Ho-Ping Power Company
Centrale charbon emblématique de la côte pacifique près de Hualien, la Ho-Ping Power Company incarne la contradiction d’un système taïwanais pris entre sécurité d’approvisionnement et sortie annoncée du charbon.
À propos de Ho-Ping Power Company
1. Modèle économique
Ho-Ping Power Company (HPPC) est un producteur indépendant d’électricité basé à Xiulin (fiche centrale), avec deux groupes de 660 MW et une capacité brute de 1 320 MW selon les publications du périmètre HPPC (rapport mensuel juin 2023). Le modèle est celui du contrat d’achat d’électricité avec Taiwan Power Company (Taipower) : mise en service en 2002 sous accord-type sur vingt-cinq ans (page projet CLP). Les capitaux sont détenus majoritairement par Taiwan Cement Corporation (~60 %), avec Mitsubishi Corporation (~20 %) et CLP (~20 % via une coentreprise avec Mitsubishi, OneEnergy Taiwan Ltd.) (même source). Les revenus reposent quasi exclusivement sur la vente au réseau et sur la conjoncture du charbon et du mécanisme tarifaire — une exposition documentée dans les publications du groupe actionnaire lors des tensions sur les prix du combustible (Global Energy Monitor). Au 30 juin 2023, les actifs totaux de HPPC étaient indiqués à environ 35,4 milliards TWD dans la documentation publique consultée (rapport mensuel juin 2023) ; chiffre d’affaires consolidé ou effectifs précis pour la filiale seuls ne sont pas aisément isolables dans les sources ouvertes vérifiées ici — donnée à croiser avec les dépôts réglementaires taïwanais si vous affinez le dossier.
2. Impact réel
Le bilan énergétique est celui de deux unités charbon sur une île où fossiles et imports structurent encore fortement le mix (analyse sur Taïwan). Le groupe mère annonce une contribution de l’ordre de 4 % de l’électricité nationale via Ho-Ping dans ses rapports de durabilité (chapitre durabilité TCC 2024), ce qui fait de l’actif un levier systémique autant qu’une source majeure de gaz à effet de serre et de pollution atmosphérique. Les projets de micro-hydraulique sur les canaux de refroidissement (centaines de kilowatts, horizon 2026 évoqué dans la documentation groupe) restent marginaux face aux gigawatts thermiques (extrait ESG Molicel 2024). Une analogie directe avec la programmation française (PPE, cadre européen) serait trompeuse ; en revanche, le diagnostic français sur la dépendance aux importations fossiles et la vulnérabilité géopolitique éclaire le rôle réservé aux centrales thermiques comme Ho-Ping (synthèse Connaissance des énergies / IFRI).
3. Innovations / partenariats
La modernisation attendue passe par un passage vers des technologies ultra-supercritiques évoquées pour 2027 dans la communication groupe (chapitre durabilité TCC 2024), alors que les bases ouvertes décrivent encore des unités « subcritical » en service (Global Energy Monitor). La structure TCC–CLP–Mitsubishi organise depuis la mise en service les investissements et l’exploitation (page projet CLP). Sur les achats de combustible, le groupe a rendu publique la cessation de nouveaux engagements pour du charbon russe après pressions environnementales (communiqué TCC sur les achats 2024), ce qui diversifie les routes maritimes sans changer la nature charbonnière du site.
4. Greenwashing / zones grises
Le récit « transition » peut occulter la persistance d’un actif entièrement fossile jusqu’à une échéance charbon portée à 2040 dans les engagements publics du groupe (communiqué transition Ho-Ping – TCC) ; les gains de rendement ou objectifs de réduction de consommation de charbon via optimisation turbines (chapitre durabilité TCC 2024) ne constituent pas une stratégie bas-carbone au sens où l’entendent les trajectoires scientifiques européennes. La vulnérabilité sismique et communautaire est palpable : interruption après le séisme d’avril 2024, reprise en mai (Global Energy Monitor), puis événement en mai 2025 ayant conduit Taipower à mobiliser des générateurs charbon de secours à Kaohsiung (Taipei Times), soit une séquence qui fragilise l’argument « fiabilité » dans un contexte où le nucléaire national s’éteint et où le GNL reste exposé aux crises (contexte énergétique taïwanais). Enfin, une résolution législative d’époque évoquait la conversion gaz avant tout renouvellement pour les IPP charbon (Taipei Times) ; l’alignement avec les annonces industrielles récentes (note TCC post-2027) reste une zone grise juridique et politique.
5. Positionnement stratégique
Ho-Ping capitalise sur son rôle pour la stabilité de l’Est insulaire tout en négociant le prolongement du cadre avec Taipower au-delà de la fenêtre du PPA historique (note TCC post-2027). La conversion technologique promise et la fermeture charbon 2040 sont censées ratacher l’actif à la trajectoire nationale (chapitre durabilité TCC 2024), tout en cohabitant avec une logique de réserve thermique lorsque le GNL ou les interconnexions flanchent — tension réactivée par les épisodes récents sur les marchés gaziers (cadrage marché électricité taïwanais).
Verdict WattsElse
Ho-Ping n’est pas une entreprise de transition climatique au sens étroit du terme : c’est une infrastructure fossile critique pour le réseau, dont la légitimité repose sur la disponibilité courte terme plus que sur la neutralité carbone. La formule qui résume le pari : tenir le contrat Taipower jusqu’à ce que l’île n’ait plus besoin — ou plus le droit — de payer ce prix-là.
Sources : gem.wiki · media.taiwancement.com · clpgroup.com · connaissancedesenergies.org · media.taiwancement.com · media.taiwancement.com · tccgroupholdings.com · tccgroupholdings.com · taipeitimes.com · taipeitimes.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
CTT
Si Lisbonne incarne une grille électrique parmi les plus renouvelables d’Europe, le groupe historique du courrier portugais illustre une fracture familière du secteur logistique : la chaîne sous-traitée grossit plus vite que la décarbonation maîtrisée en interne.
Voir la ficheNOBATEK/INEF4
Institut de recherche appliquée qui fait souffler le vent de la transition énergétique dans le bâtiment, en jonglant entre expertise technique et ambitions vertes… avec un soupçon d’investissement stratégique.
Voir la ficheCaliza Solar, S.L.
Caliza Solar n’est pas une « start-up solaire » : c’est une société projet espagnole, casée dans la holding Titan 2020, rachetée à 100 % par le pétrolier Galp.
Voir la ficheHolcim (Deutschland) GmbH
Holcim (Deutschland) GmbH, c’est aujourd’hui la filiale allemande du groupe Holcim : ciment, granulats, produits pour le bâtiment et boucles de recyclage.
Voir la ficheEólica Pestriz
Derrière un nom de SPV presque anodin se cache l’un des blocs éoliens les plus visibles de la Ribera navarraise : 52,8 MW de puissance nominale, des chiffres d’affaires de société qui plongent en 2024, et la maison-mère Enhol qui verrouille l’avenir avec un PPA historique signé avec Axpo.
Voir la ficheKruger Energy
** Filiale d’un géant privé du papier et du carton, Kruger Energy fait rouler des turbines là où le groupe historique peine à équilibrer ses bilans.
Voir la ficheSynergen
Le ticket WattsMonde « Pétrole & Gaz » ne colle pas à l’entité documentée par vos traces ouvertes : il désigne en réalité SynerGen Solar, développeur américain de projets photovoltaïques « communautaires », basé au Maryland — à distinguer nettement de Synergen USA (services de terrain sur hydrocarbures au Sud des États-Unis).
Voir la ficheEasywatt
Easywatt ne désigne pas un groupe unique sur lequel cliquer : sous la même consonance circulent une SAS guyanaise productrice d’électricité, un installateur français passé par Lyon, et une PME belge exposée aux comptes annuels — le tout dans un marché européen du PV en forte diffusion mais saturé de marques « easy ».
Voir la ficheComiolica, S.L.
Comiolica ne vend pas une « transition » abstraite : elle monetise du MWh sous courbe de prix espagnole, avec une extension solaire sous conditions d’aides et un chantier-stockage très surveillé.
Voir la ficheShree Cement ltd
Troisième cimentier indien par la taille, Shree Cement Ltd (cotée en Inde) vit une mue double : monter en volume de ciment tout en transformant sa consommation d’électricité en parc productif d’énergies renouvelables, récupération de chaleur et pilotage du coût du kWh.
Voir la ficheTotalEnergies Italia
La filiale italienne du groupe français incarne un paradoxe net : discours « multi-énergies » et électricité renouvelable en vitrine, mais cœur d’activité toujours accroché au brut lucanien.
Voir la ficheClark Electric Distribution Company
Filiale philippine où chaque ligne de facture est arbitrée avec l’Energy Regulatory Commission, Clark Electric Distribution Corporation (CEDC) tire sa croissance d’une concession unique dans une zone très industrialisée — tout en héritant des tensions réseau, climatiques et juridiques d’un système électrique où le « vert » passe aussi par les encours sur la…
Voir la ficheEolica 2000
Née avec le tout premier éolien régional, Eolica 2000 SL vit désormais au rythme d’un parc vieillissant et d’une extension contestée au cœur du Sud cantabrien.
Voir la ficheMontebalito EnergÌ_as Renovables (MTBren)
La filiale Montebalito Energías Renovables (sigle MTBren, parfois MER dans les documents du groupe) revendique encore le solaire, mais vit dans l’ombre d’une Montebalito S.A.
Voir la ficheJärvsö Sörby Vindkraft AB
Le profil suédois Järvsö Sörby Vindkraft AB (org.nr 556781-2200) n’est pas une marque grand public : c’est la coquille juridique qui exploite Sörby, un parc éolien terrestre de 122 MW aux confins de Bollnäs et Ljusdal, dans le comté de Gävleborg — un actif que la base Global Energy Monitor rattache au portefeuille d’investissement d’Allianz.
Voir la ficheGas Unión Fenosa
Le nom évoque une Espagne énergétique d’avant-fusion ; la réalité boursière et industrielle, c’est Naturgy, groupe coté né du rapprochement de Gas Natural et d’Unión Fenosa (2009), rebaptisé en 2018.
Voir la ficheAttijariwafa Bank
Attijariwafa Bank ne vend pas des kilowattheures, mais elle pèse déjà sur la transition énergétique par un levier décisif: l’allocation du capital.
Voir la ficheMarka Grup
Le nom évocateur cache deux réalités incommensurables.
Voir la ficheNAFTA
Le mot « NAFTA » renvoie immédiatement à l’ALENA version accords commerciaux — curieux homonyme pour une société dont le métier est le vide poreux de la roche, les baromètres de manque et les pipelines.
Voir la ficheInSinkErator
** Marque historique des broyeurs d’évier et des Fontaines d’eau chaude instantanée, InSinkErator incarne une innovation domestique discrète mais politique : elle promet de faire entrer les restes dans le réseau d’assainissement — là où d’autres préfèrent le compost et le tri à la source.
Voir la ficheEviny
Le profit explose alors que les investisseurs publics bergenois engrangent des dividendes inédits ; en parallèle, un projet éolien de 1,5 milliard de couronnes s’effondre sous la contestation locale.
Voir la ficheMevra Energy
Mevra Energy n’est pas un start-up scandinave tapant des centaines de millions à la BEI : c’est une société tchèque (IČO 28568401), née en 2008, qui opère le site « Mevra Eco Waste » et vise, derrière le recyclage chimique, une production d’électricité désormais inscrite dans ses statuts.
Voir la ficheSC CET Iaşi SA
À Iași, la chaleur urbaine ne tient pas qu’à des promesses : elle tient à deux centrales, à des kilomètres de canalisations et à SC CET Iași SA — opérateur historique toujours marqué par l’insolvabilité — tandis que la mairie enchaîne les appels d’offres au gasoil du milliard de lei pour passer du charbon au gaz et tester PV et hydrogène.
Voir la ficheAfrica Green Energy (AGE)
Afrique, soleil et vent : AGE veut sauver la planète avec du beau courant local… et un brin d’hydrogène vert pour faire bonne mesure.
Voir la fiche