Power Pac
Dans le cache WattsMonde, « Power Pac » pointe vers le pétrole et le gaz sans pays — la trajectoire documentée est celle de PowerPac Holdings (groupe Sikder), producteur d’électricité au fioul lourd au Bangladesh, coincé entre extension de contrats publics et tempête pénale.
À propos de Power Pac
1. Modèle économique
Le cœur du modèle, c’est la vente d’électricité à l’État via des accords d’achat (PPA) avec le réseau bangladais (ex. centrale de Keraniganj, dhakaïde), dans la lignée des quick rental au fioul lourd (HFO) — technologie classée côté suivi international parmi les centrales pétrole et gaz (Global Energy Monitor). Le groupe Sikder revendique pour sa branche énergie un portefeuille d’environ 460 MW réparti sur plusieurs sites (profil LinkedIn PowerPac Holdings) ; la filiale est contrôlée par la holding et donc exposée à la fois au prix des combustibles importés et à la solvabilité du bouquet bancaire local. Le chiffre d’affaires consolidé filiale par filiale n’est pas retrouvé dans une cartographie financière ouverte fiable pour 2024–2025 ; en revanche, la production cumulée de Keraniganj est suivie finement par les observateurs de la transition : 2 915 GWh jusqu’à l’exercice 2022–2023 selon un suivi sectoriel (EnergyTransitionBD). La dépendance au crédit bancaire — dont une ligne très litigieuse auprès de la First Security Islami Bank — structure le risque de liquidité autant que le compteur kilowattheure.
2. Impact réel
L’impact climat n’est pas « neutre par procuration » : une unité opérationnelle à 108 MW au HFO tourne depuis 2012 à Keraniganj, quand une seconde tranche 160 MW (dual fuel annoncé) est mise en sommeil (Global Energy Monitor). Le HFO est parmi les options les plus émissives du parc thermique liquide ; il n’y a pas, dans les éléments publics recensés ici, de bilan carbone CDP ou CSRD pour cette entité — normal : le cadre européen PPE3 ou les fiches ADEME ne s’appliquent pas à un opérateur bangladais, mais ils servent de repère : en Europe, ce serait exactement le segment qu’on sort du mix, pas qu’on prolonge. L’enjeu local, c’est la qualité de l’air et la dépendance aux importations d’hydrocarbures, plus qu’un « gain CO₂ » marketing.
3. Innovations / partenariats
Côté « innovation », le registre public parle surtout d’ingénierie et de financement d’EPC : la presse sectorielle a relayé des accords de type EPCF avec Power China pour de nouvelles capacités (dont un projet Keraniganj 160 MW évoqué dans la presse et les bases de suivi d’actifs) — filière classique grands projets, pas start-up cleantech (Bangladesh Post via GEM). Aucun brevet « vert » mis en avant de façon vérifiable dans les sources citées ; le partenariat stratégique dominant reste l’État (PDB / renouvellements de PPA) et les banques locales, avec retournement en justice.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque n’est pas le slogan RSE : c’est la cohérence bilan énergie / bilan pénal. L’Anti-Corruption Commission a validé des charge sheets visant notamment les frères Sikder pour des montants de blanchiment circulant via cartes de crédit internationales sur la période 2017–2021 (The Business Standard). En février 2025, la même ACC assigne le groupe pour un détournement de 1 414 crores de taka (ordre de 110 M€ au change) lié à des montages de prêts à la National Bank (The Business Standard). Côté banque FSIBL, un suivi indépendant mentionne 2 254 crores de taka de prêts, 90 % classés créances douteuses — chiffre qui atteste d’un défaut structurel plutôt que d’un « ajustement de cycle » (EnergyTransitionBD). En septembre 2025, la presse rapporte des gels d’actifs à l’étranger (dont 133 millions de taka en Thaïlande) dans une opération de traçage des fonds (Prothom Alo) — autant de repères qui rendent toute communication « transition juste » non crédible sans publication d’audit indépendant.
5. Positionnement stratégique
La stratégie visible, c’est la survie contractuelle : le PPA de Keraniganj a été prolongé jusqu’au 4 avril 2025 après des années de location rapide — calendrier confirmé par les bases de données énergie (EnergyTransitionBD). Parallèlement, la justice a ordonné la saisie de 100 acres à Purbachal pour un projet immobilier phare du groupe, signal de dépréciation de la marque Sikder sur l’échiquier national (BSS News). À l’échelle du groupe, Prothom Alo cite une dette de l’ordre de 102,33 milliards de taka largement en défaut, avec enquêtes sur des placements USA et Suisse (Prothom Alo) — le pool électrique PowerPac n’est plus un acteur de niche : il est une poche d’actifs thermiques ballottée par la politique publique et le droit pénal.
Verdict WattsElse
Power Pac, tel que le documentent les sources ouvertes sur le Bangladesh, ce n’est pas une « entreprise pétrole & gaz » au sens exploration-production : c’est un thermicien HFO accroché au budget de l’État, étouffé par la dette et les procédures, pendant que l’Europe verrouille le PPE3 sur la sortie des fossiles. Tant que magistrats et banques centrales relèvent les passifs plus vite que la PDB ne renouvelle les kilowattheures, le courant tiendra — le récit d’entreprise, lui, est déjà au tribunal.
Sources : gem.wiki · bd.linkedin.com · energytransitionbd.org · bangladeshpost.net · tbsnews.net · tbsnews.net · en.prothomalo.com · bssnews.net
Données clés
- Fondée
- 1970
- Effectifs
- 1 100
Identifiants publics
- Wikidata
- Q3557857
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