Réseau

Prysmian Group

Le groupe milanais a bouclé 2025 sur un chiffre d’affaires et un résultat net inédits, portés par l’électrification des réseaux et les acquisitions outre-Atlantique.

*Du cuivre sous tension aux marges d’histoire judiciaire*

À propos de Prysmian Group

1. Modèle économique

Prysmian S.p.A. est un équipementier mondial de câbles d’énergie, télécoms et fibres optiques, structuré autour d’une chaîne d’ingénierie, de production et d’intégration de projets (transmission, réseau, numérique, électrification). Le communiqué de résultats 2025 indique un chiffre d’affaires de 19,65 Md€ (17,03 Md€ en 2024), une croissance organique de +5,4 % et un Ebitda ajusté de 2,398 Md€ (+24 % en glissement annuel) pour une marge d’environ 14,2 %. Le bénéfice net affiché atteint 1,27 Md€, avec un flux de trésorerie libre de 1,17 Md€ ; les investissements (capex) se situent dans une fourchette d’ordre de 760–800 M€ sur les exercices récents, cohérente avec l’accord-cadre Enedis jusqu’à 550 M€ sur sept ans (2026–2032) pour alimenter en moyenne tension le réseau français depuis Gron et Montereau. L’américain Encore Wire, consolidé dès le 1er juillet 2024, a renforcé l’exposition à la filière bâtiment et industrielle d’outre-Atlantique.

2. Impact réel

L’ouvrage 2024 annonce des baisses d’émissions de gaz à effet de serre de -37 % en Scope 1 et 2 et de -54 % en Scope 3 par rapport à 2019, sur la base 2019, et vise le zéro net en Scope 3 d’ici 2035 dans le prolongement de la stratégie « Connect to Lead » (2024-2028). Le groupe fait état d’environ 43 % de revenus issus de solutions « durables » en 2024 et vise 47-49 % en 2025 selon l’orientation communiquée en février 2026 ; côtre reporting européen, le document souligne l’alignement croissant des activités de transmission et d’infrastructure sur la taxonomie de l’UE, avec la double matérialité imposée par la directive CSRD. Côté biodiversité, le même rapport intégré 2024 indique qu’environ 18 % des sites se trouvent en zones sensibles, ce qui conditionne l’exposition opérationnelle. Dans le débat public français, l’enjeu de modernisation des réseaux et des interconnexions s’inscrit dans la logique des planifications pluri-annuelles (programmation de l’énergie, climat, réseau) ; aucune étude ADEME portant spécifiquement sur « Prysmian France » n’a été repérée pour cette fiche.

3. Innovations / partenariats

Sur la plage 2024-2025, le groupe a capitalisé sur des projets d’interconnexions haute tension (ex. Terna, Marinus Link, références dans le rapports 2024) et sur l’accord Enedis 2026-2032 avec cibles de teneur en cuivre et aluminium recyclé et polyéthylène de gaine recyclé. Le communiqué 2025 mentionne l’intégration de Channell (juin 2025) et des accords d’acquisition ciblant Xtera et ACSM pour l’amont « transmission ». L’annuaire du nucléaire civil (GIFEN) recense la filiale française Prysmian Câbles et Systèmes dans la chaîne d’approvisionnement.

4. Greenwashing / zones grises

L’étiquetage « revenus durables » (43 %, objectif 55 % en 2028) s’inscrit dans des définitions internes de solutions « sustainability-linked » : l’enjeu est la comparabilité avec d’autres acteurs câbles et l’écart entre parts « éligibles » et « alignées » taxonomie — ce n’est pas un « bilan carbone de produit consommateur final ». La marge du segment aérien (lignes aériennes) a été, au quatrième trimestre 2025, pénalisée par des primes sur métaux : la promesse d’infrastructures bas-carbone se heurte en pratique à la volatilité du cuivre et de l’aluminium. Côté gouvernance de marché, l’action collective de près d’un milliard de dollars autorisée au Royaume-Uni en 2024 rappelle un passé d’ententes supposées en câbles haute tension, tandis que l’autorité italienne de la concurrence a ouvert une enquête en décembre 2024 sur le marché des câbles en cuivre basse tension (Prysmian cite une perquisition le 11 décembre) et la Slovaquie a infligé de lourdes amendes pour entente sur les câbles d’énergie — autant d’ombrage sur la seule vertu de « câble vert ».

5. Positionnement stratégique

Le management table sur un Ebitda ajusté 2026 compris entre 2,625 et 2,775 M€ et cherche à porter la part des revenus « durables » à 47-49 % dès 2025 ; la moitié des salariés serait aujourd’hui actionnaire, un levier d’alignement en crédité dans le même communiqué. Face aux besoins d’interconnexions et d’ENR (contexte abordé par *Connaissance des Énergies* côté grands câblistes européens), Prysmian capitalise sur la visibilité des contrats d’infrastructure, tout en restant un fournisseur de matériau critique pour la transition électrique pilotée par les États (programmation, réseaux, renouvelables).

Verdict WattsElse

Prysmian incarne le câble comme infrastructure climat de la re-industrialisation : les carnets de commandes le confirment, la justice concurrentielle rappelle que la transition ne liquide pas l’histoire des marchés. Quand l’antitrust sonne, les kilomètres de fibre ne pardonnent ni la mémoire, ni l’enquête.

Sources : en.wikipedia.org · prysmiangroup.com · prysmian.com · prysmian.com · prysmian.com · prysmian.com · annualreport.prysmian.com · finance.ec.europa.eu · ec.europa.eu · connaissancedesenergies.org · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · gifen.fr · reuters.com · en.agcm.it · prysmian.com · lexology.com · connaissancedesenergies.org

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