Pétrole & Gaz

Haripur Power Limited

Le producteur Haripur Power Limited (HPL) incarne la contradiction d’un pays dépendant au gaz pour tenir la demande : une centrale à cycle combiné record de compétitivité contractuelle, mais aux prises avec un PPA expiré, des impayés massifs envers l’approvisionneur gazier et un actionnariat étranger qui cherche à sortir.

« Gaz compétitif souveraineté électrique absente »

À propos de Haripur Power Limited

1. Modèle économique

HPL est un producteur indépendant (IPP) dont le revenu reposait sur un contrat d’achat d’électricité (PPA) avec le Bangladesh Power Development Board (BPDB). L’actif historique est une centrale d’environ 360 MW à cycle combiné au gaz, héritée du montage d’origine AES et aujourd’hui portée par la filiale Pendekar Energy du couple malais–saoudien Edra Power Holdings / Aljomaih Energy selon les documents de cession publiés par l’employeur (fiche emploi HPL). Après 22 ans d’exploitation, le PPA initial a pris fin le 30 novembre 2023 ; depuis, les médias bangladais rapportent que le gouvernement ne prend plus l’électricité de la centrale (TBS, mai 2024). Le chiffre d’affaires, les effectifs et un bilan annuel consolidé récent n’ont pas été trouvés dans des sources grand public vérifiables au moment de la rédaction — ce qui est fréquent pour une IPP offshore peu communicante.

2. Impact réel

Techniquement, il s’agit d’électricité fossile au gaz : le rendement d’une CCGT peut être sensiblement meilleur qu’une turbine ouverte seule, mais le bouclier climatique reste celui d’un actif carboné, sans mix décarboné associé au sens où l’entend la trajectoire européenne illustrée par des référentiels pédagogiques sur le cycle combiné (Connaissance des Énergies). Pour le Bangladesh, l’enjeu n’est pas une part de renouvelables affichée par HPL, mais la dépendance au méthane importé et à la disponibilité du réseau gazier national. Par ailleurs, l’extension projetée d’une unité 250 MW au GNL est suivie par Global Energy Monitor comme mise de côté (« shelved ») avec retard sur la feuille de route industrielle (profil GEM Haripur) — signal d’un récif d’investissement pour le gaz liquéfié dans ce corridor.

3. Innovations / partenariats

Le « partenariat » structurant est juridique et financier : World Bank a documenté historiquement le projet Haripur dans le corpus des rapports pays (Banque mondiale, projet Haripur). Côté industriel, les chaînes d’approvisionnement critiques pour ce type d’actif impliquent des fournisseurs d’équipements lourds et de maintenance de turbines — logiques évoquées dans les communiqués du secteur pour d’autres CCGT bangladaises, à ne pas confondre mécaniquement avec les appels d’offres EGCB sur la tranche 412 MW publique (communiqué Mitsubishi Power). En 2024, l’actionnaire Pendekar Energy a ouvert une procédure pour céder 45 % à 100 % de HPL (même fiche) : davantage signal de marché que rupture technologique.

4. Greenwashing / zones grises

Ici, le risque n’est pas un discours vert soigné en salle de presse : il est réglementaire et comptable. D’abord, impayés de gaz : toutes les centrales privées citées — dont Haripur Power — devaient collectivement 13 593,41 crore Tk à Petrobangla au tableau des arriérés relevé par la presse (TBS, janvier 2024). Ensuite, une commission nationale a mis en lumière des paiements gonflés et une dérive tarifaire du secteur électrique privé au cours de la décennie précédente, avec des ordres de grandeur publics sur la facture pour le pays (*Financial Express*, septembre 2024) — HPL n’y apparaît pas nécessairement comme cas isolé, mais le système IPP dans lequel elle s’inscrit est directement visé. Enfin, garder une centrale compétitive en coût unitaire mais stoppée faute de PPA, comme le décrit TBS, donne la mesure d’un désalignement politique qui prime sur l’argument « efficacité carbone relative » d’une CCGT.

5. Positionnement stratégique

Pour l’État, la tranche publique Haripur EGCB (412 MW) reste un levier de soutirage budgétaire : une révision tarifaire à la baisse en 2026 (vers 4,7588 Tk/kWh, rétroactive à août 2025) est présentée comme une économie pour le BPDB de l’ordre de 36,68 crore Tk/an sur cette centrale — chiffres journalistiques distincts de l’IPP privée (UNB, complété par la même séquence chiffrée chez *Energy Tribune*). Pour HPL, l’issue stratégique tient à rouvrir un cadre contractuel crédible ou à liquider l’actif : l’appel à investisseurs de Pendekar pointe vers une liquidité du risque pays plutôt qu’une vision longue du gaz en transition.

Verdict WattsElse

Haripur Power Limited n’est pas « coincée au gaz » par hasard : elle y est enchaînée par la dette gazière, par la fin d’un PPA qui sanctuarise l’État-acheteur, et par un reflux d’investisseurs qui ne paient plus la prime d’incertitude politique. L’efficience thermique ne paie pas les factures de souveraineté.

Sources : hotjobs.bdjobs.com · tbsnews.net · connaissancedesenergies.org · gem.wiki · documents.worldbank.org · power.mhi.com · tbsnews.net · thefinancialexpress.com.bd · unb.com.bd · theenergytribune.com

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