SUPERGAS
** Filiale indienne de SHV Energy, Supergas vend du gaz liquéfié et des services industriels tout en poussant solaire, GNV et véhicules électriques — sous l’œil neuf de la CSRD.
À propos de SUPERGAS
1. Modèle économique
Supergas opère comme distributeur et intégrateur de solutions GPL (bouteilles, vrac, ingénierie) pour l’industrie et les professionnels, dans la sphère SHV Energy. La maison mère mutualise achats, R&D (dont le volet « gaz bas carbone ») et désormais les exigences de reporting extra-financier européen. Côté Israël, l’entité cotée Supergas Power incarne une branche « power » distincte : le compte de résultat annuel 2025 fait état d’un chiffre d’affaires d’environ 1 021,94 millions de shekels et d’un bénéfice net d’environ 5,08 millions de shekels sur l’exercice clos en décembre 2025 — après une phase plus tendue sur neuf mois, où la communication trimestrielle évoquait une perte nette d’environ 3,39 millions de shekels sur janvier–septembre 2025, contrastant avec un résultat positif sur la même période en 2024. L’effectif global précis du périmètre Supergas/Inde n’est pas retrouvé dans les éléments disponibles ici ; la dépendance au prix des hydrocarbures, à la logistique longue distance et aux taux reste structurelle.
2. Impact réel
Sur le terrain indien, le rapport durabilité 2024 met en avant une part élevée d’énergies renouvelables au terminal de Tuticorin — 92 % — via un contrat d’achat d’électricité solaire, et des émissions évitées de l’ordre de 68 910 tonnes de CO₂ (indicateurs rapportés par l’entreprise). En 2025, le site corporate détaille 275 kW photovoltaïques sur cinq sites, 129 tonnes de CO₂ évitées rien que pour ce volet, 21 camions au GNC (plus de 529 000 km parcourus, 32,2 tonnes de CO₂ économisées) et une première voiture de pool électrique à Babra en septembre 2025 (initiatives 2025). Parallèlement, l’entreprise valorise 70 442 tonnes de CO₂ « économisées » par des clients industriels ayant basculé vers le GPL — chiffre à lire comme argument de substitution (comparaison de scénarios), pas comme bilan carbone certifié au sens strict. Au Brésil, Supergasbras vise une flotte légère quasi entièrement à l’éthanol d’ici fin 2025 et s’appuie sur le financement BNDES pour 50 camions électriques ; le groupe SHV revendique par ailleurs une baisse d’environ 9 % des émissions scope 1 et 2 entre 2022 et 2024, en partie grâce aux carburants type HVO. Aucune synthèse ADEME, encadré PPE3 ou article *Connaissance des Énergies* centrée sur Supergas n’a été identifiée dans cette veille : le rapprochement avec la planification énergétique française reste donc indirect (surtout via la CSRD du groupe européen et la dynamique GPL industrielle).
3. Innovations / partenariats
Le volet R&D BioGPL s’appuie, côté groupe, sur un écosystème académique brésilien — six universités fédérales depuis 2021 selon la presse sectorielle — et sur les programmes de durabilité SHV. L’intégration de la CSRD se traduit par des systèmes de collecte et de gouvernance ESG plus exigeants, avec la promesse d’un premier rapport audité à horizon 2026 (calendrier annoncé sur les canaux corporate). Les camions électriques financés via le fonds climat du BNDES matérialisent un couplage subventions / décarbonation de la dernière ligne de distribution.
4. Greenwashing / zones grises
Le glissement du discours « marketing vert » vers des données auditées CSRD est explicitement mis en avant par Supergas — ce qui invite à juger les futures publications sur la double matérialité et les scope 3, encore souvent le point aveugle des distributeurs GPL. La filière reste fossile : même lorsque le brûlage est plus propre que d’autres combustibles, l’amont (production et transport du GPL) conserve une empreinte carbone significative. Au Brésil, la presse spécialisée rappelait qu’une part massive des émissions scope 1 de Supergasbras provenait encore des carburants fossiles de transport — ordre de grandeur : 95 % selon T&B Petroleum — ce qui relativise les opérations « vertes » tant que la flotte lourde n’est pas convertie. Les économies de CO₂ revendiquées pour les clients industriels méritent une lecture prudente : elles dépendent des hypothèses de substitution et du périmètre retenu. Enfin, la volatilité des résultats de Supergas Power (trimestre 2025 vs exercice 2025) rappelle que la transition logistique a un coût et expose à des chocs de coûts ou de demande.
5. Positionnement stratégique
Supergas joue la carte efficacité énergétique immédiate (GPL vs charbon ou fioul dans certains usages) tout en préparant l’escalade réglementaire européenne sur le non-financier (CSRD). La stratégie groupe SHV combine biocarburants pour la flotte, électrification ciblée et résilience face aux aléas climatiques — le rapport 2024 évoquait notamment des perturbations logistiques lors d’inondations au Rio Grande do Sul en 2024. Dans un marché du gaz de pétrole liquéfié concurrentiel, l’enjeu est de transformer les allégations en séries comparables d’une année sur l’autre, sous contrôle d’auditeur.
Verdict WattsElse
Supergas avance surtout sur ce qui est photographiable — toits solaires, GNV, EV — pendant que la molécule et les scopes les plus lourds continuent de structurer le risque climatique ; la CSRD 2026 décidera si le récit tient la route hors brochure.
Sources : shv.nl · supergas.com · shv.nl · marketscreener.com · zonebourse.com · sustainability-report_2024.pdf · supergas.com · tbpetroleum.com.br · shv.nl
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