SolarDuck
SolarDuck incarne une catégorie encore rare : le photovoltaïque flottant au large, là où le vent faiblit mais où le soleil et la demande d’électricité restent.
À propos de SolarDuck
1. Modèle économique
Le modèle est celui d’un équipementier et développeur de centrales offshore : conception de plateformes triangulaires surélevant PV et électronique hors de l’éclaboussement salin, vente ou co-développement de projets, ingénierie d’installation et maintenance en milieu marin. Les revenus commerciaux à grande échelle ne sont pas encore lisibles dans des comptes consolidés publics : selon les éléments disponibles, l’activité reste portée par levées de fonds, subventions d’innovation et partenariats avec des utilities (RWE) et fonds d’impact (Invest-NL, Katapult Ocean, etc.), comme l’indiquait la levée annoncée de 15 millions d’euros pour accélérer premiers projets commerciaux et ambition 1 GW déployé à partir de 2030. Le pilote Merganser (0,5 MWp), installé en juillet 2024 à environ 12 km des côtes près de Scheveningen et 20 m de fond, sert de laboratoire technique et environnemental avant la montée en puissance annoncée vers un démonstrateur hybride ~5 MW au sein du parc Hollandse Kust West VII avec RWE. Chiffre d’affaires annuel et effectif précis : non retrouvés dans des rapports financiers publics facilement vérifiables ici ; ordre de grandeur sectoriel : structure de croissance pré-industrielle, très dépendante des jalons projet-par-projet.
2. Impact réel
À ce stade, l’impact climatique direct se mesure surtout au substitut potentiel au fossile pour zones côtières et îlots — là où le foncier manque et où le diesel ou des centrales charbon restent la référence marginale — et à la complémentarité photovoltaïque / éolien offshore sur une même emprise marine. La société revendique un pipeline supérieur à 3,5 GWp ; la traduction en TWh/an évités dépendra du taux de réalisation réelle et du mix électrique marginal connecté. Côté contexte français et européen, le créneau « PV flottant » est encore dominé par les démonstrateurs et programmes publics (ex. trajectoire Sun’Sète / Méga Sète soutenue par l’ADEME), ce qui situe SolarDuck dans une logique d’infrastructure maritime « niche mais stratégique » pour la PPE et la multiplication des usages en mer, sans équivalence chiffrée automatique avec les objectifs nationaux français.
3. Innovations / partenariats
La proposition technique combine résistance océanique, modularité triangulaire et usage possible de modules PV standards grâce à la mise hors d’eau des équipements critiques (site SolarDuck). Le communiqué RWE souligne une certification Bureau Veritas « offshore floating PV » — signal réglementaire rare à ce niveau de maturité. Sur Merganser, plus de 180 capteurs doivent documenter charges, amarrage et performance électrique. Partenariats récents documentés : accord avec Mocean Energy (septembre 2025) pour des hybrides houle + solaire flottant ; conseil consultatif « subsea » annoncé en mars 2026 pour adapter la plateforme aux besoins d’actifs sous-marins et CCS offshore. Les travaux cités par SolarDuck avec TNO, TU Delft, MARIN et Deltares sur Merganser renforcent la couleur « recherche appliquée » du dossier (communiqué RWE).
4. Greenwashing / zones grises
Dépendance aux aides publiques documentée : le consortium Merganser a obtenu une subvention projet de 7,8 M€ auprès de l’agence néerlandaise RVO dans le cadre DEI+, comme le détaille l’annonce SolarDuck — ce qui rend la rentabilité « standalone » encore hypothétique tant que les prix de marché et les volumes manufacturés ne tiennent pas. Signal politique voisin : en septembre 2025, les Pays-Bas ont retiré le financement conditionnel de 277 M€ (phases II-III) du programme industriel SolarNL après un avis défavorable du National Growth Fund, au motif qu’une fabrication PV à grande échelle aux Pays-Bas ne paraît plus réaliste (article PV Tech) — mouvement qui ne vise pas OFPV directement, mais durcit le climat des aides « solaire » néerlandais. Incertitude environnementale à l’échelle commerciale : Deltares rappelait en 2023 que les impacts sur stratification, chimie et réseaux trophiques du solaire flottant n’étaient pas encore quantifiés et que des guides de conception à faible impact manquaient — lecture compatible avec la prudence des instituts sur le passage du pilote au gigawatt. Attention aux transferts de résultats : une synthèse récente sur un petit parc offshore en mer du Nord (projet NS2, avec notamment Oceans of Energy) observe 47 espèces colonisant les structures et un usage par goélands et phoques, tout en soulignant que les effets varient fortement avec l’échelle (communiqué WUR) — ces chiffres ne concernent pas directement les plates-formes SolarDuck et ne doivent pas être amalgamés sans données projet-par-projet.
5. Positionnement stratégique
SolarDuck joue la carte du premier entrant certifié sur une technologie encore marginale dans les mix offshore européens, en s’accrochant à RWE comme acheteur de risque technologique et rampe de déploiement Hollandse Kust West VII. La diversification vers sous-marin / CCS (Renewable Energy Magazine) élargit le marché adressable mais rapproche aussi l’image d’une infrastructure au service d’actifs fossiles offshore — tension narrative pour un média climat. À l’échelle UE, le créneau reste niche face à l’éolien fixe et flottant ; la valeur stratégique tient à la complémentarité éolien-solaire et aux micro-réseaux marins.
Verdict WattsElse
SolarDuck a franchi le cap symbolique du pilote en mer agitée ; la décennie se jouera sur la preuve économique et écologique du 5 MW+, pas sur les slogans « blue economy ». Au large, le watt n’a de vertu verte que si le financement, le milieu marin et le boulot collatéral gaz/CCS tiennent la même ligne éditoriale.
Sources : solarduck.tech · solarduck.tech · rwe.com · infos.ademe.fr · solarduck.tech · renewableenergymagazine.com · solarduck.tech · pv-tech.org · specials.deltares.nl · wur.nl
Données clés
- Siège
- Abidjan, Côte d'Ivoire ↗
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