Sonelgaz
Au cœur du système énergétique algérien, Sonelgaz tient à la fois la prise, le compteur et une partie du récit national sur la souveraineté énergétique.
À propos de Sonelgaz
1. Modèle économique
Sonelgaz est un groupe public intégré: production d’électricité, transport et distribution d’électricité, transport et distribution de gaz, plus une brique industrielle qui fabrique des équipements et vend du savoir-faire. Son site officiel affiche pour 2024 une production de `95 181 GWh`, une capacité installée de `26 017,20 MW`, `12 297 856` clients électricité et `8 132 420` clients gaz, avec des réseaux tentaculaires de `35 537 km` en transport électrique, `416 516 km` en distribution électrique, `24 599 km` en transport gaz et `170 728 km` en distribution gaz (chiffres clés 2024). Le chiffre d’affaires consolidé 2024 n’a pas été trouvé dans les sources librement accessibles consultées, pas plus qu’un effectif total public et daté. En revanche, le groupe a mis en avant un record de plus de `268 millions d’euros` d’exportations en 2024, en hausse de 22 % sur un an, grâce à l’électricité, aux équipements électriques et gaziers, à la réhabilitation d’installations et aux services de formation (Radio Algérienne). Pour 2025, Sonelgaz annonce un plan d’investissement de `656 milliards de dinars`, contre `420 milliards` l’année précédente, avec un accent sur les capacités, le raccordement et les renouvelables (Algerie Eco).
2. Impact réel
L’impact réel de Sonelgaz est ambivalent. D’un côté, le groupe porte l’électrification et la desserte gazière d’un pays-continent, et il pilote une infrastructure qui conditionne l’activité industrielle, agricole et résidentielle à très grande échelle (site corporate). De l’autre, le mix reste très carboné: l’Algérie dispose d’environ `24 000` à `26 000 MW` de capacités, dont plus de 97 % restent thermiques selon le panorama sectoriel compilé par pv magazine et les données rappelées par le groupe. Les renouvelables avancent, mais encore en ordre dispersé: le solaire photovoltaïque raccordé culminait autour de `436,8 MW` en 2024 (pv magazine), très loin de l’ambition nationale de `15 000 MW` solaires à horizon 2035 rappelée par Sonelgaz Énergies renouvelables et par le ministère algérien de l’Énergie. Autre angle mort: les pertes. Le bilan énergétique 2024, relayé par Maghreb Émergent et Eco Times, chiffre à `4,6 Mtep` les pertes d’énergie en Algérie, soit `6,2 %` de la consommation nationale, dont `47 %` liées à l’électricité. Pour un opérateur qui investit massivement dans la production, la bataille de l’efficacité réseau reste donc tout sauf secondaire.
3. Innovations / partenariats
Sonelgaz ne se contente plus d’exploiter un monopole domestique: le groupe essaie d’industrialiser l’amont des équipements. Sa coentreprise GEAT, détenue à 51 % par Sonelgaz et 49 % par GE Industrial France, fabrique à Batna des turbines à gaz, turbines à vapeur, alternateurs et systèmes de contrôle-commande. Fin 2024, le partenariat avec GE Vernova a été réaffirmé autour de l’extension de l’usine, de la production de transformateurs pour le programme solaire 15 GW et de turbines de 50 à 100 MW. Côté renouvelables, Sonelgaz a signé en mars 2024 des contrats pour `3 200 MW` de centrales photovoltaïques, pour un coût d’environ `2 milliards de dollars`, première vraie marche d’un programme bien plus vaste (Horizon 2035). Mais le déploiement n’est pas sans accroc: début 2025, le groupe a dû relancer un appel d’offres pour `520 MW` après défaillance contractuelle d’un consortium initialement retenu (pv magazine). Enfin, Sonelgaz s’est projeté sur l’hydrogène vert via un mémorandum signé en octobre 2024 avec Sonatrach, VNG, Snam, SeaCorridor et Verbund autour du corridor SoutH2 (APS).
4. Greenwashing / zones grises
Le principal risque de greenwashing est simple: parler solaire et hydrogène tout en restant, dans les faits, l’ossature d’un système électrique au gaz. Les annonces autour des `15 000 MW` photovoltaïques sont structurantes, mais l’écart entre l’objectif et le parc réellement en service reste immense (Sonelgaz, pv magazine). Deuxième zone grise: l’absence, dans les sources accessibles consultées, d’un reporting RSE/CSRD détaillé avec émissions consolidées, trajectoire de décarbonation et indicateurs sociaux comparables; pour un acteur aussi central, cette opacité relative pèse. Troisième tension: l’efficacité du système. Les pertes réseau et les branchements illicites continuent d’absorber une partie de l’énergie produite (Maghreb Émergent). En clair, produire plus ne suffira pas si le réseau continue de laisser filer une part du courant.
5. Positionnement stratégique
Sonelgaz joue une partition très algérienne: sécuriser la demande domestique, préserver la rente gazière, bâtir une base industrielle locale et se positionner comme exportateur régional d’électricité, d’équipements et, demain peut-être, d’hydrogène. Son plan d’investissement 2025 et la montée en gamme industrielle via GEAT montrent qu’il ne veut plus être seulement un distributeur administré. Le signal stratégique est clair: si l’Algérie veut transformer son avantage gazier en rampe vers l’électricité bas carbone et l’industrie énergétique, Sonelgaz sera au centre du jeu, mais aussi au centre des contradictions.
Verdict WattsElse
Sonelgaz n’est pas une pure utility verte: c’est un géant public en transition contrainte, qui avance vers le solaire sans pouvoir décrocher du gaz. Sa force est systémique; sa faiblesse aussi.
Sources : sonelgaz.dz · news.radioalgerie.dz · algerie-eco.com · pv-magazine.com · sonelgaz.dz · energy.gov.dz · maghrebemergent.news · ecotimesdz.com · sonelgaz.dz · sonelgaz.dz · horizon2035.eu · pv-magazine.com · aps.dz
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