Riva Acier
Au régime économique comme au régime énergétique, la France expose ses aciéries au même paradoxe : les marges fondent pendant que la trajectoire « bas-carbone » exige plus de courant.
À propos de Riva Acier
1. Modèle économique
Riva Acier SAS est une société à associé unique (annonces légales et bilan sur Le Figaro Entreprises) dont le siège est implanté en ZI Limay Porcheville (adresse publique du siège), pas à Garges-lès-Gonesse : corriger cette géolocalisation dans WattsMonde évite de fusionner l’entreprise avec une homonymie locale sans lien sidérurgique. Sur l’exercice clos au 31 décembre 2024, elle déclare un chiffre d’affaires net de 1 053 271 643 €, un résultat d’exploitation (EBIT) de –41 631 937 € et une perte nette de 14 540 863 € (tableau de compte de résultat 2024) : le modèle « holding de tête de groupe + activités françaises consolidées » patit donc nettement de la conjoncture, malgré un actif circulant volumineux. L’effectif déclaré au siège pour 2024 est de 52 salariés (effectifs bilan 2024), chiffre à ne pas confondre avec les centaines de postes sur les sites industriels (ALPA Porcheville, Iton Seine Bonnières, SAM Neuves-Maisons, etc.) évoqués dans la presse régionale lors des campagnes de recrutement (Actu.fr, février 2025). Côté gouvernance, David Eterpi est nommé directeur général le 13 mai 2025 en lieu et place d’Angelo Ippoliti (mouvement des dirigeants), quelques mois après la montée de la SAS Parsider à la présidence (juillet 2024, même source).
2. Impact réel
Sur le périmètre France, la filiale indique produire plus de 2 millions de tonnes d’acier par an, avec 70 % de ferrailles locales dans le bouquet d’approvisionnement (page « recyclage de l’acier ») : à l’échelle du pays, la filiale électrique (four à arc) apparaît comme un levier majeur de réduction d’empreinte carbone dans le Plan de transition sectoriel de l’industrie de l’acier en France publié par l’ADEME (ordre de grandeur –81 % de CO₂ pour l’acier électrique vs haut-fourneau classique dans le rapport). Le retrait du gaz au profit de modules d’induction sur des laminoirs à Neuves-Maisons et Gargenville, annoncé dans le sillage du sommet Choose France 2024, déplace la question du CO₂ direct vers celle du mix électrique français au moment où l’outil industriel consomme davantage de courant (choix technologiques et enveloppe de 30 M€).
3. Innovations / partenariats
Le couplet investissement publicitaire + ingénierie de procédé se cristallise dans l’annonce de 30 millions d’euros pour électrifier des laminoirs et installer des réchauffeurs à induction sur les sites de Neuves-Maisons et Gargenville, dans une logique de décarbonation du réchauffage des brames (Traces Écrites, mai 2024). Côtême ressources humaines, le groupe annonce ouvertement un volume de créations d’emplois (l’article de presse cite un objectif de l’ordre de cent CDI supplémentaires sur plusieurs sites français sur la période 2024‑2025) (Actu.fr). Enfin, la valorisation des laitiers vers des usages type routes est mise en avant (>90 %) sur le site corporate (recyclage et co-produits), ce qui relie performance environnementale et économie circulaire matériellement traçable.
4. Greenwashing / zones grises
Le récit « acier vert » bute sur une comptabilité rouge : un EBIT à –41,6 M€ et une perte nette à –14,5 M€ sur 2024 violent l’alignement narratif entre discours de transition et capacité à monétiser la décarbonation (données d’exploitation publiées). Parallèlement, l’aciérie de Montereau est devenue le symbole presse de la sidérurgie sous tension électrique, avec une production reportée la nuit pour atténuer la facture du kWh (enquête La Tribune, octobre 2024) : plus l’induction se généralise, plus le risque de lock-in sur un réseau dont le prix reste volatile augmente — au cœur du débat ouvert par l’ADEME sur l’acier électrique. Côté social, des mobilisations prolongées à la SAM de Montereau ont été documentées par la presse syndicale (article NVO), ce qui rappelle que la transition industrielle se négocie aussi sur les cadences et les salaires, pas seulement sur les gigajoules évités.
5. Positionnement stratégique
Riva Acier capitalise sur un parc français déjà orienté ferraille‑four à arc, ce qui colle aux priorités sectorielles françaises du moment (plan acier ADEME). Les 30 M€ annoncés en mai 2024 sous les feux du Choose France attestent d’une volonté politique et industrielle coordonnée pour garder la métallurgie sur le territoire tout en réduisant le gaz (revue de presse professionnelle). En proxy de cap, le changement de DG en 2025 acte une nouvelle ligne de pilotage à l’échelle de la holding (nomination publiée).
Verdict WattsElse
Riva Acier incarne la transition par l’électricité au sens propre : plus d’arc, plus d’induction — et donc plus d’exposition au tarif du courant quand la demande mondiale et la concurrence importée compressent encore les marges. La sidérurgie « verte » française, ce n’est pas un label : c’est une ligne haute tension.
Sources : entreprises.lefigaro.fr · actu.fr · rivaacier.com · librairie.ademe.fr · tracesecritesnews.fr · latribune.fr · nvo.fr
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