Thika Power Ltd
Depuis le rachat par A.P.
À propos de Thika Power Ltd
1. Modèle économique
Thika Power Ltd est une productrice indépendante d’électricité (IPP) : elle vend à Kenya Power (KPLC) l’énergie et les services associés dans le cadre d’un PPA longue durée — le site corporate évoque un accord sur vingt ans (2013–2033) pour une centrale de 87 MW (Thika Power, communiqué de rachat mars 2022). Depuis mars 2022, la société est détenue à 100 % via le fonds Africa Infrastructure Fund I d’A.P. Moller Capital. Les revenus dépendent presque exclusivement du contrat avec l’État-accédant au travers de KPLC ; selon les éléments disponibles, un chiffre d’affaires ou un effectif consolidé n’est pas publié sur le site corporatif inspecté ni dans les extraits usuels du groupe. Historiquement, le projet a reposé sur une plateforme de financement structurée avec des institutions internationales (IFC/AfDB, voie bilatérale MIGA selon les documents de projet ; voir profil projet MIGA et la note IFC sur Thika Power).
2. Impact réel
Techniquement, l’installation est présentée comme un cycle thermique combiné (cinq groupes MAN 18V48/60 et turbine vapeur, détail du sous-traitant d’exploitation) avec une forte composante valorisation chaleur (fiche exploitation MP Energy). L’empreinte gaz à effet de serre est celle d’une production fossile intensive au heavy fuel oil (HFO) : Global Energy Monitor classe l’outil comme thermique fossile avec retrait de service envisagé en 2034, en cohérence avec la fenêtre contractuelle communiquée. Il n’y a pas de mix renouvelable « intégré » dans ce périmètre : l’articulation avec les ambitions climat kenyanes et internationales se lit donc sous l’angle de la durée résiduelle d’usage du fioul, pas sous celui du kilowatheure décarboné. Les références françaises type PPE3 ou fiches génériques type ADEME portent peu directement sur un actif IPP hors Union européenne, mais dessinent le contraste normatif : en Europe comme ailleurs, ce type de centrale vieillit vite dans une logique « net zéro ».
3. Innovations / partenariats
Au sens strict cleantech, l’installation ne se présente pas comme pilote batteries, hydrogène ou PV ; la « valeur technique » est surtout celle du combustion turbine + vapeur récupéré dans un jeu de prix de la capacité. Sur la chaîne de valeur, les partenariats documentés sont surtout financiers (voir MIGA World Bank Group, documentation IFC projet) et désormais actionnarial après le transfert depuis Melec PowerGen / Africa Energy Resources vers A.P. Moller Capital mars 2022. Le site Thika Power annonce aussi une vocation de service à quelque 400 000 abonnés électrique — ordre de grandeur de couverture socio-technique à manier comme communication, pas comme statistique d’entreprise auditée (Thika Power).
4. Greenwashing / zones grises
Les contrats « take‑or‑pay » et les paiements liés à la capacité font l’objet d’un audit public du point de vue de KPLC : à fin juin 2024, les IPP représenteraient 41 % de l’électricité acheminée mais 60 % des paiements versés aux producteurs, avec un prix moyen d’achat rapporté aux alentours de 21 KSh/kWh contre presque 10 KSh/kWh pour KenGen — écart systémique où Thika entre dans le groupe des producteurs sous PPA jugés très coûteux (business daily, The Kenyan Wallstreet). En novembre 2025, le dossier passe à la vitesse « investigation » : le Parlement a recommandé de mandater Auditor General, DCI et EACC sur fond d’irrégularités soupçonnées dans la chaîne PPA/IPPs (rapport du comité Énergie), dans un environnement médias résumé également par streamline.feed. À l’aune du discours holding (« capital patient », transition industrielle dans la lettre du PDG du groupe AP Moller 2024), garder dans le périmètre un actif au fioul jusqu’en 2033–2034 ouvre un écart de cohérence climat qu’il faut nommer sans détour : ce n’est pas une faute comptable, c’est un risque de réputation et de renégociation politique des PPA.
5. Positionnement stratégique
Pour A.P. Moller Capital, Thika est un actif d’infrastructure critique dans une plateforme est-africaine d’électricité de crête et de fiabilité réseau ; pour l’État kenyan, c’est une ligne de coût dans un mix où les statistiques du régulateur EPRA documentent la pression sur le secteur. Le signal des mois 2025 est clairement juridique‑politique : on ne discute plus seulement du kilowattheure, mais de la licéité des structures contractuelles et de la transparence des bénéficiaires — contexte résumé par la presse régionale sur la relance d’enquêtes sur des PPA « secrètes » (AllAfrica).
Verdict WattsElse
Thika Power n’est pas « une boîte pétrolière classique » mais une centrale dépendante du fioul au cœur de la facture électrique kenyane : utile pour la puissance disponible, intouchable sur le papier du PPA, déjà sur la sellette des autorités — un pari sur la tenue des contrats plus que sur le vert.
Sources : thikapower.co.ke · apmollercapital.com · miga.org · documents1.worldbank.org · mp-nrg.com · gem.wiki · businessdailyafrica.com · kenyanwallstreet.com · parliament.go.ke · streamlinefeed.co.ke · apmoller.com · epra.go.ke · allafrica.com
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