Karnaphuli Power Limited
Bangladesh.
À propos de Karnaphuli Power Limited
1. Modèle économique
KPL fonctionne comme producteur indépendant (IPP) : vente au Bangladesh Power Development Board via un accord de concession BOO à 15 ans et mise en service commerciale le 20 août 2019 pour une puissance brute d’environ 117 MW et nette déclarée 110 MW, selon les fiches projet du groupe (présentation corporate, infrastructure recensée). L’État demeure le client unique dans ce schéma, ce qui plie tout le métier aux paiements tardifs chroniques du secteur et aux plans de désendettement massifs financés au budget révisé (ordre 620 milliards de taka d’allègement envisagés pour faire baisser la dette circulaire selon les chiffres de presse officielle, paiement aux IPP).
Sur les comptes, la filière est rentable aux yeux du marché coté : lors de son AGO de décembre 2025, la maison mère Baraka Patenga Power mentionne environ 41,63 crores Tk de bénéfice pour KPL sur l’exercice financier assorti à cet exercice, dans un dossier où le consolidé groupe ressort à ≈23,75 crores Tk tout en voyant les actionnaires valider un dividende cash de 2 % (résultats FY25). Chiffre d’affaires détaillé et effectif social de KPL : non isolés dans les extraits accessibles en ligne à ce stade — le modèle reste turbine + charge fixe typique des IPP fioul plutôt qu’une plateforme diversifiée.
2. Impact réel
L’impact climatique direct est celui d’une centrale à carburant liquide lourd : les six moteurs Wärtsilä 18V50 tournent au HFO, avec 6,5 MW additionnels issus de récupération de chaleur sans carburant supplémentaire signale sur la fiche terrain — un gain d’efficacité local, pas un changement de matière première (fiche centrale). Le retrait programmé est calé sur la fin de contrat 19 août 2034 au terme des 15 ans annoncés, ce qui fixe l’horizon carbone.
Rapporté aux trajectoires européennes (PPE, CSRD), la comparaison est peu transposable : KPL n’est pas soumise à ces cadres. En revanche, la tension est la même à l’échelle système : réduire le fioul au profit de gaz et charbon plus importés de courant, dans un pays qui cherche à soulager facture et files d’attente de paiement — la presse économique relie explicitement la baisse de la part HFO d’environ 50 % à ≈20 % à des achats BPDB recalibrés (évolution du mix fioul).
3. Innovations / partenariats
Le gros des « innovations » visibles est ingénierie de cycle combiné simplifié : chaudières de récupération Alfa Laval et turbine vapeur pour capter la chaleur résiduelle, toujours selon la documentation projet (détail technique). Partenariats : PPA avec le BPDB, chaîne d’approvisionnement Wärtsilä et Alfa Laval, gouvernance sous Baraka Patenga (et actionnariat minoritaire Baraka Power / Fusion Holdings selon les documents recensés par le groupe, page filiale). Aucun programme RSE type CSRD ni rapport ADEME dédié n’a été identifié pour cette entité — logique pour un actif hors Union européenne.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le marketing vert : c’est le fosse national entre rentabilité d’actif et pression politique sur le fioul. La presse note que la part HFO dans la production a fondu d’environ 50 % à ≈20 % en 2025, avec corrélation sur les arriérés vers les centrales fioul : ≈100 milliards à ≈70 milliards de taka de créances en souffrance sur trois mois selon les chiffres cités par la même enquête (mix et impayés). En parallèle, la société civile de Chattogram a manifesté en janvier 2025 contre le plan directeur énergétique accusé de maintenir ≈50 % de fossiles à l’horizon du texte, dans un contexte où KPL reste un symbole local de soutien au réseau mais aussi de dépendance liquide (mobilisation à Chattogram).
Côté gouvernance financière du bloc actionnarial, Baraka Power (actionnaire à 25 % dans la structure publiée) a validé un dividende nul fin 2025 malgré des bénéfices consolidés affichés — signal de trésorerie conservée ou de tensions en amont, à relier prudemment aux échéances du secteur et non à une condamnation (AGO sans dividende). Pression environnementale riveraine : des enquêtes de presse décrivant several tonnes de rejets urbains quotidiens vers le fleuve Karnaphuli et une rése étendu polluée donnent un cadrage géographique où toute centrale rivière fait l’objet d’un regard accru, sans attribuer isolément tel rejet métallique précis à KPL sans dossier technique public (pressing sanitaire Chattogram).
5. Positionnement stratégique
L’entreprise joue encore la carte cash-flow court terme : profits KPL contre cyclique budgétaire nationale. Le cadrage spatial (Kolagaon / Patiya, coordonnées opérationnelles recensées sur les bases ouvertes, Vue OpenInfraMap) ancre la centrale là où la critique nationale du mix prend corps. La fin de PPA en 2034 est la variable maîtresse : soit conversion / fermeture, soit négociation de prolongation sous de nouvelles contraintes de carbone et de prix du fioul.
Verdict WattsElse — KPL est un joueur de basculement à l’orient fossile encore rentable tant que les paiements BPDB tiennent et que quelques pourcent-points de fioul dans le pays absorbent la flexibilité nationale ; perdre quelques points de quota HFO au réseau, ce n’est pas une footnote comptable : c’est le minuteur stratégique de sa chambre de combustion.
Sources : barakapower.com · energytransitionbd.org · thefinancialexpress.com.bd · publisher.tbsnews.net · thefinancialexpress.com.bd · bpplbd.com · tbsnews.net · tbsnews.net · publisher.tbsnews.net · openinframap.org
Données clés
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- Q111265839
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