Lanco Solar Power Limited
La raison sociale « Lanco Solar Power Limited » ne ressort pas comme telle des registres d’entreprises publics consultés ; c’est très probablement un raccourci vers la branche photovoltaïque du groupe Lanco.
À propos de Lanco Solar Power Limited
1. Modèle économique
Historiquement, la société s’inscrit dans la chaîne de valeur du solaire indien : projets, ingénierie, fabrication de modules (capacité citée de l’ordre de 300 MW/an au Chhattisgarh selon des profils sectoriels agrégés ; références à des centriques plus petites, par exemple à Dhule — voir historique projets Tracxn). Les flux actuels, eux, témoignent d’une activité résiduelle : Tracxn rapporte un chiffre d’affaires d’environ 6,25 crore ₹ pour l’exercice clos le 31 mars 2025 (de l’ordre de 0,7 M€ au taux de mars 2025) et 55 salariés au 30 septembre 2024. Parallèlement, la fiche TheCompanyCheck indiquait au 5 janvier 2026 un capital libéré d’environ 200,1 crore ₹ pour un capital autorisé affiché à 2 000 crore ₹, chiffres typiques d’un passif industriel conservé « sur papier » plutôt que d’une PME dynamique. Le groupe d’appartenance a été contraint de céder des actifs bien plus « cash-cow » — la centrale thermique Lanco Amarkantak, acquise par Adani Power pour 4 101 crore ₹ après homologation NCLT en 2024 (InsolvencyTracker, communiqué PIB/ICC) — signalant que le redressement du bilan passe par le charbon pour financer une fraction infime des créances globales, pas par le PV.
2. Impact réel
L’impact climatique « positif » de l’entité se lit surtout a posteriori : Tracxn évoque encore des références emblématiques (dont un projet cité de 80 kW au Parlement indien), aujourd’hui ancrées dans la communication d’époque plutôt que dans un carnet de commandes publiement alimenté entre 2024 et 2026. À l’inverse, le cœur du groupe Lanco continue d’être rogné par des actifs thermiques vendus sous contrainte — ce qui affecte la lecture « pure player » EnR : le rachat d’Amarkantak par Adani vise avant tout une centrale au charbon à remettre au régime de la restructuration obligataire indienne, pas une transition narrative vers le 100 % renouvelable (InsolvencyTracker). Côté cadres européens (PPE, CSRD, fiches ADEME), aucune donnée transposable n’a été trouvée : l’entreprise n’est pas un rapporteur CSRD identifié dans l’Union et ne figure pas dans les bases françaises d’agences publiques sous ce nom.
3. Innovations / partenariats
Le « partenariat » le plus structurant est juridique : après admission en procédure collective par la Andhra Bank en 2019 (voir synthèse Moneycontrol), Lanco Solar Energy a été attribuée au consortium JVS–Derit Infra, dont le plan a été avalisé par le NCLT en 2023 ; la table des ordres IBBI liste encore des décisions jusqu’à 2024, signe que le dossier judiciaire reste vivant. Sur le plan industriel, l’innovation observable se limite aux actifs hérités (ligne de modules, références de projets cités par Tracxn) ; aucune annonce publique de levée de fonds, de PPA flambant neuf ou de coentreprise technologique n’a été repérée dans la presse généraliste et spécialisée au-delà de cette procédure.
4. Greenwashing / zones grises
La principale zone grise n’est pas un slogan marketing mais un désalignement massif, daté et sourcé, entre apparente légalité et santé économique : TheCompanyCheck recense 12 552 crore ₹ de « charges ouvertes » au 5 janvier 2026 pour un chiffre d’affaires résiduel de 6,25 crore ₹ en FY25 selon Tracxn — soit un rapport qui interdit de présenter la structure comme un acteur solaire « en ordre de marche ». Deuxième risque systémique : la touffe de homonymes (Energy vs Private Limited) ; le dossier IBBI sur Lanco Solar Private Ltd. (U74900TG2008PTC060157) documente une liquidation depuis août 2021, distincte de l’entité Energy qui reste « Active » au registre tout en portant le poids des créanciers (ZaubaCorp sur l’Energy, Economic Times). Toute communication « vert » reposant sur l’ancienneté de la marque sans actualiser ces ratios est donc factuellement trompeuse.
5. Positionnement stratégique
Dans un marché solaire indien où l’écorce des coûts compresse les marges des fabricants, survivre avec quelques crores de revenus et un millier de crores de sûretés ouvertes, c’est occuper surtout un siège au comité des créanciers, pas une part de part de marché exportable. La gouvernance reste marquée par des mouvements de dirigeants (ex. nomination d’Kamal Kant Maheshwari comme administrateur additionnel fin 2024/reporting 2025 sur TheCompanyCheck) plutôt que par des signatures d’EPC internationaux. À l’échelle du groupe, l’opération Adani sur Amarkantak fixe le curseur stratégique : la valeur monétisable est encore du thermique résilient, pas du PV en expansion (InsolvencyTracker).
Verdict WattsElse
Quand une filière EnR affiche encore « active » au registre mais vit en crore dessous ce que ses créanciers réclament en millier de crore, le soleil ne suffit plus à éclairer le bilan : ce n’est pas une transition annoncée, c’est une relique comptable qui attend la prochaine décision du tribunal. Le photovoltaïque, ici, sert surtout de titre de créance.
Sources : tracxn.com · tracxn.com · thecompanycheck.com · insolvencytracker.in · pib.gov.in · moneycontrol.com · ibbi.gov.in · ibbi.gov.in · zaubacorp.com · economictimes.indiatimes.com
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