Aibel
Le chantier ne se limite plus au pétrole : Aibel AS s’est imposée comme sous-traitant lourd de l’éolien en mer et des plateformes électriques.
À propos de Aibel
1. Modèle économique
Aibel est une entreprise de services pour l’offshore pétrolier et gazier, l’éolien en mer et l’électrification de champs : ingénierie, construction, modifications et maintenance sur le cycle de vie des projets. La maison mère suédoise Ratos publie un chiffre d’affaires de 18,03 milliards de NOK en 2024, avec 47 % des revenus issus de l’éolien offshore et de l’électrification, et un carnet où 55 % des projets relèvent des énergies renouvelables ou de solutions bas carbone. Les comptes publics norvégiens (Regnskapstall) font état d’une hausse d’environ 27 % du CA et d’un fort redressement du résultat avant impôts sur l’exercice 2024, avec 3 797 employés côté filiale norvégienne déclarée ; des estimateurs tiers (Revelio Labs) situent l’effectif mondial vers 5 847 personnes en septembre 2025, en léger recul annuel — chiffre indicatif (méthodologie propriétaire).
2. Impact réel
La bascule vers l’éolien offshore et l’électrification de sites constitue l’argument central de l’impact : près de la moitié du CA et la majorité du carnet orientés « bas carbone » selon le rapport de durabilité 2024. Côté chantiers nordiques, le même document évoque des réductions d’émissions de l’ordre de 160 000 tCO₂/an via le raccordement électrique terrestre des champs Sleipner et Gudrun (livraison Sleipner en avril 2024 dans la lignée rapportée Ratos/Aibel). Ces projets s’inscrivent dans la dynamique de désenfumage du plateau continental et dans l’éolien en mer européen (objectifs agrégés des plans climat européens) ; ils ne relèvent pas des dispositifs français type ADEME tant qu’ils restent hors territoire. L’intensité énergétique déclarée atteint 3,6 MWh par million de NOK de chiffre d’affaires en 2024 (même source Ratos).
3. Innovations / partenariats
Le portefeuille mêle infrastructures pour la connexion électrique des parcs (travaux sur des liaisons de l’ordre du gigawatt pour le réseau allemand) et maintenance/modernisation sur le shelf : début 2026, Aibel annonce de larges accords-cadres Equinor sur le M&M en mer et à terre. Pour la fabrication, un pilote fabrication additive / 3D est mené avec Equinor. En Asie, l’entreprise a porté une phase FEED pour le parc flottant MunmuBaram en Corée du Sud. Fin janvier 2026, un pas latéral apparaît : co-présentation avec Utror d’un concept d’aquaculture offshore — diversification récente, encore marginale face au cœur énergie.
4. Greenwashing / zones grises
Tension chiffrée et sourcée : malgré la rhétorique « transition », les émissions de GES totales déclarées Bond de 21,86 % en 2024 pour atteindre 111 214 tCO₂eq, avec explication par l’expansion de l’activité en Thaïlande (rapport de durabilité 2024). Deuxième tension à coût direct : l’arbitrage à Stockholm (janvier 2026) avec Seatrium sur la plateforme DolWin 5, avec des revendications croisées de l’ordre de ~180 M€ (Seatrium) et ~113 M€ (Aibel) selon la presse spécialisée et les annonces boursières — périmètres, retards et « design freeze » au cœur du litige, résumé aussi dans la déclaration Aibel. Enfin, environ 53 % du CA 2024 reste exposé au pétrole & gaz classique (M&M et services associés), ce qui fixe un plafond de sensibilité aux cycles d’investissement fossiles (Ratos 2024).
5. Positionnement stratégique
La lecture stratégique est celle d’un EPCI / yard nordique qui surf sur les appels d’offres HVDC et éolien en mer tout en conservant une dorsale pétrolière via les contrats de maintenance sur actifs matures. Le contentieux DolWin 5 teste la répartition des risques dans les consortiums sur grands convertisseurs — un signal pour la filière éolien offshore en mer du Nord. Côté actionnaire, la documentation 2024 évoque une proposition de ~600 MNOK de dividende vers Ratos : profil de PME industrielle rentable, pas de pure player climat.
Verdict WattsElse
Aibel est le chantier du paradoxe : moitié éolien et bas carbone au compteur, moitié legacy pétrolier au comptable, et des émissions qui montent quand la tôle s’étend en Asie. Tant que DolWin 5 fera la une des tribunaux d’arbitrage autant que celle du climat, le vert sera un bilan, pas une étiquette.
Badge possible : « Du shelf norvégien au câble allemand — l’acier paye encore le gaz »
Sources : en.wikipedia.org · ratos.com · regnskapstall.no · reveliolabs.com · ademe.fr · aibel.com · aibel.com · aibel.com · aibel.com · investors.seatrium.com · offshorewind.biz · aibel.com
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** Dans les bases de données, « UNIRI » sonne comme un sigle corporate ; dans la réalité, c’est l’Université de Rijeka : une machine à diplômes et à projets, pas à chiffre d’affaires.
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