Taihan Cable & Solution
Né en 1941 comme premier filière-câble de Corée du Sud, Taihan Cable & Solution est devenu un acteur incontournable des câbles haute et très haute tension, des interconnexions HVDC et de l’éolien en mer — au prix d’une guerre de brevets et d’enquêtes policières face à LS Cable & System, son rival national.
À propos de Taihan Cable & Solution
1. Modèle économique
L’essentiel du modèle, c’est la filière câble intégrée : câbles terrestres et sous-marins, accessoires, et montée en gamme vers les projets d’infrastructure UHV / HVDC et l’offshore (fourniture, parfois pose via navire câblier). La société est cotée en Corée (code 001440), avec une gouvernance exécutive classique de chaebol d’équipement (le PDG est cité en sources générales d’identification corporate). Pour 2024, la presse économique sud-coréenne rapporte un chiffre d’affaires d’environ 3,636 billion KRW et un résultat d’exploitation d’environ 128,6 Md KRW (Business Korea, Maeil Business) ; le rapport annuel 2024 reste la référence pour le détail comptable et les notes de consolidation. Le carnet de commandes a été porté à des niveaux record au premier semestre 2025 (ordre de grandeur 2,9 billions KRW annoncé par la direction) (communiqué S1 2025). Côté marchés, l’eau vive est asiatique, britannique et moyen-orientale (contrats de câbles EHV, projets d’infrastructure), avec une présence notoire dans les systèmes de transport de l’énergie et les interconnexions. La marge dépend de capacité industrielle (usines, navire câblier) et d’enchaînement de gros contrats d’infrastructure volatils. Pour le résultat net récent, les agrégateurs de marché publient des chiffres d’exercice 2025 (ex. de l’ordre de 84,2 Md KRW de bénéfice net annuel selon le consensus relayé) (résultats annuels 2025) — à lire au regard des politiques de provisionnement et d’arbitrage fiscal propres à chaque clôture.
2. Impact réel
L’impact climat de Taihan ne se mesure pas à un “score carbone public” de produit, mais à la fonction : sans câbles haute tension et HVDC, il n’y a pas d’éolien en mer à grande échelle ni d’interconnexions capables d’importer l’électricité quand le vent s’arrête ailleurs. L’étude de RTE sur le réseau en mer et la documentation nationale sur le réseau et la PPE posent le cadre français (besoins d’infrastructures, enjeu environnemental des câbles) sans citer Taihan : l’effet CO₂ se joue en évitée côté système, pas chez l’OEM, selon le mix qui alimente les usines de cuivre et d’aluminium. Le rapport de durabilité 2024 documente côté groupe les démarches de reporting et des indicateurs ESG, avec une cohérence à confronter à la lourdeur matière (métal, additifs, logistique maritime) et aux fins de vie de câbles, peu visibles en communication grand public. Aucune fiche ADEME dédiée à Taihan n’a été repérable dans les recherches : l’inscription de l’entreprise se fait par l’enjeu sectoriel (réseau, interconnexion) rappelé par les grands enjeux de la PPE 3 côté politique énergétique française, pas par une empreinte produit chiffrée chez WattsMonde pour ce sud-coréen.
3. Innovations / partenariats
Le cœur des annonces 2024–2026, c’est l’industrialisation HVDC : un investissement d’environ 360 millions de dollars pour l’usine sous-marine de Dangjin (phase 2, 640 kV visés, feuille de route opérationnelle autour de 2027) (HVDC World), en complément d’une usine d’EHP déjà raccourcie dans le profil d’investissement de la gouvernance. Sur l’eau, Taihan a mis en avant le CLV et une logique d’intégration (design, fabrication, pose) pour l’éolien en mer — dont un contrat clé en main sur le site Anma (532 MW, ordre de 181,6 Md KRW) (OffshoreWind.biz). Côté Royaume-Uni, l’accord-cadre annoncé avec National Grid (plafond d’enveloppe d’environ 21,3 Md £ sur huit ans pour l’ingénierie câble/HVDC) signale une profondeur d’accès au pipeline offshore et réseau (communiqué Taihan). Un volet “soft power” d’image passe par l’annonce d’ESG notée A par KCGS en 2025 (5ᵉ année d’affilée, selon le texte) — le tout à lire en parallèle des brevets et du contentieux avec LS (voir section suivante). Les brevets ne sont jamais neutres ici : LS a obtenu en justice des dommages (l’ordre de 1,5 Md KRW est cité en presse) sur des bus ducts et kits associés en janvier 2026 — signal que le “droit de la R&D” structure la compétitivité autant que l’acier.
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, le fonds de câbleur pousse les annonces “indispensables à la transition” : elles restent en partie aspirationnelles sans ventilation publique, produit par produit, de l’empreinte de fabrication (cuivre, VCV, béton, transport maritime). Deuxièmement, le volet régime de sanctions de la Banque mondiale en avril 2024 : exclusion 30 mois pour manœuvres collusoires et pratiques obstructives liées à un projet de santé en Mongolie — c’est un avertisseur pour tout discours de gouvernance irréprochable dès qu’on parle d’infrastructure publique (effet débarring croisé en milieu banc multilatéral). Troisièmement, l’article du Korea Herald sur l’enquête policière et l’espionnage industriel présumé (plans d’usine sous-marine et tiers architectes) installe un brouillard sur la frontière “innovation / conformité” — Taihan a contesté, LS a serré la vis, et le point chez KED Global relie brevets et police. Quatrièmement, l’enjeu stratégique évoqué par la presse (capacité de câbles longue portée vs investissements) n’est pas tranchable sans audits indépendants. Le “vert” ici, c’est le métier (réseau, décarbonation du mix _via_ l’infrastructure) ; le “gris” est procéduriel et crimino-économique autant qu’environnemental.
5. Positionnement stratégique
Taihan tente de basculer d’un rôle d’équipementier historique à celui d’intégrateur global (HVDC, offshore, interconnexions) avec le Dangjin 2 et le carnet 2024–2025 : le communiqué S1 2025 matérialise l’accélération des revenus par les grands projets d’infrastructure et l’export — c’est la même table que celle de la PPE3 côté France (document PPE3) : réinforcement du réseau et gros volume d’actifs à raccorder. Concrètement, l’enjeu n’est plus seulement le KRW d’un trimestre, mais l’accès aux grilles d’appels d’offres internationales sans friction judiciaire ni barrière d’intégrité — c’est ce qui distingue le câbleur d’un “simple fournisseur” de métal. Le signal 2025–2026 : gros contrats et remontée des bénéfices côté marché, mais droit des brevets et fichiers pénaux côtier comme aiguillon concurrentiel permanent.
Verdict WattsElse
Taihan câle la transition au sens strict du terme (rien ne circule dans le réseau moderne sans filière de ce calibre), mais l’Histoire d’une infrastructure à zéro carbone ne tient qu’autant qu’on accepte d’y lire le coup de sifflet des géants du câble en Corée, la débarring d’hier, et l’enquête d’aujourd’hui — dans l’HVAC du monde, le doute est haute tension.
Sources : businesskorea.co.kr · mk.co.kr · taihan.com · taihan.com · marketscreener.com · assets.rte-france.com · ecologie.gouv.fr · taihan.com · concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr · hvdcworld.com · offshorewind.biz · taihan.com · taihan.com · businesskorea.co.kr · worldbank.org · koreaherald.com · kedglobal.com · economie.gouv.fr
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