Office National de Electricite et de Eau Potable
L’« Office national de l’électricité et de l’eau potable » correspond, sans équivalent plausible ailleurs, à l’ONEE, holding public marocain né de la fusion de l’historique ONE et ONEP ; le pays était laissé « non précisé » dans votre fiche brute, mais c’est bien le Maroc qui cadre juridiquement cet opérateur.
À propos de Office National de Electricite et de Eau Potable
1. Modèle économique
La branche citoyenne est celle du service universel financé par une combinaison de tarifs réglementés, de grands chantiers réseau et, côté eau, de production, transport et dessalement massifs. Selon le rapport d’activités 2024 de la branche électricité, l’ONEE comptabilisait 3 202 666 clients électricité au 31 décembre 2024 et 6 282 collaborateurs sur cette branche à la même date — un volume d’effectifs révélateur d’une machine quasi étatique. La branche eau, détaillée dans la présentation ONEP 2024, revendique 1,374 milliard de m³ produits en 2024, 12 stations de dessalement en service, 13 000 km de conduites et 114 stations de traitement. Le détail consolidé « chiffre d’affaires / bilan complet » au format exploitable hors PDF n’a pas été extrait ligne à ligne dans cette passe de veille ; en l’état des pages consultées en ligne, on retient prioritairement l’échelle industrielle, la captivité réglementaire sur les prix de vente du courant et l’articulation avec les réformes de distribution régionale qui restructurent peu à peu les chaînes de facturation locales.
2. Impact réel
Pour l’électricité, les annonces officielles insistent sur l’extension du réseau et la montée des EnR ; une lecture plus « thermique », relayée dans la presse spécialisée, souligne encore une empreinte carbonée massive du parc utilisé. Energies Media rapporte fin 2024 une capacité renouvelable installée représentant environ 45 % du stock (avec un objectif affirmé pour 2027) tout en précisant que le charbon continue d’assurer plus de 70 % de la production effective — un écart structurel entre puissance installée et électrons réellement issus des fossiles. Côté approvisionnement, la presse économique marocaine évoque la pression des importations de charbon sur les comptes opérationnels (Nvinio). Pour l’eau, le dessalement — déjà 66 millions de m³ en 2024 selon la présentation ONEP 2024 — réduit la stress hydrique sur le robinet mais consomme énergie et sel ; le cible affichée d’environ 1,3 milliard m³/an à l’horizon 2030 pour le dessalement, évoquée dans le même document, pose la question du coût énergétique indirect d’une sécurisation « bleue » du pays. Les instruments français type PPE ou les fiches ADEME ne s’appliquent pas au Maroc, mais le débat est le même : décarboner le mix sans exploser la facture sociale.
3. Innovations / partenariats
L’ONEE emprunte à l’échelle internationale pour moderniser le réseau : un paquet de 300 M€ mobilisé auprès de la BEI, de la KfW et de l’UE (communiqué du 23 mai 2025), est présenté comme un levier pour l’intégration des EnR et quelque 730 km de développements. Sur le domestique, l’entreprise cite le bouclage du financement d’une centrale gaz Al Wahda (1 000 MW) en février 2025 et le lancement fin 2025 d’un corridor d’autoroutes électriques en lignes très haute tension, à rapprocher du chantier d’environ 19 milliards de dollars plaqué sur la décennie pour accélérer l’électrique. À l’export de savoir-faire, l’ONEE a signé en février 2025 deux accords au Tchad pour un projet intégré d’électrification rurale (MAP), signal d’une diplomatie technique du « modèle ONEE » en Afrique subsaharienne.
4. Greenwashing / zones grises
La principale contradiction documentée reste financière et environnementale : le Conseil de la concurrence, dans un avis publié en 2024, rappelle un résultat net négatif historique de 20 milliards de dirhams (exercice 2022) lié à une tarification qui ne reflète pas les pics de coût des combustibles fossiles lorsque les prix mondiaux s’emballent — la structure économique pousse alors l’ONEE à subventionner implicitement le kilowattheure. Ce fossé entre discours EnR et facture réelle, déjà mise en évidence avec un mix encore dominé au charbon (Energies Media), nourrit un risque de transition « à deux vérités » : capitaux européens pour le réseau vert, milliards concurrently engagés sur le gaz (Al Wahda) et infrastructures charbon legacy. Les frictions institutionnelles autour du transfert de la distribution aux SRM, qualifiées de « privatisation rampante » par des organisations syndicales (Hespress), vont de pair avec une crise de trésorerie des TPME prestataires dénonçant des retards de paiement supérieurs à six mois (H24 Info) : la partie « verte » du storytelling bute sur une gouvernance de la valeur à réparer.
5. Positionnement stratégique
L’ONEE se présente comme le chef d’orchestre d’un Maroc qui veut capter vents et soleils tout en poursuivant la stabilité de fréquence sur un sous-système encore exposé aux importations combustibles (Nvinio). Les financements européens et le grand jeu d’investissement 2030 recalibré par la documentation sectorielle français-anglophone (Energies Media) donnent une visibilité internationale aux projets lignes/RIS ; inversement, le mécontentement social et contractuel lié aux SRM peut ralentir le déploiement opérationnel de la même transition.
Verdict WattsElse
L’ONEE est le bras armé infra d’un Etat stratège en climat comme en géopolitique du courant ; tant que fossiles, facture réglementée et mécontentement des chaînes de paiement locales tiennent le haut du pavé, la « transition » restera aussi un spread comptable qu’un mix énergétique.
Sources : one.org.ma · onep.org.ma · energies-media.com · news.nvinio.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · eib.org · mapnews.ma · conseil-concurrence.ma · fr.hespress.com · h24info.ma
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