Hån Vindpark AB
Une SPV sous drapeau suédois, un câblage norvégien (NO1) et des comptes 2024 sonnés : voilà Hån Vindpark AB, petite filiale d’investissement où se joue bien plus qu’un kilowattheure nordique.
À propos de Hån Vindpark AB
1. Modèle économique
La société Hån Vindpark AB est la coque juridique d’un parc de 21 MW (cinq turbines Vestas V150) à Årjäng, en Suède, détenue à cent pour cent par le groupe coté Oslo Cloudberry Clean Energy ASA. Le flux de valeur est quasi monolithique : vente sur le marché de l’électricité où le projet est valorisé, avec une exposition explicite à la zone norvégienne NO1 (« Oslo », frontière littéralement traversée dans l’architecture de raccordement), selon l’annoncer de mise en service fin 2022. Cloudberry présentait dès juin 2021 un objectif « P50 » autour de 74 GWh/an et un ordre de grandeur de flux cash sur la durée (IRR indicatif ~12 % à l’époque du FID) — chiffres d’entreprise développeur, pas de garantie de rentabilité annuelle donnée locale. À l’inverse, la miniature comptable suédoise traduit brutalement une économie captive du prix court terme : d’après la presse locale, le chiffre d’affaires 2024 se situe autour de 29 millions SEK, en repli de 31,8 % sur un an, pour un résultat avant impôts négatif d’environ 4,6 millions SEK et ce serait la deuxième année de pertes avant impôts consécutive. Effectif précis dans les comptes : non aisément isolable dans les extraits disponibles ; la structure fonctionne très probablement en mode projet délégué via la plateforme groupale. Aucune piste française (ADEME, grands dossiers ou commandes sectorielles) ne documente cet actif précisément en 2026.
2. Impact réel
Le parc contribue mécaniquement à couvrir une demande interconnectée nord-européenne avec ≈74 GWh de production médiane annuelle projetée lors du FID Cloudberry juin 2021 — soit, selon leur communication, l’équivalence énergétique d’« environ 15 000 foyers suédois » (ordre de grandeur indicatif habituel dans ce type de dossier promoteur). Côté carbone évité attribuée à un actif précis après injection sur le marché commun : les documents publics ne décomposent pas la contribution de Hån ; en revanche, Cloudberry rapporte au groupe un indicateur agrégé (« avoided emissions » au voisinage des 53 mille t Éq.-CO₂ sur un trimestre récent dans la communication groupe 2024) à lire comme portefeuille, pas comme fiche projet (rapport Q4 2024). Par rapport aux grands garde-fous nationaux français (PPE3, fiches ADEME), le lien est indirect : l’actif s’inscrit dans la dynamique éolien-onshore nordique plutôt que dans des trajectoires domestiques français.
3. Innovations / partenariats
Innovation forte : géographie énergétique. Le dossier incarne une logique réglementaire-financière de « meilleur prix de commercialisation », pas une rupture techno : cinq turbines standard de grande série, développement interne groupe qualifié de « première ferme » entièrement menée intramuros Cloudberry jusqu’aux permis puis construction achevée en seize mois hors périodes de garantie turbines d’après leur calendrier dévoilé en décembre 2022. Partenaire technique clé identifié : Vestas, avec transfert définitif de la centrale après essais et garanties de disponibilité de l’ordre de 97 % annoncées par le promoteur (à traiter comme engagement contractuel, pas métrique tierce auditée ligne par ligne dans la forme de ce communiqué). Partenariat public-sectoriel français : introuvable dans les données accessibles sans inventaire contractuel fermé plus large.
4. Greenwashing / zones grises
Première tension vérifiable, chiffrée : la coque suédoise affiche selon VF et confirmations presse locales une chute brutale du CA −31,8 % et environ −4,6 M SEK avant impôt en 2024 — écart massif avec le récit uniquement climat-friendly d’investissement sobre : le « vert » de l’installation ne neutralise pas la volatilité tarifaire. Deuxième point : exposition au découpage des prix régionaux : le projet commercialise depuis la fenêtre tarifaire NO1 alors que plusieurs débats européens sur les « parquets » prix et interconnecteurs conditionnent justement où se délite la valeur. Troisième zone grise environnementale : le dossier de concertation très tôt envoyé aux autorités insiste déjà sur le suivi d’oiseaux/chauves-souris aux abords Årjäng ; force est de constater qu’après mise en exploitation, aucun bilan public facile à recouper n’est mis en avant spontanément par l’exploitant dans les briques média consultées pour cette fiche. Quatrième signal politique territorial : alors que l’argumentaire économique des parcs perdure dans la commune, une candidature contemporaine comme celle rapportée au sujet du site Takenehöjden confirme que le débat sur l’éolien frontalier/reste du Värmland continue d’animer procédures locales — utile comme repère régional même si cette procédure ne vise pas Hån.
5. Positionnement stratégique
Pour Cloudberry, Hån reste une pièce tutorée : actif physique opérationnel, production proportionnelle intégrée dans les agrégats de rapport (rapport annuel 2024 / PDF groupe ici), narration « first fully internally developed » pour crédibiliser leur chaîne valeur upstream. Mais la micro-réalité financière locale (pertes avant impôt récurrentes après 2024) peut servir de baromètre brut des années « bas prix », plus instructif que tout graphique glossy ESG générique lorsque le marché ne rémunère pas assez le MWh. Dans un contexte nordique encore dominé par l’articulation prix spot + développements additionnels groupe (dont transactions annoncées hors Hån en 2024), la SPV fonctionne avant tout comme un capteur de spread réseaux et de liquidité régionale — ni vitrine française, ni ancrage ministériel hexagonal vérifiable.
Verdict WattsElse
Une éolienne de frontière peut être impeccablement « bas carbone » au sens physique et pourtant économiquement tendue lorsque le parquet choisi décide si le projet respire ou s’étouffe : tel est le piège frontalier où l’investisseur Cloudberry expose Hån, et où le lecteur doit distinguer vérités climatiques et vérités comptables.
Sources : proff.no · cloudberry.no · cloudberry.no · cloudberry.no · vf.se · cloudberry.no · cloudberry.no · nwt.se · regjeringen.no · news.cision.com · cloudberry.no
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Chord Energy Corporation
Chord Energy Corporation (NASDAQ : CHRD) est une E&P américaine ancrée dans le bassin de Williston — le puzzle Oasis + Whiting + Enerplus + rachats XTO en fait l’un des cadors du pétrole de schiste côté actionnaires.
Voir la ficheOrvif
Un acteur francilien du négoce sanitaire et chauffage, qui vous vend du chaud… avec un petit coup de froid sur la modernité.
Voir la fiche50Hertz Transmission GmbH
50Hertz porte sur ses lignes une part croissante d’éolien et de photovoltaïque : en 2024, les EnR ont représenté en moyenne 73 % de la consommation couverte dans la zone de pilotage du groupe — un ordre de grandeur rare en Europe continentale, au prix d’un capex qui a plus que doublé pour tendre la maille vers le sud.
Voir la ficheCiudad Agroalimentaria De Tudela
Le pôle agroalimentaire public de Tudela (Navarre) fait tourner l’économie locale sur une infrastructure gaz et vapeur gigantesque — puis annonce un électrolyseur pour « verdir » le récit.
Voir la ficheMarathon Oil
Le 22 novembre 2024, le producteur pétrolier indépendant disparaît de cotation après son absorption par ConocoPhillips pour une prise de contrôle évaluée autour de 22,5 Md$ d’entreprise — l’envers du décor s’est joué en juillet : l’EPA et le Département de la justice estiment l’opérateur à hauteur d’un règlement de 241,5 M$ (amende, compléance et mesures)…
Voir la ficheWavestone
Cabinet coté, discours RSE bien huilé, portefeuille clients impressionnant: Wavestone coche toutes les cases du conseil contemporain.
Voir la ficheUnión Eléctrica
Lorsque WattsMonde classe l’entreprise sous « Pétrole & Gaz », ce n’est pas une erreur cartographique : c’est reconnaître que l’« Unión Eléctrica » vivote surtout grâce (ou malgré) le carburant des centrales thermiques et diesel.
Voir la ficheMeraj Oil
Meraj Oil se présente comme un intégrateur : négoce international de pétrole et de produits raffinés, ingénierie de raffineries et spécialisation bitumine (grades 60/70, VG-30, unités batch ou continues).
Voir la ficheUDE
Le sigle UDE fait tilt dans les bases ouvertes : l’identifiant communiqué Q28820485 ne désigne pas une société « énergie », mais l’entrée patronyme « Ude » sur Wikidata.
Voir la ficheRaahen Energia
À Raahe, sur la côte nord-ouest de la Finlande, un opérateur de réseaux et de chauffage urbain tire une partie décisive de son énergie du voisinage industriel — et ce n’est ni une métaphore ni une ligne de com’.
Voir la ficheTransAlta (100%)
À Calgary, une centenaire liste en bourse négocie sa « transition » entre hydro, vents et soles d’un côté, gaz et hyperscalers de l’autre.
Voir la ficheChief Oil & Gas
Chief Oil & Gas n’est plus vraiment une entreprise autonome : c’est désormais une pièce absorbée dans la mécanique d’Expand Energy, nouveau mastodonte gazier américain.
Voir la ficheENDESA GENERACION S.A.
Chez Endesa, la raison sociale Endesa Generación, S.A.
Voir la ficheTHIOT INGENIERIE
Installée depuis 1988 à Puybrun (Lot), la THIOT INGENIERIE incarne une France industrielle très rentable : équipements de dynamique rapide, barres Hopkinson et laboratoire d’essais d’impacts.
Voir la ficheEA Solar Lopburi Company Limited
Neuf mégawatts, douze années de production : le photovoltaïque d’Energy Absolute à Lopburi tient par sa tuyauterie de contrat public.
Voir la ficheENERGY AGENCY OF THE NALON AREA
Dans le bassin houiller des Asturies, une fondation locale trace le fil conducteur entre réhabilitation thermique, communautés d’énergie et projets européens — pendant que le charbon domine encore l’équilibre primaire et que les objectifs d’EnR électrique 2025 viennent de passer à la trappe.
Voir la ficheUPM Energy Oy
La filiale énergie du géant finlandais du bois-et-papier opère un modèle de bas-côte : hydro en propre, nucléaire par la grande porte de Pohjolan Voima, et un trading qui vit au rythme des hivers nordiques.
Voir la ficheSDEE Transilvania Nord
Ce n’est plus une plaque d’égout sur la carte capitalistique mais un morceau d’architecture : depuis 2021, la Societatea de Distribuție a Energiei Electrice Transilvania Nord (SDEE Transilvania Nord) vit dans une entité fusionnée, Distribuție Energie Electrică România (DEER), sous Electrica.
Voir la ficheUNIVERSITE COTE D'AZUR
Le plan France Relance a verrouillé 54 M€ de rénovation et l’Université Côte d’Azur pose des kilomètres de câbles verts : boucles solaires, GECOS, « super boucle » niçoise.
Voir la ficheITHACA S.A
Construire des réseaux intelligents pour un monde qui se veut smart, sans trop allumer le chauffage de la planète.
Voir la ficheAksa Enerji
Producteur d’électricité indépendant (IPP) coté Borsa İstanbul (AKSEN), Aksa Enerji exporte un modèle de centrales à contrats longs et en devises, des Balkans à l’Asie centrale, tout en soignant sa vertu boursière : indices durabilité, gouvernance, promesses EnR.
Voir la ficheVattenfall Toledo Vind AB
** Vattenfall Toledo Vind AB incarne l’éolien “pur” sur un marché qui le punit : en 2024, une partie significative de la production a été volontairement sacrifiée aux prix spot, pendant que se posent des questions de gouvernance autour des flux vers les actionnaires.
Voir la fiche