Oroszlányi Erőmű
** Huit ans à l’arrêt, la centrale d’Oroszlány reprend du service sous bannière Veolia avec deux blocs de près de 50 MW et une promesse de « bas carbone ».
À propos de Oroszlányi Erőmű
1. Modèle économique
Le site est exploité dans le périmètre de Veolia en Hongrie après l’acquisition des actifs auprès de MVM en septembre 2022, puis une reconversion pour sortir du charbon : contrat annoncé de 10 milliards de forints (ordre de grandeur 25 millions d’euros au taux de l’époque des annonces) avec Valmet pour la modernisation des chaudières. La rentabilité repose sur la vente d’électricité (cible voisine de 600 GWh/an, soit une part significative mais minoritaire de la consommation nationale selon les estimations de la presse spécialisée) et sur la chaleur urbaine : 92 MW thermiques déclarés pour environ 5 000 foyers desservis à Oroszlány et Bokod. Le combustible annoncé est majoritairement de la biomasse forestière et agricole dans un rayon d’environ 100 km, avec apport complémentaire de SRF (combustible solide de récupération) issu de la filière déchets du groupe. Effet direct sur l’emploi local : de l’ordre de quelques centaines de postes sur le site et 600 à 700 emplois induits chez les fournisseurs de biomasse, d’après les annonces de l’investisseur. Chiffre d’affaires ou résultat du seul site : non publié de façon isolée dans les sources consultées ; seuls des agrégats groupe permettent de situer le contexte financier Veolia.
2. Impact réel
Sur le papier, l’exploitant vise une production électrique « bas carbone » à partir de biomasse et, partiellement, de déchets préparés — 99,8 MW électriques installés sur deux unités de 49,9 MW après la réfection — avec des filtres à manches mis en avant pour limiter les poussières. La cogénération rapproche le site du schéma « élec + chaleur » décrit par les fiches pédagogiques sur la combustion et la cogénération à biomasse, même si les gains climatiques réels dépendent du bilan complet du cycle de vie du bois, du taux de SRF et des règles de durabilité applicables. La commune d’Oroszlány relève que des essais de puissance sur les deux blocs ont été conclus en décembre 2024, puis une phase de mesures de garantie en février 2025 — un jalonnement utile pour distinguer communication et conformité technique. Pour la Hongrie, l’enjeu n’est pas seulement local : la filière biomasse électrique y est politiquement dense (subventions, bois, concurrence avec d’autres usages).
3. Innovations / partenariats
La conversion repose sur des chaudières à lit fluidisé adaptées au mix biomasse + SRF, avec Valmet comme entrepreneur technologique sur la partie chaudières. Côté combustible, Veolia met en avant une capacité de préparation de SRF (jusqu’à 50 000 t/an évoquées pour une installation du groupe) pouvant alimenter le site, ce qui couple l’énergie et les activités traitement des déchets. Des précisions côté mairie évoquent une période de rodage suivie d’une fenêtre de maintenance mineure à l’été 2025 — signal d’industrialisation plus que de rupture technologique, mais indice de calage opérationnel.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de « vert » décoratif tient ici à l’écart entre image renouvelable et rendement réel : WWF Hongrie estime qu’une centrale biomasse « électricité seule » n’atteindrait guère que 28–30 % de rendement électrique, avec une part majeure de l’énergie perdue si la chaleur n’est pas valorisée en continu — tension directement opposable à tout discours uniquement « carbone neutre » sur le bois, développée dans leur analyse des mécanismes de soutien (efficacité et gaspillages). Le même texte situe, sur la période longue, environ 323 milliards de forints de soutiens publics à la filière biomasse électrique depuis 2003 — une dépendance réglementaire qui peut retourner contre le modèle si les tarifs ou les critères de durabilité évoluent. L’ajout de SRF complique la lecture environnementale : au-delà des filtres, les questions portent sur les émissions propres aux déchesses et sur l’acceptabilité locale — dimensions mal couvertes par les seuls arguments « substitution du charbon ».
5. Positionnement stratégique
Pour Veolia, Oroszlány incarne un parc d’actifs thermiques revalorisés en Europe centrale : un pari sur la flexibilité du mix biomasse-déchets-chaleur et sur la stabilisation des coûts pour les réseaux de chaleur, dans un contexte où le groupe met en avant une croissance des segments pertinents en zone EUR (lecture à rapporter aux publications financières de 2024–2025). Côté territoire, l’opérateur doit tenir deux promesses en parallèle : approvisionnement en biomasse « de proximité » et continuité de service pour les usagers du chauffage urbain — là où la critique ONG sur l’usage du bois et les soutiens publics peut infléchir le débat national sans cibler nommément chaque ligne de budget.
Verdict WattsElse
Une ressurrection industrielle lisible sur les plaques watt et les calendriers de tests ; une contestation citoyenne et scientifique tout aussi lisible sur le thermodynamique du bois brûlé pour faire tourner des alternateurs. Entre les deux, Oroszlány illustre la transition hongroise : beaucoup de tonnes, beaucoup de forints — et peu de marge pour l’angélisme.
Sources : dteurope.com · veolia.hu · connaissancedesenergies.org · wwf.hu
Données clés
Identifiants publics
- Wikidata
- Q11994119
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Société d'Énergie Columbus Inc
Le nom exact « Société d'Énergie Columbus Inc » pointe, au Canada, vers une personne morale québécoise distincte — hors périmètre des agrégats ci-dessous.
Voir la ficheSaudi Aramco
L’État saoudien tient l’oléoduc : Saudi Aramco alimente le monde en brut et en gaz, engrange des cash-flows légendaires, et baisse pourtant le rythme en 2025 quand le baril tousse.
Voir la ficheEXPLOTACIONES EOLICAS SIERRA COSTERA SA
Derrière un nom de montagne et une adresse à Saragosse, cette SPV incarne l’éolien « catalogue » : actifs raccordés, cashflows tarifés, image verte portée par un géant.
Voir la ficheSIREA
Spécialiste français de l'automatisme industriel et du stockage d'énergie, SIREA aime aussi les batteries de seconde vie, autant que sa levée de fonds fraîchement mise au chaud.
Voir la ficheElectricity Supply Commission of Malawi
Le nom « Electricity Supply Commission » circule encore ; sur le terrain, c’est ESCOM Limited — Electricity Supply Corporation of Malawi — qui tient les manettes du transport et de la distribution, achète l’électricité auprès des producteurs et représente le pays dans le Southern African Power Pool.
Voir la ficheSolveo Énergies
Producteur français indépendant d’énergies renouvelables qui jongle entre éolien et photovoltaïque, avec une démarche RSE qui a de quoi faire pâlir les bonnes consciences.
Voir la ficheMammarps Wind AB
Le nom évoque aussitôt une SPV éolienne nordique, mais aucune société publiquement identifiable « Mammarps Wind AB » ne ressort des traces habituelles d’entreprises actives, alors que Mammarp est une localité rurale répertoriée en Suèede (localité Mammarp).
Voir la ficheKonya Şeker Enerji
** Branche énergétique d’un géant coopératif de l’agroalimentaire turc, Konya Şeker a bâti une production électrique massivement charbon / lignite — puis s’est retrouvé pris dans une spirale de créances publiques et de décisions ministérielles.
Voir la ficheJOHANNES KEPLER UNIVERSITÄT LINZ
La Johannes Kepler Universität (JKU) n’est pas une « entreprise énergie » au sens étroit : c’est la plus grande université de Haute-Autriche, fondée en 1966, dont le modèle repose sur l’enseignement public et la recherche—which en fait pourtant un acteur central des systèmes énergétiques euro-régionaux.
Voir la ficheSTAR ENERGIE 2073
Le cache WattsMonde indique « Lille » ; dans la presse spécialisée et les bases de projets consultées, l’entité documentée est un promoteur ivoirien porteur du cycle combiné de Songon, pas un producteur pétrolier britannique homonyme.
Voir la ficheEOS ENERGY
** Fabricant de batteries stationnaires zinc-bromure, Eos a multiplié par sept son chiffre d’affaires en 2025 et bénéficie d’un soutien massif de l’État fédéral américain pour industrialiser la Pennsylvanie.
Voir la ficheInternational Paper
Le tag « production électrique » colle mal à l’étiquette : International Paper, maison mère à Memphis, est avant tout un géant américain du carton et de l’emballage — avec une empreinte énergétique de centrale thermique, car ses usines brûlent surtout des résidus lignocellulosiques.
Voir la ficheRoyal Boskalis
Côté bourse et carnets, le n°1 néerlandais des infrastructures maritimes affiche 2025 comme sa meilleure année en près de deux siècles.
Voir la ficheNorth Drilling
Côté Téhéran, c’est l’histoire d’une « privatisation » qui n’a jamais vraiment rompu avec l’appareil d’État, et d’une croissance des ventes en monnaie locale qui hurle, pendant que Washington et l’UE resserrent l’écran de fumée juridique autour de la filière.
Voir la ficheNäs Drift AB
Une coquille d’« elproduktion » à Falköping, un chiffre d’affaires qui chute de plus d’un tiers : le cas Näs Drift AB illustre une France-Suède peu spectaculaire mais structurante — celle des très petits acteurs qui vivent des prix de gros, des certificats et d’une reddition de comptes éclatée pour quelques millions de couronnes.
Voir la ficheNorthwest Energy Private Limited (NWEPL)
La fusion fait table rase du papier : Northwest Energy Private Limited (NWEPL), petite société à vocation renouvelable dans la galaxie Tata, n’existe plus comme personne morale séparée depuis octobre 2024.
Voir la ficheRepsol Generación Eléctrica
Au siège cantabrique d’une filiale vieille du rachat de Viesgo, Repsol orchestre une montée en puissance industrielle dans l’éolien, le solaire ou l’hydroélectricité au sein d’un groupe encore structuralement pétrogazier — et sous le microscope des autorités comme des rivaux utilisant l’argument du « greenwashing ».
Voir la ficheAcorn
Un nom court pour un dossier géant : acheminer le CO₂ des fumées écossaises jusqu’aux réservoirs usés de la mer du Nord via un réseau hérité du gaz mature.
Voir la ficheJio-BP
Reliance BP Mobility — la marque Jio-bp — incarne la collision entre deux mondes : la distribution de carburants qui explose en volumes, et le storytelling « mobilité durable » hérité du partenariat avec bp.
Voir la ficheOX2
Le développeur suédois OX2 incarne la brutale réalité des années 2020 en EnR : des pipelines gigantesques, des alliances utilities‑investisseurs…
Voir la ficheAGO GmbH Energie + Anlagen
Spécialiste bavarois des systèmes énergétiques sur-mesure, ou comment moderniser l'énergie industrielle sans faire de vagues.
Voir la ficheEKZ Renewables
EKZ Renewables n’est pas une start-up opportuniste : c’est la filiale à 100 % d’EKZ, l’électricien du canton de Zurich, déployant depuis plus de douze ans un parc éolien et solaire à l’échelle continentale.
Voir la ficheNatixis
Banque de financement, arrangeur de dettes, gestionnaire d’actifs: Natixis ne produit pas un seul mégawatt, mais elle pèse sur la transition par l’allocation du capital.
Voir la fiche