Mirova
Sous son vernis de finance à mission, Mirova joue aujourd’hui dans la cour des grands de la transition: plus de 32 milliards d’euros d’encours, une machine de guerre sur les renouvelables, le carbone, la biodiversité et l’efficacité énergétique.
À propos de Mirova
1. Modèle économique
Mirova vend d’abord de la gestion d’actifs: ses revenus proviennent des commissions prélevées sur des fonds et mandats orientés finance durable, de l’equity coté à l’infrastructure énergétique, en passant par le capital naturel et le private equity. La société, affiliée à Natixis Investment Managers, affichait 32 milliards d’euros d’actifs sous gestion au 31 décembre 2024 et 244 salariés, puis 34,2 milliards d’euros et 261 salariés au 31 mars 2026, selon son rapport RSE 2024 et son site corporate. En revanche, aucun chiffre d’affaires consolidé public récent n’a été trouvé pour Mirova seule, et la notion de capex est peu lisible pour un pur gestionnaire d’actifs. Son moteur de croissance est clair: lever toujours plus gros sur les classes d’actifs “transition”, à commencer par le fonds infrastructure MET6, monté à 1,2 milliard d’euros au second closing pour une cible de 2 milliards, d’après Mirova et GreenUnivers.
2. Impact réel
L’impact de Mirova n’est pas industriel au sens classique: l’entreprise ne produit ni électrons ni chaleur, elle alloue du capital. C’est donc sur les actifs financés qu’elle doit être jugée. Sur sa plateforme infrastructure, Mirova revendique plus de 1 000 projets financés dans 49 pays et 7,7 GW de capacité d’énergie propre financée à fin septembre 2024, avec 3,8 milliards d’euros d’encours dédiés à cette poche, selon son impact report infrastructure 2024 et un document corporate. En France, son entrée au capital de Solveo doit soutenir 800 MW de capacité installée à horizon 2030 pour 875 millions d’euros d’investissement chez l’énergéticien toulousain, selon Mirova. Cela s’inscrit dans un marché où la PPE3 vise 48 GW de solaire d’ici 2030 et une montée de la part d’énergie décarbonée de 42% à 60% de la consommation finale, selon l’analyse PPE3. Autrement dit: Mirova est un accélérateur de pipeline, pas un opérateur de terrain.
3. Innovations / partenariats
La maison avance ses pions sur plusieurs segments où le capital manque encore. En janvier 2024, elle a signé son premier investissement dans l’efficacité énergétique avec 60 millions d’euros dans Sofiac, aux côtés d’Ademe Investissement et de Fondaction, selon GreenUnivers. En mai 2025, Mirova a accordé 10 millions de dollars à la plateforme EDF Energy For All pour l’électrification hors réseau en Afrique, avec un objectif de 5 millions de personnes raccordées à une énergie propre d’ici 2030, d’après le communiqué EDF Renewables / Mirova. La société a aussi remporté en 2024 la gestion d’un fonds de place coté biodiversité de plus de 100 millions d’euros lancé par onze institutionnels, selon L’Agefi. Ce positionnement multi-poches explique pourquoi GreenUnivers décrit Mirova comme un financeur capable de jouer “vite, gros et sur une large gamme”.
4. Greenwashing / zones grises
Mirova est plus armée que beaucoup de concurrents pour répondre au soupçon de greenwashing: tous ses fonds sont positionnés Article 9 SFDR, et sa politique d’exclusion fossile est plus stricte que la moyenne, avec exclusion au-delà de 1% du chiffre d’affaires dans le charbon, 10% dans le pétrole, 50% dans le gaz ou 50% dans la production électrique fossile à forte intensité carbone, selon ses standards minimums. Mais le risque n’a pas disparu. Son propre reporting PAI admet encore une exposition résiduelle au secteur fossile de 0,93% au niveau de Mirova SA, liée à des entreprises dites “en transition”, selon le rapport PAI 2025. Et surtout, l’écosystème réglementaire se durcit: l’ADEME constate que la finance française progresse sur le reporting biodiversité, mais peine encore à traduire les métriques en objectifs tangibles. Mirova y est citée comme exemple intéressant sur les exclusions, pas comme entreprise ayant résolu l’équation de l’impact mesurable.
5. Positionnement stratégique
Mirova occupe une place rare en Europe: suffisamment grosse pour capter l’épargne institutionnelle, suffisamment spécialisée pour rester crédible sur la transition. Son enjeu n’est plus de prouver qu’elle sait lever des fonds; il est de démontrer que cette montée en taille ne dilue pas sa promesse d’impact, au moment où l’ESG entre dans une phase de vérification réglementaire plus rude. Le rapprochement avec Thematics AM montre d’ailleurs une ambition plus large: devenir un acteur mondial des stratégies thématiques, et pas seulement un label “finance verte” adossé à Natixis.
Verdict WattsElse
Mirova a compris avant beaucoup d’autres que la transition énergétique est aussi une bataille d’allocation du capital. Reste à tenir la ligne la plus difficile: quand l’impact devient une industrie, la crédibilité vaut plus cher que le storytelling.
Sources : mirova.com · mirova.com · mirova.com · greenunivers.com · mirova.com · mirova.com · mirova.com · bracewell.com · greenunivers.com · mirova.com · agefi.fr · greenunivers.com · mirova.com · mirova.com · climate-transparency-hub.ademe.fr · mirova.com
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