Long Vindpark AB
Face au brutal décrochage des prix spot nordiques en 2024, le petit parc éolien Long incarne la fracture entre actifs renouvelables réels et rentabilité marchande : trois turbines, une consolidation capitalistique sous la bannière d’un groupe listé, et une exposition financière qui se lit davantage dans les comptes de la holding que dans une communication…
À propos de Long Vindpark AB
1. Modèle économique
Long Vindpark AB est une société exploitant trois éoliennes Vestas V90 de 2 MW à Varaslåtten près de Vara, soit 6 MW nominals pour une production attendue d’environ 16,5 GWh/an pour l’ensemble du site (page projet Long). L’entité est immatriculée en Suède sous le numéro d’organisation 556778-5026, siège à Vara (fiche Proff).
La chaîne de valeur passe par Slättens Vind AB (publ) : la holding annonce être montée à 43,8 % du capital de Long Vindpark AB au 1ᵉʳ avril 2024, avec redistribution à Slättens de 43,75 % des revenus d’exploitation du parc (consolidation Long). Les agrégats financiers ouverts aux observateurs extérieurs concernent surtout Slättens Vind : selon les données publiées via les registres suédois, la société mère affiche un chiffre d’affaires de 10,573 MSEK en 2024 contre 20,259 MSEK en 2023, et un résultat net défavorable après charges financières (−4,64 MSEK environ pour l’exercice 2024 dans les extraits consultés) (extrait comptable Allabolag). Le chiffre d’affaires propre à Long Vindpark AB et son effectif ne sont pas retrouvés dans les sources ouvertes vérifiées lors de cette veille : il convient donc de raisonner sur la participation et les flux vers Slättens plutôt que sur une photographie bilantaire autonome du SPV.
2. Impact réel
Six mégawatts éoliens en Suède alimentent directement le réseau avec une électricité à faible intensité carbone au sens du mix nord-européen dominant hydro‑nucléo‑éolien ; les 16,5 GWh annoncés correspondent à la consommation domestique de plusieurs milliers de foyers sur une année type (page projet Long). Dans le cadre français PPE3 / fiches ADEME, cet actif ne relève pas du périmètre national : la lecture climatique pertinente est européenne (accélération éolienne terrestre, réduction du fossile résiduel dans les pays voisins), sans substitut à un bilan carbone projet par projet, non retrouvé dans les documents cités ici.
3. Innovations / partenariats
Sur le volet gouvernance capitalistique, Orrön Energy Sweden AB est devenu premier actionnaire de Slättens Vind avec environ 14 % des voix au 31 juillet 2024 (communiqué Slättens), plaçant la holding qui contrôle Long sous l’influence d’un producteur d’électricité renouvelable suédois historiquement issu du giron Lundin. Côté technique groupe, Slättens a mis en service un premier BESS 1 MW / 1,1 MWh à Norra Vånga en août 2024 (actualité décembre 2024) : il s’agit d’un investissement de maillage pour le portefeuille, pas d’un équipement documenté comme rattaché spécifiquement aux trois turbines de Long.
4. Greenwashing / zones grises
La première tension est chiffrée et marchande : selon un télégramme d’analyse relayé en décembre 2024, Slättens Vind aurait vu son chiffre d’affaires du troisième trimestre divisé par huit, à 0,3 MSEK contre 2,5 MSEK un an plus tôt, avec explicitement l’argument des prix de l’électricité « extrêmement bas » (Placera). Ce n’est pas du « greenwashing » au sens marketing, mais un risque de narration verte déconnectée de la réalité des marges lorsque la valeur verte ne se traduit pas par une valorisation stable du MWh.
La seconde tension est réputationnelle et documentée par la presse et la justice : Orrön Energy est liée au groupe Lundin, dont d’anciens dirigeants font l’objet d’un procès pénal en Suède pour complicité présumée de crimes de guerre au Soudan, procès ouvert en septembre 2023 selon la couverture de Reuters. Pour des investisseurs ESG, l’entrée au capital de ce groupe via Slättens impose une due diligence de chaîne d’actionnariat qui dépasse le simple critère « énergies renouvelables ».
Enfin, la liquidité des titres Slättens après la fermeture de Pepins et la bascule vers Monitor Capital Market est un signal de marché restreint pour les petits porteurs (note mars 2025), sans équivalence automatique avec une défaillance opérationnelle mais avec coût de transaction et transparence moindre.
5. Positionnement stratégique
Le portefeuille annoncé par Slättens visait environ 47,3 GWh de production attendue pour 2024 après consolidation des participations (article mars 2024), plaçant Long comme brique modeste mais consolidée dans une stratégie de verticalisation patrimoniale sous prix nordiques volatils. Le rapport trimestriel Orrön du troisième trimestre 2024 évoque par ailleurs une production globale environ 10 % sous les attentes et un prix moyen capté de l’ordre de 35 €/MWh (rapport Q3 2024 — PDF Lundin Group), contexte dans lequel un SPV comme Long vit surtout ses conventions de cash‑flow avec la holding et la température des marchés de l’électricité.
Verdict WattsElse
Long Vindpark AB n’est pas une « success story » storytelling : c’est un actif éolien réel, broyé par la mécanique des prix et absorbé dans une recomposition capitalistique où la couleur du bilan énergétique et celle du bilan moral des actionnaires ne coïncident pas automatiquement.
Sources : slattensvind.se · proff.se · slattensvind.se · allabolag.se · slattensvind.se · slattensvind.se · placera.se · reuters.com · slattensvind.se · thelundingroup.com
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Parque Fotovoltaico Santa Adriana SpA
Ce n’est ni une start-up ni une licorne : c’est une SPV de quelques mégawatts au pied de Santiago, portée par la mécanique des PMGD — ce « petit format » du photovoltaïque qui alimente la métropole et finance un pan entier des développeurs nationaux.
Voir la ficheYatağan Termİk Enerjİ Üretİm Anonİm Şİrketİ
La Yatağan Termik Enerji Üretim A.Ş.
Voir la ficheHSL Technologies
Stocker l’hydrogène liquide à température ambiante, ou comment jouer au magicien dans un monde électrique un peu trop rigide.
Voir la ficheComunidad General De Usuarios Del Canal De Lodosa
La Comunidad General de Usuarios del Canal de Lodosa incarne une figure rare : géant hydraulique de la vallée de l’Èbre, à la fois opérateur de patrimoine des années 1930 et laboratoire de digitalisation alimenté par fonds européens.
Voir la ficheEDEA
Pour le lecteur européen, EDEA incarne une figure rare : celle d’une concession électrique dont l’« écologie » n’est pas le slogan marketing, mais la capacité à tenir un réseau en sursollicitation quand la plage triple la population.
Voir la ficheDoosan Group
Le conglomérat sud-coréen Doosan Group, maison mère historique (fondée en 1896, ancrée à Séoul), a fait du « gros œuvre » énergétique son fer de lance via Doosan Enerbility — turbines, nucléaire, gaz, hydrogène et éolien.
Voir la ficheSan Antonio SpA
Le nom prête à confusion : ce n’est ni une équipe de basket ni la ville texane.
Voir la ficheEurométropole de Metz
Entre ambitions climatiques affichées et coup de sonde judiciaire sur l’outil foncier, l’Eurométropole incarne la tension française entre infrastructures énergétiques déjà très orientées renouvelables et urbanisme encore contesté pour artificialisation et méthodes d’évaluation.
Voir la ficheKuwait Foreign Petroleum Exploration Company
Branche internationale de la Kuwait Petroleum Corporation, la Kuwait Foreign Petroleum Exploration Company incarne l’upstream « hors frontières » du pétro-État : pétrole et gaz ailleurs qu’au Koweït, le plus souvent en coentreprise avec des majors (Shell, Chevron, TotalEnergies, etc.).
Voir la ficheMontebalito EnergÌ_as Renovables (MTBren)
La filiale Montebalito Energías Renovables (sigle MTBren, parfois MER dans les documents du groupe) revendique encore le solaire, mais vit dans l’ombre d’une Montebalito S.A.
Voir la ficheAl Mirfa Power Company
Al Mirfa Power Company (AMPC) n’est pas un producteur d’hydrocarbures : sur son site institutionnel, elle apparaît comme opérateur de production d’électricité et d’eau pour les zones dispersées des Émirats arabes unis, avec une trajectoire d’actifs vieillissants (les centrales d’Al Ain et de Madinat Zayed sont indiquées hors service depuis le 1er janvier…
Voir la ficheERM Power
Né comme conseil en énergie à Brisbane en 1980, ERM Power a basculé dans la cour des majors : racheté par Shell, il incarne aujourd’hui la stratégie double d’une Big Oil sur un réseau sous pression — batteries géantes pour « tenir » les EnR, gaz et concessions réglementaires pour sécuriser la livraison.
Voir la ficheCONCULAR GMBH
Concular GmbH, le PropTech allemand du bâtiment circulaire, passe en 2026 du discours scale-up à un accord-cadre public jusqu’en 2032 sur l’ex-aéroport de Berlin-Tegel, vitrine de plusieurs centaines d’hectares de reconversion industrielle ; en coulisse, elle continue de digérer levées seed, DIN SPEC et critiques sur la granularité économique et RH.
Voir la ficheBruce Power LP
Ce n’est pas une filiale d’État : Bruce Power LP est l’opérateur du plus gros site nucléaire du monde occidental, sur le lac Huron.
Voir la ficheSpirit Energy
Filiale gaz du groupe Centrica, Spirit Energy a bâti son modèle sur le hub de Morecambe — et promet aujourd’hui d’y enfouir des gigatonnes.
Voir la ficheSweihan PV Power Company
Derrière le panneau marketing « Noor Abu Dhabi », Sweihan PV Power Company incarne un modèle de finance project très rodé : cash-flow indexé sur un tarif long terme, dette verte jusqu’en 2049, actionnaires industriels et énergétiques lourdement engagés.
Voir la ficheÖresundskraft
** Négoce d’énergie, réseaux et urbain : Öresundskraft incarne l’énergéticien « maison » d’une ville industrielle qui veut verdir son bilan.
Voir la ficheGranberg Vind AB
Le libellé « Granberg Vind AB » donne une fausse impression de carte d’identité juridique.
Voir la ficheWE BUILD DENMARK
Au Danemark, la décarbonation du bâtiment et des infrastructures ne repose pas seulement sur des normes : elle s’organise en réseau.
Voir la ficheChina Datang Corporation Ltd.
Le groupe d’État chinois aligne le narratif de la bascule bas-carbone sur des chiffres massifs (plus de 200 GW installés, record d’engraissement de parc) — mais le thermique charbon, la production minière de charbon et le lobbying sectoriel rappellent un autre calcul : assurer l’électricité et le bilan politique, pas seulement l’épure du discours.
Voir la fiche