Ohm Énergie
Petit fournisseur devenu vrai challenger, Ohm Énergie avance sur une ligne de crête: casser les prix, verdir son récit, grossir vite.
À propos de Ohm Énergie
1. Modèle économique
Créé en 2018, Ohm Énergie vend de l’électricité et du gaz aux particuliers, PME et grands comptes, avec un positionnement simple: des prix agressifs, une couche de services numériques, et une promesse d’énergie plus verte que les historiques. Sa fiche société mentionne un chiffre d’affaires publié de 44,9 millions d’euros et un résultat net de 781 917 euros sur le dernier exercice disponible, avec une tranche d’effectif 50 à 99 salariés en 2023 selon Societe.com et Rubypayeur. L’entreprise revendique surtout une accélération commerciale: 250 000 clients résidentiels fin 2024, soit +40% sur un an, ainsi que 1 TWh de contrats signés pour 2025 côté B2B, d’après son communiqué de février 2025. En 2025-2026, elle pousse aussi son avantage géographique en s’ouvrant à des zones historiquement dominées par des ELD, avec des annonces à Strasbourg, Metz et Bordeaux. Le moteur économique est donc clair: acquisition rapide de clients, arbitrage tarifaire serré, et montée en puissance sur les marchés pro.
2. Impact réel
Ohm Énergie met en avant une électricité renouvelable française, principalement issue de l’éolien et du solaire, tracée par garanties d’origine. Son offre gaz “classique” inclut 10% de biogaz, et l’entreprise pousse en parallèle l’autoconsommation via Ohm Solaire, avec panneaux, installateurs RGE et revente du surplus. C’est utile, mais il faut distinguer l’impact réel du marketing vert: l’ADEME rappelle qu’une offre dite “verte” peut rester fondée sur l’achat de certificats, sans garantir à elle seule un soutien additionnel massif à de nouvelles capacités renouvelables. Or, selon les éléments disponibles, Ohm Énergie communique sur ses garanties d’origine et ses producteurs français, mais aucune publication RSE ou CSRD facilement accessible ne détaille à ce stade un bilan carbone complet, des émissions scopes 1-2-3, ni une trajectoire de décarbonation auditée. Le contexte sectoriel devient plus exigeant: la PPE3 vise une production électrique décarbonée de 650 à 693 TWh en 2035 et une forte électrification des usages; pour un fournisseur comme Ohm, l’enjeu n’est plus seulement de vendre “vert”, mais de démontrer sa contribution concrète à cette bascule.
3. Innovations / partenariats
L’innovation maison est surtout commerciale et servicielle. Ohm a lancé des offres plus fines, comme Modulo, pensée pour profiter des heures creuses en journée grâce au solaire, et a mis en avant un service client dopé à l’IA générative dès septembre 2023. L’entreprise s’est diversifiée dans le solaire résidentiel avec Ohm Solaire, en promettant jusqu’à 60% d’économies sur facture dans les cas favorables. Côté image, elle s’appuie depuis plusieurs années sur Reforest’Action pour ses options gaz et a signé un partenariat de visibilité avec l’AS Saint-Étienne en 2025. Ce ne sont pas des ruptures technologiques, mais des briques cohérentes avec une stratégie d’hypercroissance orientée marque, acquisition et fidélisation.
4. Greenwashing / zones grises
La zone grise principale tient à la dissociation possible entre offre verte et impact systémique. L’ADEME le dit sans détour: les garanties d’origine, seules, ne suffisent pas à prouver un soutien fort au développement de nouvelles installations. Deuxième fragilité: le gaz reste chez Ohm un produit d’appel important, même “verdi” à 10% de biogaz; autrement dit, le cœur de l’offre gaz demeure majoritairement fossile. Troisième point, plus lourd: la réputation réglementaire. La CRE a infligé en juillet 2024 une amende de 6 millions d’euros à Ohm Énergie pour abus du droit d’ARENH sur 2021-2022, une sanction inédite et la plus élevée du CoRDiS sur ce terrain. Et le Médiateur national de l’énergie via franceinfo a encore pointé en 2024 des pratiques de mensualisation et d’information prix jugées trompeuses. Certes, la CRE a ensuite classé Ohm en “conformité complète” sur ses lignes directrices consommateurs fin 2025. Mais la réparation réputationnelle n’efface pas la cicatrice.
5. Positionnement stratégique
Ohm Énergie occupe une place intéressante: assez gros pour peser, encore assez agile pour attaquer les angles morts du marché, notamment les territoires d’ELD et les offres tarifaires sophistiquées. Sa fenêtre de tir est réelle, car la PPE3 pousse à l’électrification, à la flexibilité et à la montée des offres pilotables. Mais dans ce nouveau cycle, un fournisseur alternatif ne pourra pas durablement se contenter d’être “moins cher et un peu plus vert”: il devra prouver qu’il est aussi plus robuste, plus transparent et moins opportuniste.
Verdict WattsElse
Ohm Énergie a le profil du sprinteur qui veut devenir coureur de fond. La croissance est là, le récit aussi; la vraie question est de savoir si la crédibilité suivra quand le marché demandera moins de promesses et plus de preuves.
Sources : societe.com · rubypayeur.com · ohm-energie.com · ohm-energie.com · ohm-energie.com · ohm-energie.com · agirpourlatransition.ademe.fr · connaissancedesenergies.org · ohm-energie.com · ohm-energie.com · infos.ademe.fr · cre.fr · franceinfo.fr · cre.fr
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Innergex Inc (38%)
Innergex incarne le producteur d’électricité « pur vert » à forte intensité d’actifs : des centrales qui tournent, des contrats long terme, une gouvernance désormais pilotée par des fonds d’infrastructure plutôt que par le tempo des Bourses.
Voir la ficheJohnson Controls International plc
Multinationale centenaire qui vend des solutions pour rendre les bâtiments « intelligents » et parfois casse-tête pour les bilans énergétiques.
Voir la ficheWSK Rzeszów
À Rzeszów, le nom WSK Rzeszów renvoie surtout à une lignée industrielle née en 1937 — usine historique devenu pilier européen des composants de turbomachines, désormais sous la marque Pratt & Whitney Rzeszów — alors que la connexion au réseau électrique passe par une autre société, la fonderie Zakład Metalurgiczny « WSK Rzeszów » : deux registres juridiques…
Voir la ficheChauvin Arnoux Energy
Chauvin Arnoux Energy vend la « barrière de mesure » entre producteurs, transporteurs et consommateurs d’électricité : compteurs, centrales de mesure, supervision de postes, relais pour environnements exigeants.
Voir la ficheDr Babasaheb Ambedkar SSK Limited
Entre plantation aride et filet de garanties étatiques, Dr Babasaheb Ambedkar Sahakari Sakhar Karkhana Limited (souvent abrégé Ambedkar SSK) incarne cette Inde industrielle où « énergies renouvelables » rime avant tout avec bagasse, biogaz et un bandeau solaire greffés sur du sucre et de l’éthanol — pas avec un classeur climat européen.
Voir la ficheARKEON ENERGY
Arkeon Energy Systems joue la carte d’un chauffage 100 % électrique « clé en main » pour gros bâtiments, avec une promesse double : baisse des factures fossiles et argument patrimonial immédiat.
Voir la ficheGöltaş Enerjİ Elektrİk Üretİm Anonİm Şİrketİ
Une filiale dont le siège légal comme les centrales se situent en Turquie (Muğla), adossée au cimentier coté GÖLTAŞ Çimento : tout le paradoxe du renouvelable « maison ».
Voir la ficheOctopus Energy
L’Octopus dont parle l’encyclopédie, ce n’est pas seulement une promesse de tentacules : c’est d’abord un fonds d’investissement international, installé à Londres et lancé le 19 avril 2000 — un socle capitalistique qui, pour le lecteur de la transition, pose la question de l’arbitrage entre finance et rôle sur les réseaux et la conso.
Voir la ficheISC Greenfield 8, SL
Une coquille juridique de 3 000 € peut porter une centaine de mégawatts hors sol : ISC Greenfield 8 incarne cet écart entre façade comptable et enjeu territorial, entre promesse climat et procédures contestées dans le Teruel septentrional.
Voir la ficheRaffinerie du Midi
La Raffinerie du Midi n’a plus aucune cuve en activité sous ce nom trompeur de « raffineur » : depuis des décennies, c’est avant tout une entreprise française de réception, de stockage et de distribution logistique de produits liquides au service des majors.
Voir la ficheSTRATHMORE UNIVERSITY
Strathmore University n’est ni une grande école de finance ni un cliché NGO : depuis Nairobi (Kenya), l’institution privée incarne une triple démonstration — centrale PV en autoconsommation avec injection contratuelle, conseil méthodique aux collectivités, et une rampe industrielle hydrogène (Fortescue) dans un pays qui veut accélérer le Power‑to‑X.
Voir la ficheRATCH Australia
RATCH Australia Corporation (filiale dédiée au pays indiquée sur les supports du groupe comme « Australie » : actifs et projets là-bas — pas de confusion avec une autre entité éponyme) accumule méga-parcs renouvelables et contrats d’approvisionnement longue durée, tout en gravant dans le régulateur jusqu’à 2045 une centralité du gaz Kemerton comme filet…
Voir la ficheE-REDES
E-REDES incarne invisiblement une pièce critique de la transition : distribuer sans faillir, tout en avalant vague après vague d’énormismes PV, véhicules branchés et compteurs vivants qui racontent chaque watt.
Voir la ficheErieau Wind LP
Un actif de 99 MW planté sur les terres agricoles du sud-ouest de l’Ontario, dans l’orbite d’ENGIE et d’infrastructureurs nord-américains : Erieau Wind LP incarne l’éolien « de la génération précédente », rentable par le contrat, mais désormais cadré par des règles faunistiques et acoustiques de plus en plus fines.
Voir la ficheInner Mongolia Guohua Hulunbeier
Le nom « Inner Mongolia Guohua Hulunbeier » désigne, dans les bases techniques publiques, la société qui exploite la centrale charbon de Baorixile à Hulunbuir (Mongolie intérieure, Chine) — pas une filiale homonyme hors secteur électrique.
Voir la ficheZambia Sugar
** À Mazabuka, le géant du cristal aligne valorisations record et centaines de mégawatts sur le réseau — tout en subissant la facture d’une Zambie électriquement sous tension.
Voir la ficheSARUS Technologies
Une start-up qui prétend révolutionner la tech tout en jouant les gardiennes des données… à coups de levées de fonds bien senties.
Voir la ficheGHP Glunz Holzwerkstoffproduktion GmbH
Ce qui reste du nom GHP Glunz vit désormais sous la bannière Sonae Arauco — deux usines allemandes dans le viseur climat, un groupe qui affiche des courbes de GES en baisse et un Scope 3 qui refuse de plier.
Voir la ficheNazarovskaya GRES JSC
Sous les couleurs de la SGK, la centrale de Nazarovo reste une artère du réseau électrique et du chauffage urbain kraïois, alimentée presque uniquement au lignite local.
Voir la ficheROMONTA GmbH
Une filiale allemande du groupe GETEC vient d’inaugurer, en été 2024, une centrale aux combustibles de substitution pour sortir de la verstromung au lignite résiduel — avec un budget à deux chiffres en millions d’euros et un bilan carbone présenté comme spectaculaire.
Voir la ficheExxonMobil Fuels & Lubricants Company
Le nom ExxonMobil Fuels & Lubricants Company n’apparaît pas en vedette dans les comptes publics : il recouvre l’essentiel de ce que le groupe livre, jour après jour, sous les segments Energy Products (carburants, raffinage) et Specialty Products (lubrifiants, matériaux de spécialité).
Voir la ficheDordtsche Petroleum-Industrie Maatschappij
Elle a plus de 130 ans sur le papier, mais aujourd’hui B.v.
Voir la ficheAMAZEMET
Spin-off de l’Université de technologie de Varsovie et implantée à Varsovie (siège Al.
Voir la ficheMontanuniversitaet Leoben
Née dans les mines de Styrie en 1840, la Montanuniversität Leoben revendique aujourd’hui une ingénierie des technologies durables et du Green Tech sur tout le cycle matière (site officiel).
Voir la fiche