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Loon

Le nom « Loon » renvoie à tout sauf à une fiche Wikipedia utile ici — oiseaux plongeons, homonymes boursiers, start-up cosmétique au Japon : autant de leurres.

« Monteur de CCS à l’amerloque du crédit 45Q clients médias et midstream. »

À propos de Loon

1. Modèle économique

Loon Energy Resources se positionne sur la chaîne de valeur du CCS/CCUS : structuration de projets, gestion de permis de classes d’injection (notamment puits de classe VI), routage du CO₂ vers le stockage géologique ou des usages de type réinjection assistée (EOR), dans une fourchette d’investissements unitaires évoquée de l’ordre de 25 à 300 millions de dollars selon le profil LinkedIn de Roger Tullberg, consultant pour la société. La même source indique un portefeuille revendiqué de quatre projets actifs et un volume annuel de plus de 3,5 millions de tonnes métriques de CO₂ captées, avec une équipe opérationnelle « gérant » ce débit pour des donneurs d’ordre dont Liberty Media Corp., SiriusXM, TripAdvisor et Red Cedar Gathering. Le chiffre d’affaires propre à Loon, sa marge et son effectif ne sont pas retrouvés dans des comptes publics agrégés à ce jour : il s’agit vraisemblablement d’une société privée dont l’économie repose sur des honoraires de structuration et/ou des mécanismes alignés sur les incitations fédérales — en premier lieu la section 45Q du code fiscal américain, crédit d’impôt au captage et au stockage qualifié. Ne pas confondre : Liberty Energy Inc. (NYSE: LBRT) est un groupe coté de services pétroliers et d’infrastructure électrique distinct de Liberty Media ; ses comptes 2025 n’infèrent pas automatiquement une relation avec Loon.

2. Impact réel

Si l’on retient l’ordre de grandeur des >3,5 Mt CO₂/an avancé sur LinkedIn, l’échelle est celle d’un levier climatique potentiellement massif sur le territoire nord-américain, comparable à de gros trainantes industrielles régionales — sous réserve d’audit tiers indépendant des flux réels, des fuites et de la durabilité du stockage. Côté comparaison avec les trajectoires européennes, l’ADEME et les autorités françaises insistent sur le CCUS comme levier complémentaire, coûteux et ciblé, au sein d’une hiérarchie où l’efficacité et les renouvelables passent avant le stockage géologique (captage et stockage géologique du CO₂ — fiche ADEME). Aux États-Unis, le même CO₂ injecté peut soulager une acuité réglementaire immédiate tout en restant analytiquement discutable au niveau mondial si le CO₂ sert à soutenir des barils supplémentaires : l’impact net dépend du périmètre comptable (site, chaîne de valeur, cycle de vie).

3. Innovations / partenariats

La « tech » revendiquée est réglementaire et d’ingénierie de projet autant que brevetée : montages 45Q d’une ampleur annoncée de plus de 3 milliards de dollars de crédits fédéraux pour l’écosystème clients, selon le même profil professionnel. Dans le paysage infra, des jalons voisins illustrent la dynamique : la LPO du DOE a finalisé des garanties de prêt pour des chaînes de surveillance des émissions — un indicateur de la banalisation du financement fédéral autour de la méthane/CCUS (article E&E News sur la garantie LongPath). Pour le contexte concurrentiel des « Liberty » cotés, Liberty Energy annonce un revenu 2025 de 4,0 milliards de dollars (–7 % vs 2024), un résultat net de 148 millions contre 316 millions en 2024, et une accélération vers ~3 GW de projets électriques d’ici 2029 (communiqué résultats annuels LBRT, janvier 2026) — utile comme thermomètre du secteur énergie/services USA, sans assimilier ces chiffres à Loon.

4. Greenwashing / zones grises

Dépendance politique : le 45Q structure les rentabilités ; toute reecriture législative post-électorale peut refondre les modèles — un risque systémique pour les monteurs de projet, documenté dans les débats publics sur les subventions au CCS et leurs effets pervers potentiels (analyse Food & Water Watch sur le 45Q, 2025). Permis et acceptabilité : en Louisiane, la friction politique et juridique sur les pipelines CO₂ et l’expropriation pour cause d’utilité publique a été au cœur de l’actualité législative — un projet de loi visant à limiter l’eminent domaine pour l’infra CCS a été rejeté en mars 2026, et des recours cités impliquant des riverains et l’ONG Save My Louisiana sont explicitement mentionnés dans la presse spécialisée (Louisiana’s Carbon Capture Bet…). Tension chiffrée : la même note de conjoncture rappelle que des promoteurs publics évoquent jusqu’à ~48 milliards de dollars d’investissements CCS annoncés dans l’État, chiffre issu d’une analyse LSU Center for Energy Studies — soit une promesse d’échelle qui amplifie également l’exposition au risque réputationnel si les permis traînent. Enfin, l’usage EOR soulève le classique risque de compensation partielle par les émissions de combustion aval — thème structurant dans les critiques académiques et associatives du CCUS, distinct des promesse communications « net-zero » au périmètre étroit.

5. Positionnement stratégé

Loon incarne une couche intermédiaire du CCS américain : agrégateur de projets pour des actifs médias et midstream, calibré sur le fiscal, plutôt que producteur d’électricité renouvelable au sens PPE européen. Son avantage est l’accès à des clients à fort enjeu de conformité et d’image ; son point faible, la visibilité limitée hors sphère LinkedIn/presse de niche et la sensibilité aux tempêtes de permis documentées sur le Golfe et dans l’Ouest (infrastructures gaz/CO₂ et cibles RNG évoquées pour le Wyoming dans la littérature législative locale, mémo Wyoming LSO 2024). Pour un lecteur français, la bonne grille de lecture reste celle de l’ADEME : le stockage géologique n’est pertinent qu’après les options d’évitement — ce qui relativise toute lecture « verte » automatique des dossiers US pilotés par le crédit d’impôt (fiche CSC ADEME).

Verdict WattsElse

Loon Energy Resources est le visage consultant d’un CCS accroché au fil fiscal américain : puissant en tonnes annoncées, fragile dès que le permis, le juge ou le bullet électoral secouent le 45Q — « des millions de tonnes captées, sous réserve que le socle politique tienne la route. »

Sources : linkedin.com · librairie.ademe.fr · eenews.net · sec.gov · foodandwaterwatch.org · carbonherald.com · wyoleg.gov

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