénomination sociale — attestée comme alias sur Wikidata — de la société PRE FVE Dačice, s.r.o.
Voir la ficheHo-Ping Power Co
** À Heping (Hualien), deux blocs de 660 MW tiennent encore une partie du réseau sous tension contractuelle avec Taipower, pendant que la maison mère cimentière étale transition « sociale » et maintenance high-tech.
Voir la ficheMien Trung Power Investment and Development JSC
Producteur vietnamien d’origine très hydro-assise, coté Hanoi sous le code SEB (entreprise distincte du groupe français SEB), Miền Trung Power conjugue forte rentabilité boursière et dépendance météorologique évidente.
Voir la ficheWestLife AB
Le nom évoque la transition ; les données d’entreprise, elles, plutôt les toits de Stockholm.
Voir la ficheGujurat Alkalies and Chemicals Limited
Le nom saisi (« Gujurat Alkalies ») désigne très probablement Gujarat Alkalies and Chemicals Limited (sigle GACL) : géant chlor-alcali indien coté à Mumbai, bien loin d’une startup EnR française.
Voir la ficheMVM Balance
À la centrale à gaz de Bakony, près d’Ajka, MVM Balance mise sur un stockage lithium-ion de 57 MW / 57 MWh financé pour 10,4 milliards HUF, dont une part substantielle sous forme de subvention européenne.
Voir la ficheGazprom
Le mastodonte gazier russe a refermé 2024 sur un rebond comptable brutal après une année 2023 noire.
Voir la ficheToledo Solar SpA
Avant même le business plan, une alerte méthodologique : sous l’étiquette « Toledo Solar SpA », les bases ouvertes consultées en mai 2026 ne font pas apparaître une société italienne S.p.A.
Voir la fichePassiv UK
Spécialiste britannique de la domotique éco-responsable qui rend la pompe à chaleur presque aussi sympa qu’un thermostat manuel — sauf qu’elle sait mieux cacher sa complexité.
Voir la ficheINDRESMAT
Scale-up hors des radars français mais bien ancrée dans l’outil industriel européen, INDRESMAT vend une promesse claire : faire du polyuréthane biosourcé une brique du renforcement de l’enveloppe (fenêtres, mousses, panneaux) pour mieux traiter rénovations et chauffages.
Voir la ficheE.ON Tiszántúli Áramhálózati Zrt.
À l’est du Danube-Tisza, un acteur répond encore au périmètre d’« E.ON » dans les mémoires : l’entreprise distribue désormais sous OPUS TITÁSZ depuis le rebranding suivant l’acquisition finalisée par OPUS Global en 2021.
Voir la ficheVietnam Electricity (EVN)
Le groupe d’État Vietnam Electricity (EVN) pilote la production, le transport et une large part de la distribution d’électricité au Vietnam.
Voir la ficheBERHY
** Dans le Berry historique, l’association BERHY incarne depuis plus d’une décennie la posture de « faiseur de filière » autour de l’hydrogène : sensibiliser, agréger, parfois prendre parti dans une gouvernance régionale très surveillée.
Voir la fiche