Seguwantivu Wind Power
Sur la rive sud-est du lagon de Puttalam, treize machines Gamesa de 800 kW dessinent encore le paysage de ce qui fut le tout premier parc éolien privé du pays : derrière la structure juridique Seguwantivu Wind Power (Pvt) Ltd se cache une histoire de pioneer puis de dépendance quasi-monopsonique à la Ceylon Electricity Board — et, au niveau groupe, une…
À propos de Seguwantivu Wind Power
1. Modèle économique
Seguwantivu Wind Power est la société créée pour exploiter le site Seguwantivu, distinct juridiquement du voisin Vidatamunai, les deux ayant été développés comme paire sur la même bande côtière (article encyclopédique). Le groupe affiche une détention à 100 % de cette filiale et une mise en service en mai 2010, avec 9,6 MW à Puttalam (fiche projets éoliens du groupe). Les revenus relèvent mécaniquement de contrats de vente d’électricité à la CEB ; il n’existe pas, dans les sources ouvertes consultées, de comptes publiés séparément pour cette SPV : la lisibilité financière passe par WindForce PLC (cotée Colombo). Sur l’exercice clos 31 mars 2025, les synthèses de marché et la presse économique rapportent 6,9 milliards de roupies de chiffre d’affaires (+18 %) et 2,25 milliards LKR de résultat net (+29 %) au niveau consolidé (extrait de communiqué résultats annuels, dépêche Lanka Business News). Le premier trimestre 2025/26 (clos juin 2025) affiche 2,12 milliards LKR de ventes et 740 millions LKR de résultat net selon les agrégateurs de résultats (présentation des comptes trimestriels). Au global, WindForce revendique 84,2 MW d’éolien opérationnels et environ 32 % de la production éolienne nationale (résumé de rapport annuel).
2. Impact réel
Le site Seguwantivu mobilise 13 éoliennes Gamesa AE-59 de 800 kW pour 9,6 MW nominaux ; la documentation grand public sur le double projet évoque 52,56 GWh/an cumulés pour les deux parcs réunis, soit une granularité imparfaite pour isoler uniquement Seguwantivu (article encyclopédique). La communication groupe est plus précise pour la SPV : ~25 GWh/an en moyenne et 17 700 tonnes d’émissions de CO₂ évitées annuellement au titre de ce seul actif — chiffres à prendre comme estimation interne, non auditée dans la présente note (fiche projets éoliens du groupe). Dans le même mouvement, WindForce publie ~258,6 GWh/an et 182 900 tonnes de CO₂ évitées pour l’ensemble de ses parcs éoliens (même source). À l’échelle nationale, le Sri Lanka vise 70 % d’électricité renouvelable d’ici 2030 (note stratégique de la Banque asiatique de développement) ; la Banque mondiale a annoncé en juin 2025 un programme 150 millions USD pour appuyer cette trajectoire (communiqué de presse). Les cadres français PPE ou fiches ADEME ne s’appliquent pas directement à cette SPV : aucune donnée sectorielle française dédiée n’a été trouvée pour Seguwantivu dans les bases institutionnelles européennes habituelles — le contrepoint pertinent reste donc la politique énergétique sri-lankaise et les financements multilatéraux.
3. Innovations / partenariats
Au-delà de l’éolien historique, WindForce accélère la diversification : en avril 2026, la Daily FT rapporte un accord avec la IFC pour un premier solaire 100 MW « utility-scale », avec un prêt jusqu’à 18 millions de dollars en monnaie locale (article Daily FT). Côtère holdings, la presse relève aussi l’effet de l’intégration de Solar Universe en août 2024 sur la dynamique du segment solaire (dépêche Lanka Business News). Pour Seguwantivu lui-même, l’« innovation » majeure n’est pas logicielle : elle est physique — repowering des turbines vieillissantes par des machines plus puissantes sur les sites historiques, thème explicitement mis en avant dans les synthèses du rapport annuel 2024/25 (résumé MarketScreener).
4. Greenwashing / zones grises
La décarbonation affichée bute sur une réalité de risque de liquidité et de contrepartie : en 2024/25, la société mère comptabilise 708 millions LKR de « late payment revenue » liés à la CEB, révélant des délais de paiement structurels malgré un rattrapage comptable (dépêche Lanka Business News). La production éolienne consolidée recule de 2 % sur l’exercice 2024/25, avec vents défavorables et aléas techniques — un rappel que la « couleur verte » du bilan dépend aussi du régime météorologique (rapport annuel via MarketScreener). Sur le volet biodiversité et acceptabilité, Mongabay documente en août 2025 une suspension d’un mois décidée par le président pour un projet privé 50 MW à Mannar après blocages routiers et mobilisations locales ; l’article cite un profil CEJ évoquant 566 espèces végétales et 548 espèces animales dans la biodiversité mannaroise, au cœur du corridor migratoire (enquête Mongabay). Seguwantivu n’est pas à Mannar, mais WindForce y exploite déjà Hiruras (15 MW) selon sa carte d’actifs (fiche projets éoliens du groupe) : la tension société civile sur la côte nord-ouest nourrit donc un risque réputationnel et réglementaire pour l’écosystème filiales. Les controverses d’appels d’offres (tarifs Mannar, présence d’autres promoteurs) décrites dans la presse sri-lankaise concernent surtout la gouvernance sectorielle ; à consulter pour le contexte concurrentiel (article d’archives Lanka News Web). Enfin, les 472 millions USD annoncés par la Banque mondiale pour mobiliser des capitaux privés vers 1 GW de capacité propre national (communiqué Banque mondiale) montrent que la croissance EnR nationalisée peut accélérer sans garantir la résolution des externalités locales.
5. Positionnement stratégique
Seguwantivu reste le socle symbolique du premier saut privé dans l’éolien sri-lankais ; stratégiquement, il devient un actif à moderniser pendant que WindForce déploie capacités plus récentes (Mannar 2023, pipeline solaire IFC 2026) et internationalise son portefeuille (profil corporate). Le marché récompense la diversification et les mises en ligne récentes (29 % de bond du résultat net consolidé 2024/25, dépêche Lanka Business News), mais la valeur long terme de Seguwantivu dépendra du capex de repowering, du tarif réglementé et de la capacité de la CEB à payer à temps.
Verdict WattsElse
Seguwantivu n’est plus une curiosité technique : c’est un actif de transition pris en étau entre tarifs, climat et contestations côtières ; au Sri Lanka, l’éolien privé grandit vite, mais il paie cash les tensions entre ambition 70 % EnR en 2030 et réalité écologique des corridors d’oiseaux. Badge possible : « Première lame privée du Sri Lanka, désormais sous pression du temps et du réseau »
Sources : en.wikipedia.org · windforce.lk · marketscreener.com · lankabusinessnews.com · marketscreener.com · adb.org · worldbank.org · ft.lk · news.mongabay.com · lankanewsweb.net · windforce.lk
Données clés
- Forme
- société à responsabilité limitée
Identifiants publics
- Wikidata
- Q73012306
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