Innovation énergétique

Siemens (Norway)

Le marché norvégien porte Siemens AS (automatisation, Smart Infrastructure, mobilité) et la filiale locale d’Siemens Energy (énergie, réseau, maritime).

**« Double bilan norvégien : réseau en surchauffe éolien sous pression »**

À propos de Siemens (Norway)

1. Modèle économique

Siemens AS (exercice clos le 30 septembre 2025) affiche un revenu d’exploitation d’environ 2,44 milliards de NOK et des nouvelles commandes supérieures à 2,5 milliards de NOK, avec une croissance des résultats dépassant 20 % sur l’année, selon le rapport annuel 2025 — la direction y met l’accent sur Smart Infrastructure comme socle (ordre de grandeur ~63 % du chiffre d’affaires sur ce divisionnel, soit ~1,5 milliard de NOK sur ~2,38 milliard de NOK de ventes). Siemens Energy AS, autre entité juridique, publie à part un chiffre d’affaires de 5 416 millions de NOK en 2025 (+13,7 %), un résultat d’exploitation de 778,3 millions de NOK et un bénéfice net après impôt d’environ 586 millions de NOK, avec un carnet de commandes d’environ 6,3 milliards de NOK (rapport annuel Siemens Energy AS 2025). Les revenus ne se cumulent pas : ce sont deux bilans norvégiens qui coexistent au sein de l’écosystème « Siemens ».

2. Impact réel

Sur le plan groupe Siemens (hors périmètre strict norvégien), le rapport durabilité 2024 revendique −60 % d’émissions CO₂ (scopes 1 et 2) par rapport à 2019 et 173 millions de tonnes de CO₂ évitées chez les clients grâce aux technologies vendues la même année — utile comme ordre de grandeur d’impact produit, pas comme bilan national norvégien. Siemens Energy AS indique 101,4 millions de NOK consacrés à la R&D en 2025 au profit des solutions bas carbone (même rapport 2025). Le projet d’électrification du site GNL de Melkøya vise, côté politique publique, une réduction massive d’émissions du terminal — des ordres de grandeur ~850 000 tonnes de CO₂ par an et ~2 % des émissions nationales sont régulièrement cités dans la presse ; le vote parlementaire et le débat sur le raccordement réseau sont suivis par Reuters en février 2026. Une lecture PPE3 / fiches ADEME n’est pas transposable mécaniquement : l’entreprise n’est pas une obligée du multiannuel français ; l’alignement se lit plutôt dans la taxonomie européenne et les rapports CSRD du groupe, non reconstitués ici ligne à ligne.

3. Innovations / partenariats

L’Infrastructure Transition Monitor 2025 (outil de conviction du groupe) met en avant la pression sur les réseaux : une majorité d’acteurs industriels voient l’insuffisance du réseau comme frein à l’électrification — chiffres utiles pour cadrer le discours « smart grid » de Siemens AS. Côté Siemens Energy, l’électrification maritime et les batteries s’incarnent à Trondheim : le groupe a annoncé une usine robotisée de modules batteries pour le marché maritime et offshore, avec une capacité annuelle évoquée jusqu’à ~300 MWh. Les ferries électriques norvégiennes restent la vitrine récurrente dans la communication Siemens Energy (électrification du maritime).

4. Greenwashing / zones grises

Premier paradoxe documenté : Siemens Energy AS note des ventes encore « bonnes » vers le pétrole et le gaz en 2025, ce qui plaque la transition bas carbone contre une dépendance sectorielle offshore explicitement revenue dans le rapport annuel 2025 — tension stratégique, pas sloganeuse. Deuxième tension chiffrée (groupe) : la branche éolienne Siemens Gamesa a enregistré une perte opérationnelle d’environ 1,36 milliard d’euros sur l’exercice 2025, au cœur d’un débat scission / valorisation avec des investisseurs comme Deka (Reuters, février 2026) — pertinent pour le risque réputationnel de la marque Siemens Energy même si le détail est global. Troisième front : l’électrification industrielle heurte les éleveurs sames et l’usage des pâturages le long des lignes ; Reuters et l’enquête Reuters documentent oppositions et arbitrages politiques autour du réseau et de Melkøya. SMR : des annonces de projet nucléaire modulaire à l’échelle gigawatt circulent dans la presse spécialisée (viabilité et calendrier incertains) — à traiter comme signal politique, pas comme contrat Siemens avéré sans document public supplémentaire.

5. Positionnement stratégique

Siemens AS capitalise sur une smart infrastructure en forte croissance de commandes et sur la digitalisation des bâtiments et des réseaux dans un pays qui élève la barre électrique plus vite que la moyenne européenne. Siemens Energy AS combine rentabilité locale 2025, investissement R&D et exposition long cycle (énergie, offshore, marine). Les signaux récentsRECORDS de prises de commandes côté Siemens AS, débat parlementaire sur Melkøya, pression actionnariale sur Gamesa — dessinent un double levier : infrastructure et décarbonation d’un côté, volatilité techno-industrielle de l’autre.

Verdict WattsElse

Siemens en Norvège n’est pas une étiquette unique : c’est un tablo de croissance en Smart Infrastructure et un tablo d’énergie qui assume encore le fossile tout en industrialisant la batterie et le ferry. La transition s’y lit sur deux chiffres d’affaires et une ligne électrique qui fâche — « innovateur certifié, installateur contesté ».

Sources : assets.new.siemens.com · assets.siemens-energy.com · assets.new.siemens.com · reuters.com · siemens.com · press.siemens.com · siemens-energy.com · reuters.com · reuters.com

"Chez Watts Else?, nous analysons les acteurs de l'énergie avec un regard critique et pédagogique. Notre objectif est de vous aider à comprendre qui fait quoi dans la transition énergétique."

Données clés

Forme
aksjeselskap
Siège
Oslo, Norway

Identifiants publics

Wikidata
Q30338729
LEI
529900L2BY5305IPCH19

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