Tamarete Energia
Filiale italienne à vocation quasi exclusive : une centrale à cycle combiné gaz de 104 MW près d’Ortona, pilotée par deux majors régionales européennes du réseau et de l’efficacité.
À propos de Tamarete Energia
1. Modèle économique
Tamarete Energia est avant tout un véhicule industriel et financier pour exploiter une centrale thermique gaz à Ortona (province de Chieti, Abruzzes). Selon la fiche du groupe Hera, le capital social affiché est de 3,6 M€ ; la structure actionnariale indiquée est 60 % BKW Italia et 40 % Hera, après une histoire de montages successifs depuis l’entrée initiale de BKW dans le projet (communiqué BKW sur la consolidation en Italie). Les revenus découlent de la vente d’électricité (et du cadre technique associé : disponibilité, services réseau), avec une exposition directe au prix du gaz et au mécanisme européen du marché de gros. Pour l’exercice 2024, les agrégateurs de bilans recensent un chiffre d’affaires d’environ 19,58 M€ (+4 %) et un résultat net d’environ 581 k€ (+21 % par rapport à 2023) selon RegistroAziende ; ces montants restent à lire comme des extraits comptables publiés, pas comme une analyse de cash-flow opérationnel détaillée. L’effectif direct est modeste — Bloomberg qualifie encore la société comme productrice d’électricité « fondée en 1976 », ce qui renvoie au socle historique avant la mue vers le cycle combiné — et une grande partie de la valeur est externalisée (maintenance, turbines, services).
2. Impact réel
Le cœur du bilan carbone est sans ambiguïté : une centrale CCGT gaz de 104 MW, mise en service en 2013, répertoriée dans la base Global Energy Monitor. À l’échelle européenne, ce type d’actif est désormais pensé comme pont fossile : utile pour la stabilité du réseau lorsque le vent et le soleil fluctuent, mais sous contrainte croissante de réduction des émissions et de coût du carbone (quotaires UE via le système d’échange). Les documents techniques de lancement soulignaient un positionnement « flexible » et des turbines GE adaptées au cycling (article Power Technology), ce qui dit aussi quelque chose du régime d’exploitation — davantage appoint que « base load » classique. La communication inaugurale évoquait une production visée de l’ordre de 500 GWh/an pour 50 M CHF d’investissement initial (Swiss Press) ; au-delà de ces ordres de grandeur historiques, le niveau d’émissions réelles année par année dépend du dispatch réel et du mix marginal italien : selon les éléments disponibles publiquement pour cette société isolée, aucun inventaire GHG consolidé « corporate » n’a été identifié dans cette veille.
3. Innovations / partenariats
Le levier technologique n’est pas la rupture énergétique mais l’ingénierie thermique de réseau : deux turbines à gaz LM6000-PD et récupération vapeur pour optimiser le rendement énergétique du cycle combiné (Power Technology). Le « partenariat » structurant reste actionnarial et industriel : BKW et Hera comme porteurs de capacité et de savoir-faire réglementaire italien et européen (Gruppo Hera). Sur la partie marchés de gros, la société affiche une conformité explicite au REMIT et renvoie vers les publications d’indisponibilité sur la plateforme sectorielle (site Tamarete Energia – REMIT), ce qui est un signal de maturité réglementaire plus qu’une innovation produit. Aucune annonce récente de diversification vers biométhane ou hydrogène vert sur ce périmètre précis n’a été trouvée dans les sources ouvertes consultées ici.
4. Greenwashing / zones grises
Le premier angle critique est territorial et chiffré : selon Ortona Notizie, la commune d’Ortona a réclamé de faire passer la contrepartie financière de l’« ecoristoro » d’environ 600 000 € à environ 1 100 000 € pour financer des ouvrages au bénéfice de la communauté — soit une hausse d’environ +83 % sur cet engagement contractuel, au-delà de la simple rhétorique environnementale. Ce contentieux pose une question simple pour tout observateur de la transition : qui paie la flexibilité fossile quand le réseau la rémunère ? Parallèlement, les argumentaires mettant en avant la moindre présence locale de certaines polluants primaires (PTS, SOx typiques des anciennes filières charbon/lourd) ne abolissent pas le CO₂ du gaz ni la dépendance aux hydrocarbures ; la fiche GEM classe explicitement l’actif parmi les centrales gaz-pétrole. La couverture locale de la turbine gaz à Ortona (ChietiToday) rappelle aussi le double discours possible : mettre en avant la rapidité d’allumage pour limiter certains effets d’exploitation, sans convertir pour autant l’infrastructure en « solution climat » pérenne.
5. Positionnement stratégique
Stratégiquement, Tamarete Energia incarne l’actif de services système dont les groupes comme BKW et Hera ont besoin tant que le stockage massif et les réseaux restent en retard sur l’ambition éolien/solaire — mais cet actif vieillit dans un monde où la valeur résiduelle du gaz est politiquement débattue. Les comptes 2024 (RegistroAziende) dessinent une petite structure rentable dans un marché volatil ; la vulnérabilité n’est pas sur la slide PowerPoint, elle est réglementaire et réputationnelle à l’échelle locale et européenne. Dans les bases françaises citées pour la veille (ADEME, littérature PPE), aucun fichier public spécifique dédié à cette société italienne n’a été repéré : le lecture clef reste donc le couple « marché européen + contestation municipale », pas la feuille de route nationale française.
Verdict WattsElse
Tamarete Energia n’est pas une éniggre : c’est une centrale gaz bien ficelée qui rapporte quand les prix jouent, et qui continue d’acheter sa légitimité environnementale au comptant sur le territoire — avec des factures qui montent quand la commune sort la calculatrice du rééquilibrage à sept chiffres.
Sources : eng.gruppohera.it · bkw.ch · registroaziende.it · bloomberg.com · gem.wiki · power-technology.com · swiss-press.com · tamareteenergia.it · ortonanotizie.net · chietitoday.it
Analyse IA
Utilisez l'intelligence artificielle pour obtenir une analyse approfondie et impartiale de cet acteur.
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
GCL Energy Technology Co., Ltd.
Le géant chinois des renouvelables qui manie aussi bien les panneaux solaires que les contrats tokenisés — un pied dans l’éco et l’autre dans le gaz.
Voir la ficheSTRIX
Le nom « Strix » évoque tout sauf une usine : pourtant, sur les marchés, il désigne un groupe coté à Londres qui équipe des millions de bouilloires et d’armoires à eau, tout en poussant la filtration.
Voir la ficheISINNOVA
L’entreprise que pointe WattElse (Brescia, fondée en 2014, secteur Autres énergies) n’est pas un bloc unique : elle se lit comme un couple Rome / Brescia — coopérative de recherche très branchée européenne d’un côté, Sarl industrielle très petite de l’autre — avec un chantier médical/industriel qui alimente autant la notoriété que la transition gaz.
Voir la ficheSpirit Petroleum
Marque de stations-service née au début des années 2000, Spirit Petroleum incarne une réponse « maison » des distributeurs indépendants à la consolidation des enseignes majeures.
Voir la ficheHIS
Le dossier confond parfois la commune française His et un code métier « Autres énergies » : ici, il s’agit du groupe japonais H.I.S.
Voir la ficheElektrárna Dynín
En Bohême-du-Sud, un même toponyme recouvre deux histoires d’échelle incomparable — une société artisanale centrée sur un actif pilote et un parc de 37 MW porté par un développeur autrichien pour 2026.
Voir la fichePJSC "KKS-Group"
Le holding PJSC « KKS-Group » se présente officiellement en anglais comme PJSC CCS-Group, opérateur privé qui porte encore le sigle russe pour « groupe des entreprises communales », pas un producteur offshore.
Voir la ficheNESO
Le National Energy System Operator n’est ni une PME discrète ni un sigle abstrait de cache WattsMonde : c’est, depuis 2024, l’opérateur de système de Grande-Bretagne, héritier de l’ESO, propulsé par la loi de l’énergie et le rachat d’État.
Voir la ficheCông ty Phát triển Thủy điện Sê San
Le fleuve Sê San, affluent du Mékong, incarne la double promesse du Viêt Nam : rigidité de la cascade hydro et diversification des EnR.
Voir la ficheTigris Enerji Üretim A.Ş.
Filiale de production du groupe d’ingénierie et de construction Tigris Engineering, Tigris Enerji Üretim A.Ş.
Voir la ficheSolör Bioenergi Strängnäs AB
La filiale locale du géant suédois du chauffage réseau incarne le paradoxe de la transition : investissements « verts » annoncés dans la commune, résultats financiers qui crient famine et clients pris en étau entre hausses de tarifs et critiques sur la redistribution vers les actionnaires.
Voir la ficheGEOMETHANE
Le GIE Géométhane est l’un des trois opérateurs de stockage souterrain de gaz naturel en France, avec des cavités salines à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence).
Voir la fichePOLITEHNICA UNIVERSITY FROM BUCHAREST
Ce que l’on exporte parfois sous l’intitulé anglais « Politehnica University from Bucharest » correspond, côté institutionnel, à l’Universitatea Națională de Știință și Tehnologie Politehnica Bucarest (UNSTPB / POLITEHNICA University of Bucharest) — très grande université technique de Bucarest, Roumanie, sans confusion d’homonymie au sens « entreprise…
Voir la ficheCENTRALES ELECTRICAS DE NARIÑO S.A. E.S.P.
** Distributeur historique du sud-ouest colombien, CEDENAR vit une équation tendue : une marge commerciale contrainte par l’achat sur le marché de gros, une génération propre marginale face à des centaines de milliers d’abonnés, et une colère sociale qui fuse dès qu’une coupure s’éternise.
Voir la ficheIZI by EDF
Derrière le vernis "simple, c’est IZI", il y a un vrai pari industriel: faire d’EDF un orchestrateur de travaux, de la pompe à chaleur à la borne de recharge, sans porter seul tous les chantiers.
Voir la ficheAIP
Pas une entreprise « pays unique » mais un gestionnaire nordique que Storebrand porte à bras-le-corps : avec 9 GW en opération et un cinquième fonds déjà bouclé à environ 2 milliards d’euros, AIP incarne la fusion entre finance institutionnelle et physiques du réseau.
Voir la ficheBHPetrol
Réprend le plein depuis les stations : BHPetrol, bras retail du groupe Boustead et filière quasi publique sous le parapluie LTAT, a figé à 402 points de vente fin 2024 — mais le débat n’est plus là : il porte sur le sens d’investir encore dans une distribution quasi exclusivement fossilée quand Kuala Lumpur doit répondre, comme d’autres capitales, à la…
Voir la ficheSoyuzneftegaz
Fondé par un ancien ministre russe de l’énergie, le groupe a bâti sa légende sur l’E&P en zones émergentes, puis a liquidé le gros de ses actifs productifs.
Voir la ficheUNIVERSITE PARIS-SACLAY
Elle forme, elle publie, elle conduit une recherche très « infrastructure ».
Voir la ficheHuaneng Laiwu Power Generation Co Ltd
La filiale de production d’Huaneng à Laiwu incarne le paradoxe chinois : des unités ultra-supercritiques parmi les plus performantes au monde, coincées entre la sécurité d’approvisionnement, des EnR massives sur la même zone de marché et la pression climatique.
Voir la ficheKeppel Seghers
Quelle que soit l’étiquette « solution durable », brûler ce qui n’est pas recyclé reste un pari géopolitique : volumes garantis, concessions longues, escadres d’ingénierie — et résidus impitoyables.
Voir la ficheBOLLORE
Le groupe canalise une partie massive du cash-flow vers Blue Solutions et les biocarburants, tout en vivant encore du négoce d’hydrocarbures.
Voir la ficheNIS
Pétrolière intégrée, NIS incarne la dépendance de la Serbie à son unique complexe de Pančevo — jusqu’à l’arrêt brutal sous sanctions américaines, puis une reprise sous licence.
Voir la ficheACI Group (France)
Fabricant français de pièces industrielles, un acrobate entre aéronautique, défense et énergie, essayant de garder le cap dans un monde qui change.
Voir la fiche