Preussag
Né sous la République de Weimar le 9 octobre 1923 à partir des mines d’État prussiennes à Berlin, transféré après-guerre vers Hanovre, le groupe allemand préussienne-mines-et-aciéries (« Preussag ») incarne encore dans les bases sectorielles le volet « autres énergies » : houille, puis pétrole, avant de prendre les couleurs du tourisme.
À propos de Preussag
1. Modèle économique
L’architecture actuelle fusionne fabrication de séjours, distribution captive et infrastructures lourdes (flotte et navires). Sur l’exercice financier clos le 30 septembre 2025, le chiffre d’affaires consolidé passe de 23,2 à 24,2 milliards d’euros (+4,4 %) et l’`underlying EBIT` de groupe grimpe à 1 413 millions d’euros, avec une forte contribution des hôtels et des croisières face à une baisse marquée des marges combinées marchés + transport aérien (bilan stratégique du directoire 2025). Pour le même périmètre, TUI déclare 66 854 collaborateurs dans son rapport annuel 2025. Une transformation « Markets + Airline » engage coûts de restructuration (44,2 m€ comptabilisés en ajustements) pour tenter de reconstituer des marges aériennes. Le communiqué d’investisseurs sur les résultats année pleine FY25 confirme le rebond financier après la turbulence Covid : dividende repris à 0,10 €/action et ligne directrice +2 à +4 % de CA puis +7 à +10 % d’`underlying EBIT` pour FY26.
2. Impact réel
Contraint par la physique du transport charter et des croisières, le périmètre reste très exposé aux combustibles fossiles liquides : réduction volontaire d’empreinte annoncée (−17,5 % d’émissions totales rapportées au titre de FY25, tableau de synthèse sur la porte d’entrée du rapport 2025), mais toujours assise sur plusieurs millions de litres de Jet-A et de mazout maritime. Dans le chaînon climat `(E1)` du dossier ESRS publié en 2025, TUI précise avoir refoulé « plus de 11 000 tonnes » de SAF en usage volontaire contre près du néant l’année précédente, tout en décrivant l’audit complet du volume SAF 2025 comme retardé au printemps 2026 faute de certificats fournisseurs. Le groupe anticipe aussi des risques de coûts liés aux carburants alternatifs, au prix du carbone européen et aux mandats SAF issus du couloir réglementaire ReFuelEU Aviation.
3. Innovations / partenariats
Outre des lettres d’intention fournisseurs mentionnées dans le même chapitre climat `(E1)`, TUI Air exploite plusieurs leviers opérationnels : modernisation par tranches des appareils, optimisation carburant, participation allemande aux essais anticirrus au DLR selon les indications du groupe. À l’amont logistique, un accord SAF pour le fret aérien TUI — avec prise en charge de 1 % du surcoût carburant sur la base du fret embarqué — a été relégué aux radars médiatiques récents via la presse métier maritime-aérienne (partenariat ECS Group–TUI). Dans le dossier européen, TUI Air précise avoir reçu 16 871 quotas ETS européens en septembre 2025 pour compenser partie du surcoût SAF sur des routes réglementées 2024 (détail chiffré dans le bloc incitatif SAF du rapport climat FY25).
4. Greenwashing / zones grises
La trajectoire financière 2025 masque un décrochage chiffré du segment combiné : l’`underlying EBIT` « Markets + Airline » fond de 303,9 à 199,9 m€ au moment où le kérosène et autres charges externes grignotent encore la partie transport. Parallèlement, la première déclaration CSRD impose une lecture prudente des Scope 3 : le document ESRS 2 – informations générales indique que quasi toutes les catégories suivent la méthode *spend-based* ou des moyennes sectorielles, avec promesse d’enrichissement ultérieur en données primaires ; la section E1 précise encore des périmètres divergents entre objectifs Science Based Targets et périmètres financiers ESRS selon les filiales croisières, ce qui complique une photographie unique « vérité terrain ». Côté héritage industriel allemand, aucun dossier médiatisé récent ne rattache nominativement TUI AG aux passifs de l’ère charbonnière, mais une jurisprudence fédérale de 2014 rappelle qu’après fermetures minières les autorités peuvent encore exiger des programmes de gestion des eaux de mines sans plafonnement économique standard (Cour administrative fédérale allemande 7 C 22.12) ; utile comme arrière-plan prudent sur d’anciens actifs géologiques, pas comme condamnation du groupe voyagiste.
5. Positionnement stratégique
FY25 fonctionne comme feu vert boursier : première note solicítée BB chez Fitch le 7 février 2025 (relayée également par la salle financière TUI), forte décrue de levier net et politique dividendaire réorientée après ans de blocage pandémique. Sur le registre territorial français, où se joue une partie du débat politique transports bas-carbone cité dans la Pnrr et la filière SAF, TUI incarne avant tout une demande SAF et électricité bas-carbone européenne ; les synthèses ADEME sur la transition aérienne 2050 donnent un ordre de grandeur public des arbitrages dont dépendront les marges voyagistes d’ici la fin du mandat SAF européen.
Verdict WattsElse
Ce que le cache WattMonde appelle encore « Preussag » réside moins sous la tour de Hanovre que dans la géologie et le bilan carbone européens : la rentabilité 2025 célèbre le triptyque croisières-hôtels-distrib alors que les couloirs SAF et quotas ETS redessinent la valeur intrinsèque d’un tonne-kilomètre touristique encore majoritairement pétrocarbure au décollage comme à l’ancre.
Sources : annualreport.tuigroup.com · annualreport.tuigroup.com · tuigroup.com · annualreport.tuigroup.com · eur-lex.europa.eu · stattimes.com · annualreport.tuigroup.com · bverwg.de · fitchratings.com · tuigroup.com · connaissancedesenergies.org · librairie.ademe.fr
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