TC Energy
Après la scission de ses oléoducs en 2024, TC Energy veut apparaître comme un champion discipliné du gaz et de l’électricité décarbonée.
À propos de TC Energy
1. Modèle économique
TC Energy vit d’abord de ses tuyaux. Le groupe opère près de 94 000 km de gazoducs en Amérique du Nord et indique transporter plus de 30% du gaz consommé chaque jour sur le continent, avec un profil de revenus très sécurisé: environ 98% de son EBITDA comparable provient d’actifs régulés ou de contrats long terme de type take-or-pay, selon sa page investisseurs et son rapport annuel 2025. En 2025, le groupe a publié 15,239 milliards CAD de revenus, 6 574 salariés et environ 5,3 milliards CAD de capex nets, avec une guidance 2026 de 5,5 à 6,0 milliards CAD nets, d’après le MD&A 2025 et le communiqué annuel 2025. Le tournant stratégique est clair depuis le spinoff South Bow du 1er octobre 2024: sortir du pétrole visible, garder le gaz rentable, et adosser le tout à une poche “Power & Energy Solutions” plus présentable aux investisseurs.
2. Impact réel
Le bilan réel de TC Energy est double. D’un côté, le groupe possède 4 650 MW de capacité électrique, dont plus de 75% issus de sources bas-carbone, et sa participation de 48,3% dans Bruce Power soutient à elle seule environ 30% de l’électricité de l’Ontario, ce qui pèse lourd dans un système électrique peu carboné. De l’autre, l’essentiel de sa machine industrielle reste le transport de gaz fossile, y compris pour l’essor du GNL: TC Energy a livré en moyenne 3,2 Bcf/jour aux terminaux de GNL américains en 2024, en hausse de 370% depuis 2018, selon le rapport de durabilité 2025. L’entreprise met en avant une baisse de 12% de ses émissions absolues de méthane entre 2019 et 2024 et un nouvel objectif de réduction de l’intensité méthane de 40% à 55% d’ici 2035, toujours via son rapport de durabilité. C’est un progrès, mais un progrès d’intensité dans un secteur dont les volumes peuvent encore croître fortement. Or les trajectoires de transition portées par l’ADEME reposent plutôt sur une baisse de la demande fossile, l’efficacité et la montée des gaz renouvelables, pas sur l’extension continue des grands corridors gaziers.
3. Innovations / partenariats
Le grand dossier récent, c’est le Mexique. Le pipeline Southeast Gateway, 715 km et 1,3 Bcf/jour, a commencé à collecter ses péages en juin 2025 auprès de la compagnie publique mexicaine CFE, pour un coût final d’environ 3,9 milliards USD, soit 13% sous l’estimation initiale, selon le communiqué TC Energy et un dépôt SEC. Ce partenariat public-privé s’inscrit dans un contrat dollarisé take-or-pay courant jusqu’en 2055 avec la CFE. Autre axe: l’extension de Coastal GasLink. En mars 2026, TC Energy a signé de nouveaux accords commerciaux avec LNG Canada pour avancer vers une phase 2, potentiellement destinée à doubler les volumes transportés, selon Reuters et le statement corporate. Côté “transition”, le groupe pousse aussi le programme de prolongation de vie et d’augmentation de puissance de Bruce Power via Project 2030.
4. Greenwashing / zones grises
Le risque de greenwashing est frontal quand TC Energy présente ses nouveaux gazoducs comme des outils de “transition”. Southeast Gateway est vendu comme soutien à une électricité plus fiable et moins carbonée au Mexique, mais il verrouille aussi une infrastructure fossile jusqu’en 2055 via contrat public, dans un marché où l’État prévoit encore 8,5 GW de nouvelles centrales à gaz, selon le communiqué de juin 2025. Même tension sur le GNL: l’AIE relayée par Connaissance des Énergies décrit un boom mondial du GNL nord-américain, mais d’autres analyses de Connaissance des Énergies soulignent le coût climatique élevé du GNL américain, notamment à cause de la liquéfaction et des fuites de méthane. Enfin, Coastal GasLink reste un dossier toxique: Reuters a documenté 1,4 million CAD d’amendes environnementales cumulées fin 2024, tandis que la Cour suprême de Colombie-Britannique a reconnu en 2025 des violations de droits lors des arrestations liées au conflit Wet’suwet’en.
5. Positionnement stratégique
TC Energy joue une partition très lisible: devenir un pur player des infrastructures gazières “de qualité investment grade”, adossé à une poche nucléaire capable d’améliorer la narration climat. Dans un contexte de hausse de la demande électrique, de data centers et de réarmement gazier du continent, le groupe bénéficie d’un cycle porteur, comme l’a résumé Reuters. La question n’est donc pas sa solidité industrielle. La vraie question est de savoir si cette solidité prépare la transition, ou prolonge surtout l’économie fossile sous une couche de discipline financière et de méthane mieux piloté.
Verdict WattsElse
TC Energy n’est plus seulement un pipelineur pétrolier: c’est désormais un architecte du verrouillage gazier nord-américain avec une caution nucléaire très efficace. Solide en Bourse, plus discutable côté transition.
Sources : tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · tcenergy.com · librairie.ademe.fr · tcenergy.com · sec.gov · tcenergy.com · reuters.com · tcenergy.com · sec.gov · connaissancedesenergies.org · connaissancedesenergies.org · reuters.com · bccourts.ca · reuters.com
Explorez l'annuaire complet des acteurs de la transition
Autres acteurs de l'écosystème
Helmstedter Revier GmbH
Le Helmstedter Revier GmbH incarne la « décarbonisation par le foncier » : une poignée d’employés pilote la reconversion d’un empire minier en plateforme d’EnR et de stockage, sous l’égide de MIBRAG et d’EPH.
Voir la ficheOffice National de Electricite et de Eau Potable
L’« Office national de l’électricité et de l’eau potable » correspond, sans équivalent plausible ailleurs, à l’ONEE, holding public marocain né de la fusion de l’historique ONE et ONEP ; le pays était laissé « non précisé » dans votre fiche brute, mais c’est bien le Maroc qui cadre juridiquement cet opérateur.
Voir la fichePreussag
Né sous la République de Weimar le 9 octobre 1923 à partir des mines d’État prussiennes à Berlin, transféré après-guerre vers Hanovre, le groupe allemand préussienne-mines-et-aciéries (« Preussag ») incarne encore dans les bases sectorielles le volet « autres énergies » : houille, puis pétrole, avant de prendre les couleurs du tourisme.
Voir la ficheAdam Opel AG
Le tag « Pétrole & Gaz » attribué à l’entité Adam Opel AG côté base est un faux signal sectoriel : il s’agit du constructeur automobile historique de Rüsselsheim am Main (fondé en 1862, site officiel Opel), aujourd’hui Opel Automobile GmbH au sein de Stellantis.
Voir la ficheMSU
Le sigle « MSU » prête à confusion : ici, il ne s’agit ni de l’université moscovite ni d’un pétrolier classique, mais d’un producteur d’électricité argentin qui a bâti sa rentabilité sur trois cycles combinés gaz puis achète à l’État un géant hydroélectrique.
Voir la fichePOLENERGIA
Ce n’est pas une start-up green-tech ni une major : Polenergia est une holding énergétique polonaise cotée qui s’est fait une promesse radicale — « zéro » exposition directe au gaz après une vente chiffrée fin 2025 — tout en montant en puissance sur l’éolien terrestre, le solaire, puis l’offshore Baltique avec Equinor.
Voir la ficheSOKIMO
Entre filiale hydro et filière aurifère moribonde, la Société minière de Kilo-Moto incarne un paradoxe saisissant : elle porte le label des énergies renouvelables par Electrokimo et la centrale de Budana, mais vit surtout de l’or — ou de son absence.
Voir la ficheHubei Energy Group Ezhou Power Generation Co Ltd
Le nom sonne technocratique ; la réalité est câblée sur le réseau.
Voir la ficheLingue SpA
Le nom « Lingue SpA », tel qu’il circule dans certains classements, heurte le réel : la société EnR identifiable, capitalisée et financée sur les marchés est GR Value SpA (Green Resources Value), IPP milanais qui enchaîne autorisations, prêts verts et contrats long terme dans le Sud de la péninsule — sous le feu croisé des investisseurs et de politiques…
Voir la ficheEXPLOTACIONES EOLICAS SIERRA DE ALCARAZ S.L.
Société à adresse madrilène mais ancrée dans l’écosystème castillan de la Sierra de Alcaraz, Explotaciones Eólicas Sierra de Alcaraz S.L.
Voir la ficheHuomei Hongjun Aluminum & Power Co Ltd
Filiale intégrée alu–électricité du complexe Huolinhe–Zhalainuoer, Inner Mongolia Huomei Hongjun Aluminum and Electricity Co., Ltd.
Voir la ficheElectrica Altos del Tiltil
Trois mégawatts posés au cœur d’une mine, une coentreprise brésilo-chilienne, et autour : une commune que la mairie et la presse décrivent comme saturée d’industries lourdes.
Voir la fichePLANCK TECHNOLOGIES
Start-up norvégienne née en 2023, Planck Technologies joue la carte des solides poreux et de l’IA pour stocker ou séparer des gaz — hydrogène, CO₂, méthane — alors que ses derniers comptes déposés dessinent une structure quasi startup « sous respirateur » financier et encore très éloignée d’un produit industrialisé.
Voir la ficheVIAG
Le sigle VIAG ne correspond plus à une société cotée : en 2000, la Vereinigte Industrie-Unternehmungen AG a fusionné avec la VEBA pour donner naissance à E.ON.
Voir la ficheNorthwest Energy Private Limited (NWEPL)
La fusion fait table rase du papier : Northwest Energy Private Limited (NWEPL), petite société à vocation renouvelable dans la galaxie Tata, n’existe plus comme personne morale séparée depuis octobre 2024.
Voir la ficheUNITUS
Le sigle Unitus recouvre, dans les bases ouvertes, l’Università degli Studi della Tuscia — un ateneo public de Viterbo (Lazio), fondé en 1979, dont le site institutionnel est unitus.it et l’identifiant Q1780458.
Voir la ficheSky Solar Bolešiny
Petite coque juridique dans le registre du commerce tchèque, grande exposition politique : Sky Solar Bolešiny s.r.o.
Voir la ficheScurlock Oil Company
Américaine, texane, absorbée par la vague de consolidation midstream des années 1990-2000, Scurlock Oil n’est plus une société cotée ni un opérateur autonome : son nom survient dans l’histoire des pipelines, des raffineries MAP/Ashland et, côté société civile, dans une fondation familiale dont les actifs ont fondu par rapport au pic des années 2010.
Voir la ficheBM Holding Enerji Grubu
Derrière le nom « BM Holding Enerji Grubu », il s’agit bien du bras énergétique du groupe turc BM Holding, ancré dans l’exploration et la production géothermiques — pas d’homonyme pertinent hors Turquie dans ce créneau.
Voir la ficheRiversen
Riversen vend une promesse très française du moment : mettre des ingénieurs sur les grands chantiers de la transition.
Voir la ficheMODEC
Le japonais MODEC incarne la puissance technique des grands FPSO : ingénierie, construction, exploitation.
Voir la fiche