Thar Coal Block-I Power Generation Co Ltd
Le sous-traitant énergétique du Sindh joue la carte du charbon indigène et des tarifs records ; derrière le prix catalogue, la machine pakistanaise des paiements aux IPP et les externalités hydriques du bassin de Thar rendent la « bonne affaire » plus brutalement politique qu’économique.
À propos de Thar Coal Block-I Power Generation Co Ltd
1. Modèle économique
Thar Coal Block-I Power Generation Company opère comme producteur indépendant (IPP) : une centrale 2 × 660 MW (1 320 MW) au charbon de Thar, couplée à une mine de 7,8 Mt/an, dans le cadre du projet CPEC récapitulé par le secrétariat officiel (fiche projet CPEC). L’enveloppe d’investissement y est portée à environ 1,91 milliard de dollars. Les revenus découlent essentiellement des contrats de acheminement / paiements par la chaîne publique (via CPPA-G et mécanismes sectoriels pakistanais), sous une tarification régulée par NEPRA ; la décision d’avril 2025 fixe par exemple un coût variable de combustible à 4,381 Rs/kWh et un coût fixe de combustible à 6,0321 Rs/kW/h (décision tarifaire NEPRA). La maison mère Shanghai Electric publie un groupe à 116,2 milliards de RMB de chiffre d’affaires en 2024 (rapport annuel HKEX) ; chiffre d’affaires ou effectif publié spécifiquement pour le SPV pakistanais non retrouvé dans les extraits consultés.
2. Impact réel
Le schéma est 100 % fossile : combustion de lignite tharparkari dans une filière thermique charbon présentée industriellement en supercritique (profil centrale), avec mise en service commerciale depuis février 2023 selon la même source. L’argument climatique défendu localement est celui du substitut aux importations et du coût marginal bas ; dans les ordres de grandeur internationaux qu’utilise la régulation européenne pour comparer les mixes, un gigawatt-charbon reste structurellement éloigné des trajectoires de sortie du charbon décrites dans les cadres nationaux type programmation pluriannuelle de l’énergie ou les fiches explicatives transport / climat de l’ADEME. Quantification CO₂ spécifique au SPV non trouvée dans les documents cités ici ; l’impact atmospherique massif est implicitement celui d’une base-load charbon à pleine charge.
3. Innovations / partenariats
Sur le plan industriel, le projet est une intégration mine-centrale sous bannière CPEC, avec clôture financière mise en avant par Shanghai Electric fin 2023 dans sa communication réglementée (communiqué / rapport groupe, cohérent avec les mentions de clôture dans le rapport HKEX 2025). « Innovation » principale : verrouiller un équilibre financier entre coût de mine provinciale, tarif régulé et financements chinois ; brevets ou dispositif RSE sectoriels au sens CSRD non documentés pour cette entité hors UE.
4. Greenwashing / zones grises
La narration « électricité bon marché » — Dawn cite une fourchette autour de 5,52 Rs/kWh pour du Thar coal-fired (analyse Dawn) — entre en tension avec la réalité des flux de trésorerie sectoriels : en janvier 2024, la presse économique rapporte que Shanghai Electric s’est plainte directement au Premier ministre des retards de paiement de la CPPA-G, au motif qu’ils menacent la viabilité opérationnelle du site (Business Recorder). Sur le volet environnemental et santé, l’enquête Lok Sujag relie la gestion des effluents miniers et le réservoir de Gorano à une détérioration de l’eau potable pour quelque 20 000 personnes dans douze villages, chiffres repris de travaux d’ONG citées dans l’article ; ces faits concernent le bassin minier de Thar — à distinguer spatialement des autres blocs, mais ils nourrissent le débat sur le coût sanitaire de la filière. Par ailleurs, Dawn souligne des milliards de roupies de royalties provinciales sur les projets Thar avec questionnements sur leur affectation au développement local (enquête Dawn avril 2025).
5. Positionnement stratégique
Block I incarne la pari pakistanais du charbon domestique contre la facture des importations et la dépendance au gaz ; il capitalise sur une rente minière provinciale et une tarification indexée qui explose mécaniquement lorsque le prix du charbon Thar ou les clauses réglementaires bougent (NEPRA avril 2025). Le signal récent n’est pas technologique mais macro-financier : tant que la dette circulaire de la chaîne publique n’est pas résorbée, même une centrale « compétitive » reste exposée à la liquidité politique plutôt qu’au seul marché électricité.
Verdict WattsElse
Thar Block I vend du kilowattheure à prix catalogue imbattable et aligne Pékin, Karachi et le Sindh sur la même table ; tant que les paiements des acheteurs publics plombent la trésorerie et que la contrepartie environnementale se mesure en puits et réservoirs pollués, la transition racontée par les brochures CPEC sonne comme un décalage brut entre bilan financier et bilan réel.
Sources : cpec.gov.pk · nepra.org.pk · www1.hkexnews.hk · power-technology.com · ecologie.gouv.fr · ademe.fr · prnewswire.com · dawn.com · brecorder.com · loksujag.com · dawn.com
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