Ørsted
Le géant danois de l’éolien offshore a bouclé en 2025 une transformation profonde : plus de charbon, un parc EnR qui grossit encore, des comptes qui repassent au vert — mais aussi des cessions d’actifs et une restructuration qui disent la dureté du secteur.
À propos de Ørsted
1. Modèle économique
Ørsted tire l’essentiel de sa valeur de la conception, du financement, de la construction et de l’exploitation de parcs éoliens en mer, complétés par d’autres EnR (solaire, stockage, biomasse certifiée) et par des services (O&M, équilibrage, accès marché). Le groupe publie pour 2025 un chiffre d’affaires d’environ 73,2 milliards de DKK et un bénéfice net de 3,2 milliards de DKK, avec un EBITDA ajusté hors effets exceptionnels et nouveaux partenariats de 25,1 milliards de DKK, dans une fourchette annoncée en début d’année (rapport annuel 2025, présentation de l’annual reporting). La stratégie repose massivement sur le « farm-down » : vendre des parts de projets matures pour recycler du capital — cas éminent du Royaume-Uni avec la cession de 50 % de Hornsea 3 (2,9 GW) à Apollo pour quelque 39 milliards de DKK, bouclée fin 2025 (accord novembre 2025, clôture décembre 2025). En parallèle, une augmentation de capital et des coupes de coûts cherchent à sécuriser le bilan : le groupe vise environ 2 000 suppressions de postes d’ici fin 2027 (restructuration octobre 2025). L’effectif reste de l’ordre de 8 000 personnes au global (rapport annuel 2025).
2. Impact réel
À fin 2025, Ørsted affiche environ 18,5 GW de capacités renouvelables (+2 % sur un an), dont 10,2 GW en offshore, avec un pipeline de construction offshore d’environ 8,1 GW sur trois continents et un objectif affiché de 18 GW offshore et 27,3 GW EnR au total d’ici 2027 (rapport annuel 2025). La dernière centrale charbon a fermé fin 2024 : 2025 est la première année « zéro charbon » dans la production thermique du groupe. Les communications sur le mix mettent en avant une électricité quasi entièrement renouvelable et une forte baisse de l’intensité carbone sur les scopes 1 et 2 depuis 2006 (rapport annuel 2025). Pour le lecteur français, ce rythme de déploiement se lit à l’aune d’une PPE3 qui cadence l’éolien en mer sur le territoire national sur des volumes encore très inférieurs à ceux d’un opérateur nord-européen intégré (PPE 3) ; l’ADEME, elle, insiste sur le rôle structurant de l’éolien — y compris flottant — dans les trajectoires de décarbonation (ADEME Infos, avril 2025).
3. Innovations / partenariats
Outre les contrats EPC et les équipements haute tension déjà inscrits dans les grands parcs britanniques, Ørsted annonce en avril 2026 un partenariat global avec Hitachi Energy pour les systèmes électriques des projets offshore (Énergies de la Mer). Côté Asie-Pacifique, le groupe met en avant des financements de type project finance pour le développement à Taïwan, avec des montages en milliards de dollars pour Greater Changhua (Yahoo Finance). Sur la transparence réglementaire, le rapport 2025 intègre des déclarations de durabilité alignées sur la CSRD et les ESRS — un repère pour suivre le « réel » au-delà des slogans (rapport annuel 2025, cadre CSRD).
4. Greenwashing / zones grises
Le premier risque n’est pas tant le verdissement de la com’ que la structure du récit industriel : lorsque les cessions deviennent le principal levier pour tenir les ratios de capitaux propres et financer le pipeline, une partie des cash-flows futurs part chez les nouveaux co-investisseurs — ce qui peut fragiliser la visibilité long terme si les prix de l’électricité ou le coût du capital se dégradent (rapport annuel 2025). Aux États-Unis, l’exposition politique est brute : des arrêts de chantier liés aux décisions de l’administration fédérale ont touché des projets comme Revolution Wind, avec des reprises de travaux obtenues par la voie judiciaire — un rappel que le « risque de permis » peut valoir arrêt net (rapport intermédiaire 9 mois 2025, Connaissance des Énergies). En Europe, la pause ou le recalibrage de projets majeurs (Hornsea 4) a déjà illustré la tension entre ambition annoncée et réalité des coûts (Connaissance des Énergies). Enfin, la part de biomasse dans le mix, même certifiée, alimente le débat sur le carbone réel du combustible et sur la disponibilité durable de la ressource — un angle que les ONG scrutent au même titre que les scopes 3 des chaînes d’approvisionnement (Yahoo Finance).
5. Positionnement stratégique
Ørsted vise à rester la référence intégrée de l’offshore tout en réduisant la voilure là où les rendements sont incertains : recentrage géographique, discipline d’investissement (fourchette de capex 50–55 milliards de DKK pour 2026 selon les guidances du rapport), disponibilité élevée du parc en mer (ordre de 94 % au troisième trimestre 2025) pour soutenir la crédibilité opérationnelle (rapport annuel 2025, rapport 9 mois 2025). Dans un marché européen sous pression (coûts, taux, concurrence industrielle), le groupe joue la carte des partenariats technologiques et des mega-deals de cession pour garder le rythme — une logique de « scale » où la taille protège mais n’efface pas le risque politique.
Verdict WattsElse
Ørsted a gagné la bataille du symbole — fin du charbon, gigawatts en mer, comptes rétablis — mais c’est une victoire sous perfusion : cessions, levée de fonds et plans sociaux traduisent un secteur où l’éolien offshore n’est plus une promesse de marge facile, un pari géopolitique autant qu’industriel.
Sources : annual-report-2025.pdf · orsted.com · orsted.com · orsted.com · orsted.com · economie.gouv.fr · infos.ademe.fr · energiesdelamer.eu · finance.yahoo.com · finance.ec.europa.eu · interim-financial-report-9m-2025.pdf · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
S Vind El i Motala AB
Une micro-structure à l’adresse de campagne, entre signal fort (« vind », vent en suédois) et réalité annuaire plus terre-à-terre (électricité, technique du bâtiment).
Voir la ficheRaízen
Coentreprise brésilienne Shell–Cosan, Raízen incarne à la fois le premier rang mondial du sucre-canne et une distribution de carburants massive sous marques majeures.
Voir la ficheGAS Y ELECTRICIDAD GENERACION S.A.U
Elle ne fait pas une marque solo, elle tient sous tension la corde du système isolé aux Baléares : charbon amorti, gaz au centre, renewables qui poussent côté réseau.
Voir la ficheCOFCO
Le conglomérat d’État COFCO (China National Cereals, Oils and Foodstuffs Corporation) est une icône de l’approvisionnement mondial — pas un pure player de l’éolien ou du solaire.
Voir la ficheSolarpack
À la mi‑2024, le développeur photovoltaïque espagnol Solarpack prend le nom Zelestra et annonce une trajectoire agressive : passer d’un métier très « solaire » à une plateforme multi‑technologies financée comme une hyperscale.
Voir la ficheRyftes Energi och Förvaltning AB
Sur l’île de Gotland, Ryftes Energi och Förvaltning AB apparaît dans la presse et les bases d’entreprises comme la maison mère d’un groupe centré sur la production et la transformation de légumes, dont le moteur opérationnel est la filiale Ryftes Grönsaker AB (même site à Fole/Visby).
Voir la ficheBesa İnşaat
Sous l’étiquette familiale Besa Holding / BESA Grup, la branche Besa İnşaat incarne le socle bâtisseur d’un empire anatolien qui, depuis le milieu des années 2010, empaquette solaire, géothermie voire éolien sous le même storytelling de « transition ».
Voir la ficheFOUR DATA
Une PME française qui équipe dizaines de milliers de réservoirs d’hydrocarbures relève un paradoxe français : gagner du carbone kilométrique en restant au cœur de la filière fioul-gaz-carburant.
Voir la ficheVattenfall Vindkraft Sverige AB
Chez Vattenfall, le vent tourne vite — et les dossiers terrestres géants coincent déjà l’État, la Défense et des communautés Sámi.
Voir la ficheHamburger Hungária Kft.
Hamburger Hungária n’est pas un opérateur de réseau classique : c’est une grosse papeterie intégrée qui, à Dunaújváros, transforme le papier en carton ondulé.
Voir la ficheNational Power Company Ukrenergo
Gestionnaire unique du transport électrique haute tension, la PJSC « National Power Company » Ukrenergo est le cœur technique de la synchronisation avec l’Europe.
Voir la ficheENERGY CENTRE BRATISLAVA
Treize à vingt-trois têtes environ sur papier slovèque, plus de trois décennies dans l’« autre » de l’énergie slovaque : conseil municipal, projets européens, optimisation des façades qui suent encore le chauffage soviétique.
Voir la ficheAnyos
Start-up occitane de l’IRVE, Anyos assume un pari industriel à l’envers : moins d’import, plus de modularité, et un storytelling « Made in France » porté jusqu’aux trophées nationaux — pendant qu’une levée de vingt millions d’euros, annoncée depuis 2024, reste le test décisif de crédibilité.
Voir la ficheMSU Energy
Filiale argentine d’un groupe familial qui a bâti sa fortune sur le thermique à très haute disponibilité, MSU Energy ne pompant pas le brut : elle achète le gaz, branche le pays sur des contrats en dollars avec CAMMESA et, en parallèle, pousse un parc renouvelable qui change déjà l’échelle du bilan énergétique national.
Voir la ficheGroupe IDEC
Une ingénierie immobilière et énergétique qui jongle entre projets smart et paysages urbains, le tout avec le sourire contrôlé d’un promoteur averti.
Voir la ficheThe Petersburg Fuel Company
Elle s’appelait encore une entreprise quand la retailisation du carburant rapportait des milliards de roubles au nord-ouest russe.
Voir la ficheSindicato Nacional de Trabajadores Petroleros de la República Mexicana
Le plus puissant syndicat pétrolier d’Amérique latine ne vend ni baril ni kilowattheure : il structure le travail autour du géant public Pemex.
Voir la ficheACCIONA ENERGIA France
Sur le papier, c’est une « autre énergie » : en réalité, ACCIONA ENERGIA FRANCE incarne surtout la prise de contrôle française du courtage à la performance et des CEE, pas un parc éolien ou solaire national.
Voir la ficheDanpower Energie Service GmbH
Filiale allemande d’enercity, Danpower Energie Service GmbH incarne le « grand équipementier » des réseaux de chaleur et de la cogénération — avec une accélération nette vers la valorisation énergétique des déchets et les marchés baltes.
Voir la ficheGreenalia
Greenalia incarne la fracture d’un producteur indépendant d’électricité renouvelable coincé entre une Galice où les tribunaux freinent l’éolien terrestre et un Texas où il mise des milliards pour grossir vite.
Voir la ficheEntech (France - stockage & solaire)
Entech Smart Energies n’est pas un nom espagnol sorti d’un cache confus : cotée sous le ticker ALESE, la société d’« intégration » EnR développe depuis la Bretagne un modèle où le solaire rencontre le stockage, avec des chantiers domestiques comme des alliances aux grands noms du BTP et de la distribution d’énergie — et un carnet qui gonfle plus vite encore…
Voir la ficheUfimsky refinery plant
À Oufa, dans les montagnes de l’Oural, l’ex‑« Ufimsky refinery plant » incarne la fusion prolongée du raffinage profond et des crises géopolitiques : capacité record pour produire des carburants « propres » au sens européen du terme, mais désormais une partie du même jeu où installations critiques et distance stratégique ne protègent plus comme avant.
Voir la ficheUnited Payra Power Limited
Centrale neuve sur le papier, dinosaur énergétique dans les faits : UPPL tire ses marges d’un contrat IPP à quinze ans dans un Bangladesh qui redessine brutalement les règles du jeu entre producteurs privés et BPDB.
Voir la ficheECOS
ECOS incarne une forme rare d’« infrastructure » discrète du bas-carbone : pas un opérateur d’actifs, mais une ONG qui élabore des garde-fous techniques là où l’UE et les instances internationale de normalisation fixent les règles du jeu pour le bâtiment, l’énergie ou les produits.
Voir la fiche