Lesotho Electricity Generation Company
Installée au cœur du projet solaire de Ramarothole, la Lesotho Electricity Generation Company (LEGCO) incarne à la fois la promesse d’une souveraineté énergétique « verte » et les dysfonctions d’un système où le producteur dépend d’un distributeur à genoux et où les financements stratégiques embrochent géopolitique, audits et commissions parlementaires.
À propos de Lesotho Electricity Generation Company
1. Modèle économique
LEGCO opère et entretient la centrale solaire de Ramarothole Phase I (30 MW), présentée par l’entreprise comme levier pour réduire une facture d’importations dépassant plus de 600 millions de maloti par an selon les débats parlementaires de 2025. Les revenus proviennent logiquement des ventes à la Lesotho Electricity Company (LEC), distributeur mono-client ; en octobre 2024, la presse rapportait une créance de plus de 70 millions de maloti due par la LEC à LEGCO pour l’électricité déjà livrée — une tension de trésorerie qui structure tout le reste. La Phase I a été financée par un prêt de l’ordre de 70,18 millions de dollars via l’EXIM Bank de Chine, dans une enveloppe globale qui cumule dette concessionnelle et contribution nationale (AidData recense par exemple un engagement chinois de plusieurs centaines de millions de CNY pour cette ligne). Ni chiffre d’affaires consolidé, ni effectif officiel publié au format « rapport financier » : selon les éléments disponibles en ligne, LEGCO reste une entité étatique peu transparente sur ces métriques ; en revanche le Comité des comptes publics (PAC) a quantifié une masse salariale d’environ 1,2 million de maloti par mois à charge du contribuable, avec accusations de redondance et d’emplois peu qualifiés au regard d’un investissement milliardaire.
2. Impact réel
À l’échelle du pays, la Banque mondiale estimait début 2026 une capacité nationale d’environ 105 MW pour une demande d’environ 209 MW — soit un déficit structurel où les 30 MW de LEGCO comptent mais ne résolvent pas l’écart. Sur le fond climatique, l’électricité injectée au réseau remplace en partie des importations dominées par l’Afrique du Sud et le Mozambique — la Banque mondiale souligne une très forte dépendance aux achats extérieurs dans les coûts d’approvisionnement — ce qui diminue indirectement l’empreinte liée aux pertes et au mix sud-africain, sans pour autant livrer un bilan CO₂ audité au niveau projet dans les sources ouvertes consultées. Le site institutionnel affiche une ambition exclusivement renouvelable (hydro, solaire, vent), mais les controverses environnementales portent sur la manière dont la Phase I a été implantée : absence d’étude d’impact environnementale et coûts de réparation du terrain évoqués dans la presse (Lesotho NewsDesk), ce qui confronte le narratif « vert » aux réalités de site.
3. Innovations / partenariats
La Phase II prévoit un bouquet 50 MW photovoltaïques et 20 MWh de stockage à Mafeteng, en contrat BOT sur quinze ans avec escalade tarifaire annuelle de 5 %, attribué au groupe Beijing Jingyuntong (BJT). En parallèle, les autorités poursuivent la diversification (autres attributaires cités dans la presse comme OnePower ou opérateurs additionnels pour Ramarothole). Sur la scène diplomatique, la couverture médiatique lie ces chantiers aux efforts pour attirer d’autres financements (promesses britanniques évoquées par Newsday dans le sillage de missions royales sur les transitions « justes »), mais ces engagements restent macro-sectoriels — aucune donnée trouvée dans les bases françaises type ADEME ou les cadres européens CSRD pour LEGCO précisément : l’entreprise échappe aux radar réglementaires européens par définition géographique.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas tant une communication « verte » tape-à-l’œil que la collision entre image climatique et gouvernance : la Phase I a fait l’objet dequestions sur des coûts unitaires très au-dessus des benchmarks marché (Uncensored News), nourrissant les soupçons de surfacturation — motif récurrent dans les audits sud-africains et lesothans. Pour la Phase II, la fixation d’un tarif d’achat de 2,10 maloti par unité avant finalisation complète du contrat d’achat d’électricité, avec clause de litiges soumise au droit et aux tribunaux chinois, heurte les séparateurs institutionnels ; les régulateurs alertent sur une possible inflation jusqu’à quatre maloti pour le consommateur final si la LEC répercute les coûts. LEGCO elle-même a plaidé devant le PAC que l’hydraulique demeurerait plus fiable que le solaire — aveu technique qui relativise une communication exclusivement « sunny ».
5. Positionnement stratégique
LEGCO se situe au carrefour de la stratégie nationale visant à densifier le solaire avant 2030 tout en absorbant une demande qui croît plus vite que les lignes — pression aggravée par la quasi-faillite financière annoncée de la LEC dans les médias régionaux (AllAfrica sur la situation au premier trimestre 2025). Le PAC a même demandé la dissolution de LEGCO au motif d’un statut juridique bancal depuis une création par décision de Cabinet en 2019 sans socle législatif pleinement stabilisé (Newsday), tout en réservant le réglalement de la créance LEC–LEGCO à plus tard — signal politique fort sur l’avenir du producteur.
Verdict WattsElse
LEGCO produit du courant à partir du soleil mais navigue dans un nuage parlementaire : sans acheteur solvable ni cadre légal impeccable, même les watts les plus propres deviennent des créances toxiques — au Lesotho, la transition passe encore par la caisse du contribuable et par les cours… parfois très loin de Maseru.
Sources : newsdayonline.co.ls · lestimes.com · legco.co.ls · china.aiddata.org · documents1.worldbank.org · legco.co.ls · lesotho.co.ls · lestimes.com · uncensored.org.za · allafrica.com
Données clés
- Siège
- Maseru, Lesotho ↗
Identifiants publics
- Wikidata
- Q135031777
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