Neoenergia
Au Brésil, Neoenergia n’est plus seulement une vitrine renouvelable: c’est d’abord une énorme pompe à capex dans les réseaux, avec 17 millions de clients, 8 000 km de lignes de transmission et un recentrage assumé sur les actifs régulés.
À propos de Neoenergia
1. Modèle économique
Neoenergia est l’un des grands électriciens intégrés du Brésil, contrôlé par Iberdrola, avec cinq distributeurs, des actifs de transmission et un portefeuille de production renouvelable. Son moteur économique est désormais très clair: les réseaux. Iberdrola souligne que 90% de l’activité de Neoenergia est concentrée sur les infrastructures régulées, un signal fort sur la nature de ses revenus et sur sa dépendance aux cadres tarifaires publics (Iberdrola). En 2025, l’entreprise a dégagé 5 milliards de reais de bénéfice net, 11,4 milliards de reais de cash EBITDA et 10,1 milliards de reais de capex, dont 6,5 milliards pour la seule distribution, selon ses résultats 2025. Côté volume, le groupe dessert 17 millions de clients via ses cinq concessionnaires et a injecté 89 453 GWh sur l’année (résultats 2025). Pour le chiffre d’affaires 2025, les éléments publics les plus facilement accessibles pointent autour de 52,6 milliards de reais de revenus nets (MarketScreener). L’effectif précis 2025 n’est pas mis en avant dans les pages corporate consultées; Neoenergia évoquait toutefois 16 000 salariés fin 2024 dans une interview dirigeant.
2. Impact réel
Sur le papier, le profil climat est solide. Le groupe revendique 3,95 GW de capacités renouvelables installées fin 2024, avec un mix composé d’environ 2,2 GW d’hydro, 1,6 GW d’éolien et 149 MWp de solaire, tandis que près de 90% de sa production provenait de sources renouvelables, d’après son Integrated Report 2024. Cette base est loin d’être cosmétique: en 2024, Neoenergia a injecté 87 218 GWh, puis 89 453 GWh en 2025, ce qui en fait un acteur structurant de l’électrification brésilienne (rapport intégré 2024, résultats 2025). Son impact réel se joue toutefois au moins autant dans les réseaux que dans les électrons verts: moderniser la distribution dans des régions immenses comme Bahia ou Pernambuco, c’est aussi permettre l’absorption de davantage d’EnR et l’accès au service. En ce sens, le prêt de 300 millions d’euros signé avec la BEI pour moderniser le réseau de Bahia est plus stratégique que symbolique.
3. Innovations / partenariats
Neoenergia cherche à prouver qu’elle ne se limite pas au câble et au poteau. Le groupe investit plus de 30 millions de reais dans une station pilote d’hydrogène vert à Brasília, alimentée par une centrale photovoltaïque, avec ouverture annoncée fin 2025 et tests menés avec Honda. Le projet reste modeste à l’échelle du groupe, mais il montre comment Neoenergia utilise ses programmes R&D régulés pour se positionner sur les usages difficiles à électrifier, notamment la mobilité lourde (Neoenergia). Côté financement, la société a aussi sécurisé des lignes vertes massives: 10,7 milliards de reais de financements verts en 2024, soit 87% des montants décaissés cette année-là, selon le rapport intégré 2024. Et elle continue d’empiler les partenariats de dette fléchée réseau, comme l’accord JICA/MUFG de 703,4 millions de reais pour Pernambuco (Neoenergia).
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise, chez Neoenergia, n’est pas le manque d’actifs verts: c’est l’écart entre la narration de transition et la réalité opérationnelle des concessions. En décembre 2025, l’ANEEL a confirmé une amende de 59,5 millions de reais contre Neoenergia Coelba pour retards de raccordement: 11 415 demandes en souffrance, dont 70% hors délai, avec des retards allant jusqu’à 598 jours. C’est un rappel brutal: un utility peut afficher 90% de renouvelable et rester en défaut sur sa mission de base, raccorder à temps. Deuxième angle mort, la communication très verte masque encore une exposition thermique résiduelle avec Termopernambuco, centrale à gaz longtemps intégrée à l’équation opérationnelle et toujours présente dans les documents 2024 (résultats 2024). Enfin, le retrait de cote enclenché par Iberdrola réduit mécaniquement la transparence de marché et recentre encore davantage le pouvoir stratégique dans la maison mère (Valor International, Iberdrola).
5. Positionnement stratégique
Neoenergia entre dans une nouvelle phase: moins “champion coté de la transition brésilienne”, davantage bras réseau d’Iberdrola au Brésil. Le signal est limpide: capex dirigé vers la distribution, cycle de transmission arrivé à maturité, rotation d’actifs hydro et concentration sur les concessions régulées (résultats 2025). Dans un pays où l’électrification, la résilience climatique et l’extension des réseaux vont rester des sujets centraux, le groupe a une place de premier plan. Mais sa crédibilité se jouera moins sur ses pilotes H2 que sur sa capacité à transformer ses milliards investis en qualité de service visible.
Verdict WattsElse
Neoenergia coche beaucoup de cases de la transition, mais son vrai test n’est pas la promesse verte: c’est l’exécution régulée. Une major des réseaux peut devenir une major de la transition, à condition de raccorder aussi bien qu’elle communique.
Sources : iberdrola.com · neoenergia.com · marketscreener.com · neoenergia.com · neoenergia.com · neoenergia.com · neoenergia.com · neoenergia.com · neoenergia.com · gov.br · neoenergia.com · valorinternational.globo.com · iberdrola.com
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