Nova Power & Gas
Filiale offensive du groupe E-INFRA, Nova Power & Gas cumule commerce de l’électricité et du gaz, fermes renouvelables et batteries géantes — tout en rajoutant une couche gazeuse et nucléaire qui brouille le récit « vert ».
À propos de Nova Power & Gas
1. Modèle économique
Nova Power & Gas tire l’essentiel de sa valeur de la chaîne intégrée : fourniture aux clients finaux, trading/optimisation et montée en puissance dans la production (dont EnR et stockage). Le groupe se situe parmi les acteurs roumains visibles sur le marché de détail : la direction évoquait une part d’environ 2,5 % des clients finaux en avril 2024 dans un entretien chez Ziarul Financiar. Pour 2024, les agrégateurs de comptes publics donnent un chiffre d’affaires d’environ 2,62 milliards de lei (≈520 M€ à cours proches du panier commun), en baisse de 8 % par rapport à 2023, dans un contexte de prix de l’électricité plus bas et de concurrence accrue selon les mêmes sources et la presse locale. Pour 2025, la direction visait (toujours en 2024) environ 700 M€ de revenus et un EBITDA supérieur à 75 M€ (ZF, entretien CEO). Côté investissements, la communication du groupe et les médias spécialisés évoquent des vagues de plusieurs centaines de millions d’euros sur le stockage et la production sur l’horizon 2025-2026 (Business Review, Business24). L’effectif consolidé précis n’est pas stabilisé ici : les annuaires d’entreprises roumains indiquent de l’ordre de 180 salariés pour la société en 2024 (MetricBiz) — chiffre à prendre comme indicateur de registre, pas comme rapport RSE vérifié.
2. Impact réel
Sur le volet électrique renouvelable, la presse économique roumaine cite, pour l’ensemble des actifs du groupe, plus de 350 GWh/an d’électricité « verte » pour une production totale d’environ 550 GWh/an (Business24) : la part EnR est donc majoritaire en volume électrique sur ce périmètre décrit, mais le modèle reste multi-vecteur (gaz, flexibilité, futur nucléaire). Le stockage est l’argument le plus tangible côté intégration des EnR : 200 MW / 400 MWh à Florești, avec entrée en service commerciale en décembre 2025 (communiqué E-INFRA), dans une logique d’équilibrage et de sécurité d’approvisionnement plutôt que de divulgation fine de tCO₂ évitées (non trouvée dans les extraits publics consultés). Aucun rapprochement direct avec les trajectoires du PPE3 français ou les fiches ADEME n’est rigoureux : l’entreprise est hors périmètre national français ; l’enjeu comparable est européen (flexibilité, intégration EnR, criticité des capacités).
3. Innovations / partenariats
Le bloc batteries de Florești a bénéficié d’un financement bancaire important (ordre 75 M€ via la filiale de projet Nova H selon Romania Insider et Banca Transilvania). En production dispatchable, le groupe fait avancer une centrale à cycle combiné gaz de 160 MW « hybride » à Câmpia Turzii, avec livraison de turbines suivie en avril 2026 (Energy World). Sur le nucléaire, RoPower Nuclear (50/50 Nuclearelectrica – Nova Power & Gas) a obtenu la décision finale d’investissement pour 462 MWe de SMR NuScale à Doicești en février 2026 (Nuclearelectrica), avec synthèses chiffrées coûts/délai relayées par la presse trade (Romania Insider).
4. Greenwashing / zones grises
La commercialisation verte cogne contre une empreinte vecteur gaz affirmée dans les annonces du groupe : après Florești, le même communiqué de filière enchaîne sur la construction d’une CCGT 160 MW et sur des nouvelles unités gaz — la presse résume explicitement une feuille de route fossile additionnelle à côté du stockage (E-INFRA, Energy World). Côté réputation réglementaire, l’historique ANRE reste un repère chiffré : le régulateur avait infligé à Nova Power & Gas une amende de l’ordre de 100 millions de lei dans le volet « manipulation de marché » ; la presse documente l’épilogue judiciaire et la réponse de l’autorité (Economedia, Business24). Le pari SMR, enfin, polarise le gouvernement : en mars 2026, la presse rapporte les réserves du Premier ministre sur un coût total évalué à plusieurs milliards de dollars et le financement (Romania Insider) — fracture utile pour juger si le nucléaire légitime la transition ou alourdit son bilan techno-économique.
5. Positionnement stratégique
Nova Power & Gas vise manifestement la boucle fermée « optimiser-retailer + actifs pilotes » avec une cible d’échelle pour le groupe E-INFRA : plus de 800 M€ d’actifs fixes dans le périmètre énergétique visés pour fin 2026 (Business24). La dualité gaz-stockage, puis le Socle SMR, positionnent l’entreprise comme courtier régional de flexibilité plus que comme pure « renewable pure-play » européenne. Le signal récent est double : batterie pays-scale (The Diplomat Bucharest) et gouvernance nucléaire à haut niveau de risque budgététique.
Verdict WattsElse
Nova Power & Gas fait la démonstration qu’« EnR » et marketing de la transition peuvent cohabiter avec un pile-up gaz et un méga-projet atomique : la question n’est pas seulement la couleur du kilowatheure, mais qui paie la flexibilité et qui porte le risque politique quand le régulateur et le Premier ministre ne chuchotent plus.
Sources : zf.ro · business-review.eu · business24.ro · metricbiz.ro · e-infra.ro · romania-insider.com · en.bancatransilvania.ro · energy-world.eu · nuclearelectrica.ro · romania-insider.com · e-infra.ro · economedia.ro · business24.ro · romania-insider.com · thediplomat.ro
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