JSC "GSR CHP"
** À Kolpino, près de Saint-Pétersbourg, une cogénération au gaz affiche des comptes 2025 en forte embellie — le revers du décor, c’est un carnet d’arbitrages qui pèse autant qu’un deuxième chiffre d’affaires.
À propos de JSC "GSR CHP"
1. Modèle économique
L’entité JSC « GSR CHP » (АО «ГСР ТЭЦ») est, selon les bases de données sectorielles, la structure juridique qui porte la centrale de cogénération du groupe GSR Energo à Kolpino : production couplée d’électricité et de chaleur pour un tissu industriel et urbain dense. Les revenus reposent sur la vente d’énergie et de services thermiques, avec une exposition marquée aux marchés publics : la plateforme Star-Pro recense un bond du volume contractuel en 2025 (1,1 milliard de roubles contre 446 millions en 2024), après un historique plus difficile (perte nette évoquée pour 2022 sur la même fiche). Sur le plan comptable agrégé, Checko fait état pour 2025 d’un chiffre d’affaires d’environ 4,5 milliards de roubles (+12 % sur un an) et d’un résultat net d’environ 523 millions de roubles (+286 %). TAdviser et Birweb situent l’effectif autour de 151 salariés (données de veille 2024–2025). Le capital social est indiqué à 2,07 milliards de roubles sur Reputation.ru. En résumé : une utility thermique rentable à court terme, mais calibrée sur des flux réglementés et des appels d’offres étatiques.
2. Impact réel
Le bâtiment nerveux reste une CCGT gazière à Kolpino : Global Energy Monitor classe l’installation comme centrale gaz fossile opérationnelle ; le site groupe annonce une capacité nominale de l’ordre de 110 MWe et 77 Gcal/h pour l’« unité gaz » avec un coefficient d’utilisation (KIUM) supérieur à 80 % sur les installations récentes — un indicateur d’exploitation serrée, pas de décarbonation. Parallèlement, les annonces corporate mettent en avant la modernisation du parc thermique VK-2 et une volumétrie de l’ordre de 400 Gcal/h, ainsi qu’une chaudière vapeur destinée aux industriels (actualités GSR Energy, TAdviser). Part d’EnR, bilan carbone audité ou rapports équivalents CSRD : aucun document français ou européen de type ADEME / rapport SNBC ou rapport ESRS retrouvé pour cette société précise ; l’empreinte climat réelle dépend quasi intégralement du facteur d’émission du gaz russe au poste combustion — non communiquée de façon consolidée dans les sources consultées pour cette fiche. Pour un lecteur européen, le contraste saute : là où la PPE3 verrouille la trajectoire de sortie des fossiles, ce modèle incarne encore la « modernité thermique » au gaz.
3. Innovations / partenariats
Le narratif tech est avant tout celui du parc existant tiré au maximum de ses performances : modernisation VK-2, chaudières vapeur, montée en disponibilité. Sur la partie grands contrats, le groupe a publicisé avec ESK SOYUZ un accord de chantier sur le bloc de production CCGT à Kolpino — une chaîne d’EPC typique du secteur russe, plus qu’une « startup climat ». Investissements historiques cumulés : TAdviser mentionne un montant cumulatif supérieur à 10 milliards de roubles dans le complexe kolpinois — capex déjà amorti en partie, mais structurant pour l’empreinte au sol.
4. Greenwashing / zones grises
Le principal écart narratif réside dans le décor « efficience » versus « décarbonation » : mieux faire tourner du gaz reste faire tourner du carbone géologique. GEM.wiki tranche sans ambiguïté sur une filière fossile pour la turbine gaz. Le risque sociétal n’est pas seulement climatique : Reputation.ru recense (données affichées en 2026) 468 affaires en arbitrage pour un montant cumulé d’environ 9,8 milliards de roubles — soit plus de deux fois le chiffre d’affaires 2025 rapporté par Checko. Ce n’est pas un jugement moral : c’est une exposition procédurale chiffrée, rarement mise en avant dans les plaquettes RSE absentes du dossier public. Côté incident local, la presse régionale du Nord-Ouest a couvert une différenciation de responsabilité sur une amende liée à un déversement (-1,7 million de roubles), avec imputation discutée vers un organisme voisin selon la chronique rapportée dans Vestnik SZFO — utile pour rappeler que la conformité environnementale se lit aussi au tribunal administratif, pas seulement au discours corporate.
5. Positionnement stratégique
Le signal 2025 est clair : rentabilité regonflée et commandes publiques en forte hausse (Checko, Star-Pro) — classique pour un opérateur captif d’une zone industrielle et d’une tarification régionale mentionnée dans la littérature de veille TAdviser. Paradoxalement, la santé financière apparente peut masquer une fragilité systémique : la marge protège jusqu’à ce que le mix tarifaire ou le bloque judiciaire se retourne. Pour le groupe au-delà du JSC, les annonces anciennes ont aussi évoqué des mouvements de capital infrastructures au travers de véhicules d’investissement (communiqué Macquarie Renaissance) — un rappel que l’outil énergétique local est financé comme un actif régulé, pas comme une transition.
Verdict WattsElse
Kolpino ne « transitionne » pas : elle optimise. Tant que le gaz fait office de ligne de défense industrielle russe et que les tribunaux d’affaires absorbent des milliards, le KPI qui compte n’est peut-être ni le MW ni le rouble — mais le nombre de dossiers encore ouverts.
Sources : gsrenergy.ru · star-pro.ru · checko.ru · tadviser.com · site.birweb.1prime.ru · reputation.ru · gem.wiki · gsrenergy.ru · ecologie.gouv.fr · gsrenergy.ru · sz-fo.ru · gsrenergy.ru
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
GDF SUEZ Energie Deutschland AG
Derrière l’ancienne raison sociale GDF SUEZ Energie Deutschland AG (sigle EDAG dans les déclarations publiques allemandes) se profile la manœuvre allemande d’ENGIE : accélérer les renouvelables dans un marché sous tension, tout en laissant une part structurante du chiffre d’affaires à la commercialisation de gaz et d’électricité « classiques ».
Voir la ficheSolar Power (Loei 2) Company Limited
Solar Power (Loei 2) Company Limited n’est pas une « start-up green » : c’est une société projet gravée dans le marbre du premier cycle solaire massif du pays, sous contrôle intégral de SPCG.
Voir la ficheNostrum Oil & Gas
Une cotée londonienne qui joue à saturation ses usines au nord-ouest du Kazakhstan pendant que Chinarevskoye vieillit — et misera sur Stepnoy Leopard pour ne pas rester coincée entre prix du Brent et dette à refinancer.
Voir la ficheS.C. Termoelectrica
Derrière le sigle « Termoelectrica », deux histoires européennes se disputent le même nom : ici, il s’agit de la société anonyme moldave qui pilote la production et la distribution de chaleur à Chișinău et une partie du réseau centralisé — pas du vieux groupe roumain homonyme en liquidation depuis des années.
Voir la ficheLongsol
Une Poisson d’avril du classement : le nom « Longsol » renvoie côté bases généralistes à une commune de l’Aube — à ignorer ici.
Voir la fichePurfina
Avant d’apparaître dans WattsMonde, « Purfina » sonne déjà comme un nom d’époque : ce n’est plus une personne morale ni un P&L en 2026, mais l’amorce marketing de ce qui est devenu la marque Fina, puis le groupe Total, aujourd’hui TotalEnergies.
Voir la ficheWattpark
Le projet a longtemps tenu la corde : plateforme de réservation, bornes « made in France », partenariat industriel à Blanquefort pour viser des volumes à six chiffres.
Voir la ficheStanwell Corporation
Stanwell Corporation — société cotée pétrole & gaz dans le cache WattMonde — correspond en réalité, selon tout le dossier public, au principal producteur d’électricité du Queensland et à l’un des plus gros émetteurs de gaz à effet de serre d’Australie : elle n’est pas un acteur hydrocarbures amont.
Voir la ficheCMS Energy
CMS Energy incarne la lente mutation d’un groupe électro-gazier de Michigan : bilan trimestriel dopé par une demande nouvelle (dont les mégacentres de données), dividendes en hausse et plan « fiabilité » massif — tout en étant pris en tenaille par une procureure générale qui veut rogner les hausses de tarifs et un épisode charbon forcé par la sphère…
Voir la ficheDirection Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)
Ni « entreprise », ni géant nordique : sous l’étiquette DREAL — Directions régionales de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement — se cachent les services déconcentrés de l’État français qui, au quotidien, instruisent, inspectent et sanctionnent ce qui peut polluer, prendre feu ou bloquer une ligne électrique.
Voir la ficheCuerva Energía
Cuerva sort du cadre du simple distributeur-andalou : son pari sur un immense stockage par pompage à Grenade illustre la course au gigawatt, tandis que ses comptes d’exploitation et sa gouvernance de holding posent la question de la lisibilité financière au regard d’ambitions industrielles vertigineuses.
Voir la ficheLafargeHolcim Maroc
LafargeHolcim Maroc avance sur une ligne de crête: profiter du boom des chantiers marocains tout en vendant un matériau dont le cœur industriel reste l’un des plus carbonés de l’économie réelle.
Voir la ficheENWIRES
Dans la batterie européenne, ENWIRES ne vend pas un rêve grand public: elle essaie de résoudre un verrou industriel.
Voir la ficheZAO NATEK Invest-Energo
AO « НАТЭК ИНВЕСТ-ЭНЕРГО» incarne cette Russie industrielle où l’État régional verrouille le confort thermique comme une question de sécurité de fonctionnement, pas comme un débat climat à l’européenne.
Voir la ficheSiemens (Greece)
Le rouleau compresseur Siemens ne se dément pas côté Balkans : en Grèce, la filiale affiche une accélération commerciale dopée par le verdissement du mix et des infrastructurations critiques.
Voir la ficheKON CHEMICAL SOLUTIONS E.U.
Cabinet autrichien de génie chimique et des procédés, KON Chemical Solutions e.U.
Voir la ficheHaapajärven Lämpö Oy
Pèse-feu finlandais d’un territoire nordique : un réseau de chaleur qui mise sur les résidus de scierie, une centrale « bio-hybride » et, à l’arrière-plan, le bruit des impôts sur le bois.
Voir la ficheElectronorte
** Eletronorte incarne le paradoxe du « vert » brésilien : des milliers de kilomètres de lignes pour accrocher éolien et solaire au réseau, au prix d’une empreinte hydrique et territoriale qui remonte aux grands barrages.
Voir la ficheElawan Fotovoltaica Escatrón 1, SL.
** C’est une société anonyme à milliers d’euros de capital qui porte un bloc photovoltaïque capé au réseau dans une Aragon très scrutée sur les oiseaux.
Voir la ficheSTOA Infra & Energy
STOA Infra & Energy, c’est le nom du fonds d’infrastructure à finalité d’impact lancé en 2017 par la CDC et l’AFD pour porter des participations en fonds propres dans les pays émergents — pas une start-up ni une industriel homonyme.
Voir la ficheTAINDE S.L.
Une PME asturienne, dossier figé au BORME, et une case « énergies renouvelables » qui, sur le papier marchand, ne colle pas aux données accessibles.
Voir la ficheTERNA
À ne pas confondre avec une commune homonyme du nord de la France : Terna S.p.A.
Voir la ficheINTERNATIONAL COMMISSION ON LARGE DAMS
L’International Commission on Large Dams (CIGB/ICOLD) n’est pas une entreprise au bilan comptable publié : c’est l’organe technique de référence qui agrège l’ingénierie des grands barrages, alimente le débat public sur l’hydro et tente d’encadrer la durabilité pendant que la science des réservoirs — méthane compris — grignote l’image d’une EnR sans nuance.
Voir la fiche