RAK Petroleum
** Pendant des années, le nom RAK Petroleum a été synonyme d’une prise de contrôle financière sur l’opérateur norvégien DNO et sur les filières gazières ivoiriennes via Foxtrot.
À propos de RAK Petroleum
1. Modèle économique
Historiquement, RAK Petroleum plc s’est présentée comme une société d’investissement pétrolier et gazier, avec des participations majeures dans DNO ASA et Foxtrot International — au point, dans un rapport d’époque, d’évoquer environ 44,94 % de DNO et 33,33 % de Foxtrot (rapport RAK Petroleum 2021). En 2022, le schéma bascule : DNO acquiert Mondoil Enterprises LLC et intègre la participation de RAK dans Foxtrot contre émission de nouvelles actions, dans une opération clôturée en octobre 2022 (communiqué DNO). Parallèlement, RAK Petroleum annonce un plan de transfert de ses actions DNO et de trésorerie aux actionnaires, puis de radiation et de liquidation (plan annoncé en août 2022). La valorisation médiatique de l’échange autour des actifs ivoiriens avait été évoquée à hauteur d’environ 117,25 millions de dollars au moment du rapprochement avec DNO (Oil Field Africa Review).
Aujourd’hui, le revenu économique associé à l’ancienne trajectoire « RAK → DNO » se lit dans les comptes de DNO : bénéfice net 231,6 millions de dollars en 2025 contre 14,1 millions en 2024, et dividende de 0,375 NOK par action avec paiement en février 2026 (rapport annuel 2025 de DNO). Côté actionnariat résiduel, RAK Gas LLC apparaît encore avec 2,70 % du capital au 31 décembre 2025 (même source). Chiffre d’affaires, effectifs ou capex spécifiques à une entité « RAK Petroleum » autonome : nous n’avons pas retrouvé de publication récente et consolidée sous ce nom après la restructuration ; l’agrégat pertinent est désormais DNO. À ne pas confondre avec le site rak-petroleum.ae, qui décrit une activité de négoce international de matières premières (« trading ») distincte de l’ancienne holding cotée (présentation du site).
2. Impact réel
L’impact climat et environnemental du legacy RAK / DNO / Foxtrot se mesure à l’aune du gaz et du pétrole effectivement produits et brûlés en aval. En Afrique de l’Ouest, DNO indique une participation indirecte d’environ 9,09 % dans le bloc CI-27 et 8 % dans le bloc CI-12 (page West Africa). La production nette de Côte d’Ivoire (via Foxtrot) atteint en moyenne 3 287 barils équivalent pétrole par jour en 2025, en hausse de 6 % par rapport aux 3 103 boepd de 2024 (rapport annuel 2025 de DNO). Le bloc CI-27, opéré par Foxtrot, a été décrit comme fournissant une part très majoritaire du gaz domestique ivoirien (Oil Field Africa Review). Les réserves 2P de DNO s’établissent à 390,1 millions de barils équivalent pétrole fin 2025, en forte hausse annuelle selon la communication du groupe (communiqué Globenewswire).
Pour le lecteur français, l’enjeu n’est pas de « comparer » cette production aux objectifs de la PPE (outil français de programmation électrique) — peu pertinent pays par pays — mais de situer le gaz comme pivot des mixes en Afrique de l’Ouest, entre besoins d’électrification et pression carbone : le gaz compte pour une part importante de la production électrique en zone CEDEAO dans les bilans récents commentés par la Direction générale du Trésor (note Trésor 2024), tandis que des producteurs africains rappellent volontiers leur attachement aux hydrocarbures pour financer le développement (dépêche relayée par Connaissance des Énergies). Côté méthode, l’ADEME rappelle dans ses ressources générales que la transition passe par la réduction de la dépendance aux énergies fossiles et la décarbonation des usages (page « Énergies ») — un rappel utile pour encadrer tout discours « gaz vert » sur des projets d’export ou de substitution locale.
3. Innovations / partenariats
Le signal récent n’est pas une start-up cleantech : c’est une phase d’investissement et de forage sur des actifs matures. DNO indique qu’un puits d’exploration foré sur le bloc CI-27 en 2025 s’est révélé sec, mais envisage en 2026 le forage de nouveaux puits de production sur l’un des quatre champs du bloc (rapport annuel 2025 de DNO). Sur le volet « partenariats », le fil conducteur reste l’intégration capitalistique avec DNO et les contrats de licence à l’échelle des blocs, plutôt que des alliances R&D visibles au grand jour. Aucun partenariat public français type « contrat PPE / appel d’offres ADEME » n’a été identifié pour RAK Petroleum en tant que tel — ce qui est cohérent avec un véhicule d’investissement offshore et des actifs en mer et en Afrique de l’Ouest.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, risque de confusion de marque : mélanger l’ancienne RAK Petroleum plc, le réseau gazier ivoirien porté par Foxtrot/DNO et une entité de trading aux Émirats peut laisser croire à une « entreprise unique » alors que les périmètres comptables et climatiques sont portés par DNO (site de négoce vs historique de transaction). Ensuite, risque d’exploration : un échec de puits en 2025 rappelle que la promesse de volumes n’est pas mécanique (rapport annuel 2025 de DNO). Enfin, le secteur subit une judiciarisation climatique croissante contre les grandes filières fossiles (bilan 2025 de Climate Integrity) : même si RAK Petroleum n’est pas citée nommément, l’exposition réputationnelle transite par les opérateurs et actionnaires visibles, DNO en tête.
5. Positionnement stratégique
La recomposition de 2022 a maximisé la liquidité et la lisibilité boursière pour les anciens actionnaires de RAK Petroleum, tout en concentrant l’exécution opérationnelle chez DNO. Le dividende de février 2026 et le rebond de réserves communiquées fin 2025 dessinent un groupe en phase de monétisation et d’agrandissement du bilan — y compris via des opérations externes mentionnées dans le rapport annuel — plutôt qu’une mue profonde hors hydrocarbures (rapport annuel 2025 de DNO). Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu stratégique reste le gaz domestique : ressource politiquement attractive pour l’électrification, mais fossile au sens strict des inventaires carbone.
Verdict WattsElse
RAK Petroleum, telle qu’on la cite encore dans les bases « entreprises », est surtout un fantôme de holding : son énergie vit désormais dans les turbines alimentées au gaz et dans les comptes de DNO, pas dans un discours de transition. La formule qui résume la tension : capital déployé, CO₂ émis, promesses à la loupe.
Sources : ml-eu.globenewswire.com · dno.no · live.euronext.com · oilfieldafricareview.com · dno.no · rak-petroleum.ae · dno.no · ml-eu.globenewswire.com · tresor.economie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · ademe.fr · climateintegrity.org
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